Vendredi 5 décembre 2008

200px-Surveillance_quevaal-2.jpgOn prétend souvent que la gauche, c'est la liberté, l'égalité, le fondement de la fraternité et derrière tout cela une certaine idée du progrès. Plus certainement, nous pouvons dire que c’est aussi la justice. Dire cela n'est pas nier à la droite des capacités de justice ou de liberté, c'est s'inscrire dans une histoire politique. Cependant la justice semble de plus en plus incompatible avec les dérives du sarkozysme. À tel point qu'il est sans doute temps de se lever et de s'opposer le plus fermement possible à toutes les atteintes aux libertés publiques. Aujourd'hui, les trois piliers de la République, de notre devise nationale, sont peu à peu vidés de leur contenu.


Il faut le savoir : ce qu'a dernièrement subi M. Filippis est banal, dramatiquement courant. C'est le sort de dizaines de milliers de citoyens anonymes interpellés sans ménagement et ne disposant pas de relais pour se faire entendre. La France occupe seulement la 35e place (derrière le Surinam -26e- ou Trinidad et Tobago -27e-)dans le dernier classement mondial de l'association Reporters sans frontière et détient le triste record européen du nombre de convocations judiciaires, mises en examen et placements en garde à vue de journalistes. Pour un résultat nul, la France dispose d'un des plus forts ratios policiers/habitants d'Europe. L'état de nos prisons est une source infinie de honte. Le poids de la démagogie électoraliste dans la fabrication de la loi devient tel qu'au moindre fait divers nous pouvons craindre la refonte complète du code pénal. Au-delà de l'inquiétante dépendance économique de la presse, l'interpellation de l'ex-PDG de Libération est une intimidation de plus, une intimidation de trop qui s'ajoute à la tentative de perquisition dans les locaux du Canard Enchaîné, à la très contestée loi sur le secret des sources d'information des journalistes, ou encore aux dix procédures de diffamation récemment engagées par les dirigeants du groupe Caisse d'Épargne contre le site internet d'informations Médiapart. Mais les journalistes ne sont pas plus visés que les sans-papiers ou les citoyens anonymes engagés dans tel ou tel mouvement de protestation.


Ce qui marque la possible fin d'un véritable État de droit est le haut sentiment d'impunité des autorités qui se livrent à de tels actes indignes. Car depuis trop longtemps, notre pays se déshonore par des actes juridictionnels policiers pourtant contraires à notre Constitution, à la convention européenne des droits de l'Homme et aux conventions internationales. Des interpellations musclées dès 6h le matin, au sein des foyers ou des écoles, accompagnées d'insultes, de propos dégradants et suivies d'humilitions dans des cellules sordides en sous-sol.


En principe, la police, la gendarmerie, l'armée et l'autorité judiciaire ont pour mission la défense des citoyens. Aujourd'hui, nos concitoyens en ont le plus souvent peur. La police n'est plus vue comme étant au service de la collectivité mais plutôt comme une institution en roue libre obsédée par une inquiétante idée de rentabilité. La faute n'en revient pas aux agents qui sont eux-mêmes soumis à des pressions et des horaires de travail insupportables. Elle relève bien de politiques irresponsables et peu soucieux de l'intérêt collectif. De la même manière, la confiance de nos concitoyens en la justice a fondu. Tout le monde, innocent ou coupable, redoute d'avoir à faire à une justice dépassée, de plus en plus marquée par la différence de traitement entre les puissants et les misérables et dont l'indépendance semble n'être plus qu'un mirage. Une justice qui s'éloigne, une police que l'on craint, qu'avons-nous laissé faire ?


Doit-on trouvé normal qu'au motif de la "prévention" on effectue une descente de gendarmes accompagnés de chiens renifleurs dans un collège et une fouille au corps humiliantes de jeunes filles en pleine classe (sans évidemment ne trouver aucune drogue, et en l'absence même de soupçons sérieux en amont) ? Est-il acceptable qu'un lycée soit débloqué à coup de gaz lacrymogènes ou que des élèves manifestants soient interpellés et gardés 24 heures au poste pour avoir frappé le pavé ? Est-il possible qu'un citoyen reprenant les propres mots ("Casse-toi pov'con") du chef de l'État sur une feuille A4 ou qu'un militant des droits de l'Homme tractant contre "l'immigration jetable" soient arretés par des vigiles pour délit d'outrage et pour ce dernier maintenu en garde à vue durant une nuit entière ? Notre droit autorise-t-il deux policiers (déjà réintégrés) à frapper à de nombreuses reprises un jeune homme menotté, au sol, sorti de chez lui, sans preuve d'un quelconque délit ? En 2008, acceptons-nous que des lois "anti-terroristes" autorisent l'interpellation de personnes pour leurs idées (plutôt à gauche), avec usage de la force et intervention dans la nuit, avant même qu'une enquête ait pu prouver une implication sérieuse ? Ces exemples ne sont pas des exceptions mais plutôt des cas généralisés, quasi-quotidiens sur le territoire de la République.


Aujourd'hui, dans n'importe quelle gare TGV, dans n'importe quel musée important, nous croisons des militaires en armes. Normal ? Il y a vingt ans, nous ne voyions cela qu'à l'étranger, dans certains pays pas réputés pour leur "culte" de la liberté. Aujourd'hui, nous l'avons admis chez nous et commençons à intégrer, de fait, les multiples élargissements des lois luttant "contre le terrorisme". À moins que le but soit la prévention de toute manifestation populaire. Il est désormais courant de voir plusieurs dizaines de CRS pour un groupe de 10 à 20 manifestants, illustrant ainsi une gestion pour le moins peu économe et peu rationnelle de l'argent public. D'aucun pourrait y voir de la provocation. Le chef de l'État nous a d'ailleurs habitué à d'importants dispositifs lors de ses déplacements et une photo de campagne restée célèbre l'illustre douloureusement.


Reste le plus grave, la dérive liberticide. Face à des forces de l'ordre de plus en plus nombreuses, les citoyens, loin d'être rassurés, sont au contraire maintenus dans un climat de peur quasi-permanente. Et, si ce n'est par la crainte des milles dangers diffusés tous les soirs au 20 heures, restent chez eux pour ne pas prendre le risque d'être interpellés sans délit et forcés à quelques humiliations. Est-ce l'objectif ? Celui de défaire l'idée même de la réaction, du refus, d'isoler les gens dans l'inquiétude ? Si celui-ci n'est pas clairement énoncé, d'autres le sont et n'en sont pas moins alarmants.


La majorité UMP vient ainsi de présenter un rapport allant vers la répression de masse, le groupe "mineurs" étant considéré comme globalement responsable. On refuse de voir le cas des enfants victimes des forces d’autorité. Pourtant nous savons que lorsqu'il y a des dérapages policiers, les investigations sont bloquées et aucune information n’est jamais ouverte. Les jeunes ne se sentant pas entendus, et ayant le sentiment de n'avoir rien à perdre, répliquent parfois par des violences contre les policiers. La logique devrait donc être différente mais la chancellerie s'obstine dans le tout carcéral et sa volonté de mettre en prison des enfants de douze ans. En parallèle, l'UMP relance l'idée de détecter les troubles du comportement chez l'enfant dès le plus jeune âge. Profondément choquant et abject. Si l'on doit faire attention aux troubles de comportement, cela signifie que l'école maternelle doit jouer le rôle principal dans cette attention à l'enfant. Or, l'école maternelle est mise en cause par le ministère de l'Éducation nationale. Cette régression de notre pensée juridique et de notre droit en général rappelle des idées en vogue dans des périodes sombres de notre histoire et confirme une logique non de prévention ou de défense de la population (tous les spécialistes savent que ces mesures seront contre-productives) mais d'intimidation et de contrôle.


Une logique qui conduit à ne plus laisser d'espaces de liberté. La loi Création et Internet, dite Hadopi (du nom de l'autorité instituée), va dans le même sens et institue (alors même que 88% des députés européens ont voté contre son principe) un contrôle total du Web avec la mise en place délirante d'un spyware sur chaque ordinateur qui enregistrerait toutes les pages du net visionnées. Nous connaissons les dérives de ce type de fichage, au départ ils sont toujours censés être limités et réglementés et finalement ils sont recoupés, diffusés et utilisés loin de tout contrôle démocratique.


Désormais, les technologies de contrôle s’immiscent partout, des corps aux cerveaux, des cartes bleues aux lieux publics, des passes Navigo aux voitures. Les "hypertechnologies" (nanos, biotech, informatique, sciences cognitives) combinées offrent au pouvoir tout à la fois des moyens de coercition et un champ d’expansion quasi-forcés. Puces assurant le suivi personnalisé des déplacements ; traçabalité via relais de téléphonie ; biométrie dans les cantines scolaires ; scan corporel intégral dans les aéroports, mouchards électroniques dans les voitures assurées par certaines compagnies ; vidéosurveillance généralisée, passeport biométrique, empreintes digitales numérisées, croisement des fichiers d'administration ou d'entreprises, etc. Certes, il n'y a aucune surveillance généralisée puisque chaque exemple est indépendant de l'autre. Cependant, le risque que des autorités les rendent interdépendants n'est pas tout à fait à exclure. Le seul fait que cela soit matériellement possible devrait nous inquiéter. On ne peut pas d'un côté dire "le pire est toujours possible, l'histoire nous l'enseigne", et de l'autre, donner à ce pire les instruments les plus fous pour réussir.


On le sait, la machine techno-sécuritaire tourne à plein régime, tout spécialement dans les pays dits libres. Les États-Unis nous ont montré l'exemple suite au 11 septembre et au Patriot Act. Pourtant, ces dérives sécuritaires n'ont de cesse d'augmenter les bavures. Le cas de femmes enceintes arrêtées aux USA par les détecteurs de chaleur du corps (supposée trahir le terroriste émotif) mérite une mention... En 2005, le sociologue Denis Duclos s'interrogeait déjà dans le Monde diplomatique : "Pourquoi, malgré son inefficacité avérée et sa disproportion par rapport à l’objectif, se maintient une fringale d’encartage, d’informatisation de données personnelles et de traces corporelles, de suivi tactile, visuel, thermique, olfactif et radiofréquentiel des êtres humains, partout ? Pourquoi photographier les Londoniens 300 fois par jour, et les filmer continuellement avec 2,5 millions de caméras disséminées, puisqu’on sait que cela n’a pas empêché les terroristes de déclencher leurs bombes le 7 juillet 2005 ?". Tout simplement parce qu'au-delà des prétextes de maintien de l’ordre, les institutions et les entreprises découvrent dans la gestion de la peur et du sécuritaire un gisement de contrôle et de profit. Aux États-Unis, comme le rappelle Naomi Klein dans son essai La stratégie du choc, ce sont des entreprises privées qui se chargent désormais de l'établissement des listes de personnes et d'organisations suspectes et créent les programmes qui croisent les noms des passagers avec ceux qui figurent dans les bases de données. En juin 2007, un demi million de noms figuraient sur la liste de suspects tenue par le National Counterterrorism Center. Nous pouvons espérer que l'Amérique de Barack Obama (qui s'était opposé au Patriot Act) change la donne. En France, pour ne citer qu'un exemple, depuis plusieurs année une ancienne filiale de TF1, Visiowave, use de ses compétences télévisuelles pour détecter les comportements suspects sur les lieux publics (grâce à des logiciels d’interprétation des gestes).


De nos jours dans le monde occidental, les commandes de l’"État sécuritaire" sont plus massives que celles de l’ancien Etat-providence. Il serait temps de s'interroger sur la nature réelle de nos "démocraties" et si l'on souhaite donner raison aux terroristes en s'enfermant dans des forteresses paranoïaques étouffant leurs propres citoyens. Pendant que nous regardons ailleurs, en France, chaque jour un nouveau texte, un nouveau fichier, un nouveau projet de loi est un pas de plus qui nous éloigne de l'État de droit.


Nicolas Cadène

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Samedi 8 décembre 2007

58fbb82c3d9a4f6a5c196d6436b09bce.jpgAlors que Ségolène Royal, ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle ayant rassemblé 47% des électeurs soit 17 millions de Français, vient de publier un livre, a été au 20h00 de TF1, sur les plateaux de RTL et Europe 1 et a fait un « prime time » sur France 2, on constate une surprenante absence de répercussion de ses propos pourtant construits et virulents à l’encontre de la politique menée par le président de la République.

Pourtant, cela n’empêche absolument pas certains directeurs de rédaction et éditorialistes de continuer à faire semblant de se demander : « Mais où est la gauche ? Où est l’opposition ? ».

On avait déjà noté que les mêmes médias semblaient singulièrement absents des chambres parlementaires tant le relais des propos forts voire emportés de l’opposition est nul depuis la rentrée parlementaire. Il faut imaginer que la rengaine « le Parti Socialiste ne s’oppose pas » est plus simple à traiter, et en plus, fait plaisir au pouvoir…

Et c’est ainsi, qu’il leur devient facile, dès lors qu'ils refusent la diffusion des plus pertinentes critiques socialistes de continuer à demander « Où est l’opposition ? » et de répondre qu’elle est « nulle part ».

On parle ici de critiques « socialistes », car il est finalement plus rare de voir ainsi « censurer » (du moins « mépriser ») les propos d’Olivier Besancenot. Tant mieux, sauf que cela ne peut que faire « passer » l’idée d’un abandon des sympathisants par le Parti Socialiste, d’un « vide » entre UMP et gauche de la gauche. Ce n’est rien d’autre que l’objectif avoué de la présidence de la République : décrédibiliser le PS.

Cela ne passe pas par une censure de l’ensemble des propos socialistes et apparaît même beaucoup plus subtil. Tout propos d’un responsable PS contre un(e) camarade, ou soutenant, même à demi-mot, une politique gouvernementale ou présidentielle sera relayé et même largement amplifié. Les exemples ne manquent pas, nous n'y reviendrons pas pour ne pas jouer ce jeu là.

De plus, soyons honnêtes, il n’est pas rare de voir Ségolène Royal en couverture d’un magazine, dans quelques images télévisées, ou d’en entendre parler à la radio. Non, en effet. Sauf que les propos accompagnant cette présence, loin de traiter de « fond », loin de relayer ses positionnements, ses propositions, s’attardent à discuter de savoir si elle est une « madone » ou une « vierge Marie », de dire à quel point (ironie médiatique formidable) elle est tellement dans cette position d’icône qu’elle semble oublier le fond (vraiment ?)… comme s'il s'agissait surtout de la réduire à une sorte de caricature plutôt que de traiter son rôle d'opposition.

Nous ne reviendrons pas sur les concentrations médiatiques, leurs liens privilégiés (de même concernant la plupart des sondeurs et en premier lieu « Opinionway ») avec le président de la République et les récentes immixtions du pouvoir politique UMP dans les choix de dirigeants médiatiques (TF1 et Les Echos tout récemment), elles sont désormais connues et je vous renvoie vers un de mes articles de juillet dernier (« La concentration des médias et leurs liens privilégiés avec Nicolas Sarkozy »). Mais nous devons l’évoquer pour comprendre la facilité déconcertante qu’ont les médias français à ignorer une information intéressant pourtant des millions de concitoyens.

Le plus inquiétant dans cette procédure désormais courante est son caractère vicieux : rien n’est dit et une fausse garantie d’impartialité des médias est assénée.

Le mépris est la plus redoutable des méthodes. C’est quasiment inattaquable, la droite l’a compris et l’use à bon escient.

La réponse à apporter est peut-être celle d’un retour aux basiques d’une forme de résistance à la vision unilatérale des « médias de masse », une réponse qui passe par l’écriture et le dialogue permanent. « Ceux qui savent » et qui connaissent l’information doivent la relayer (via le « bar PMU » comme via Internet). Il ne faut pas se taire, demander des comptes aux médias et à ceux qui ont choisi de nous « informer », leur rappeler peut-être ce que signifie ce mot, soutenir les journalistes qui se battent tous les jours pour l’indépendance éditoriale, rappeler à leur devoir ces « experts médiatiques » qui se moquaient il y a quelques années de l’Italie « muselée » et « contrôlée » de Berlusconi …

Maintenant, plongeons-nous donc dans ce soi-disant « grand silence de l’opposition » pour vérifier que Ségolène Royal n’a rien dit qui mériterait d’être porté à la connaissance de ses électeurs…

Lors de l’émission « A vous de juger », après avoir rappelé son devoir d'être « au premier rang avec d'autres, attelée au travail de reconstruction du Parti socialiste et de la gauche », elle a souhaité une gauche plus « disciplinée », la discipline étant « la reconnaissance du fait majoritaire ». Surtout, et malgré les questions insistantes sur les seules « querelles internes » d’Arlette Chabot (que l'on aimerait voir aussi combative face à Nicolas Sarkozy ou François Fillon), Ségolène Royal a pu critiquer de façon pertinente la politique « sarkozyste ».

A plusieurs reprises, critiquant les annonces sur le pouvoir d'achat ou la gestion du conflit des régimes spéciaux, elle a déclaré que « Ce qui est annoncé aujourd'hui par Nicolas Sarkozy, c'est tout et le contraire de tout ». Le président de la République « reprend d'une main ce qu'il donne de l'autre ». Ainsi, elle a sévèrement jugé la réduction de moitié de l'exonération de la redevance audiovisuelle pour les personnes âgées de plus de 65 ans. « C'est de la cruauté sociale (…) arrêtons de faire les poches des personnes âgées ».

Cette semaine, elle a pu rappeler que le président de la République use d’un pouvoir « qui dresse les Français les uns contre les autres », « ceux qui vont avoir droit aux heures supplémentaires, ceux qui n'y ont pas droit », « ceux qui se lèvent tôt et ceux qui se couchent tard », « ceux qui ont des régimes spéciaux et ceux qui n'en ont pas ».

Pour elle, Nicolas Sarkozy « oppose les petits aux petits (...) donne aux ‘gros’, reprend aux ‘petits’, entretient la jalousie entre les ‘petits’. »

« Ce n'est pas ma vision ni ma conception de la France », souligne-t-elle.

Rappelant que ses idées ont été moquées pendant la campagne, elle constate les étonnantes reprises par Nicolas Sarkozy : un nouvel indice des prix, la taxation des entreprises pétrolières, un « bouclier logement » et des négociations sur les régimes spéciaux, insistant sur le fait que le président a « perdu sept mois » avant de s'y mettre.

« L'inaction depuis deux ans » est son angle d'attaque sur les banlieues contre l’ancien ministre de l’Intérieur (pendant 4 ans) et l’actuel président de la République.

Concernant l’alliance sur certains points allant du centre à l’altermondialisme et à la gauche de la gauche, Ségolène Royal, en s'inscrivant dans la tradition de François Mitterrand et du congrès d'Epinay, considère qu’il faut « prendre dans chaque courant (la radicalité, l'altermondialisme, le centre) de pensée ce qu'il y a de meilleur », qu’il faut refuser « l’opposition stérile bloc contre bloc ».

« La question des alliances, c'est une question majeure. Que ce soit en Amérique du sud, ou dans les pays d'Europe, plus aucun socialiste ne gouverne seul, tous les socialistes, travaillistes et sociaux-démocrates sont dans des coalitions ».

Elle a aussi eu l’occasion de rappeler que si l’on avait beaucoup parlé de la main tendue à François Bayrou, on avait oublié la mission confiée à José Bové sur la réforme de l'aide au développement. « L'altermondialisme doit converger vers nous. Quant à l'extrême gauche, sa radicalité est nécessaire sur certains sujets (la défense de la protection sociale et dans la lutte contre les franchises médicales par exemple), mais pas tous. Dans d'autres domaines, au contraire, il va falloir nouer des compromis sociaux pour que les réformes se fassent sans que les lois du libéralisme sauvage l'emportent. »

Concernant la réforme des universités, elle considère que pour lutter contre l’échec universitaire (40 % des jeunes sans diplôme à la fin de la deuxième année d’université) s’il faut plus d’autonomie, il faut également « plus de moyens aux pour accompagner plus efficacement les étudiants ». « La réforme telle qu’elle est conduite pose de graves problèmes : l’autonomie sans moyen va creuser les inégalités entre université et les jeunes en ont parfaitement conscience, le problème de l’échec universitaire n’est pas du tout réglé, il y a un grave malaise social chez les jeunes étudiants, dont un sur trois souffre de précarité et même de pauvreté »

Sur la politique internationale, Ségolène Royal constate dans une « lettre d’actualité » que « L’absence [lors du voyage en Chine] de la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Rama Yade est révélatrice » et qu’il y avait « une ligne rouge que la décence imposait de ne pas franchir sur la question des droits de l’Homme » alors même que le président déclara que la Chine avait effectué des « progrès depuis 30 ans » sur cette problématique. De plus, elle souligne que « la France ne gagnera pas le respect des Chinois en mettant de côté ses valeurs fondamentales : les Allemands souvent très durs avec Pékin, se sont toujours mieux imposés que la France sur le marché chinois ». De même, elle déplore que « Nicolas Sarkozy ne trouve rien de mieux à faire que de se précipiter au téléphone pour féliciter chaleureusement M. Poutine alors que les dirigeants européens [la Commission et certains Etats membres] soulignent que ces élections n’étaient ni équitables, ni libres, ni démocratiques ».
Cette politique qui va au-delà de la  « Realpolitik » que dénonçait pourtant de façon récurrente et virulente le candidat Sarkozy en 2007, devient un cynisme difficilement supportable qui va culminer lors de l’accueil du colonel Kadhafi pour une visite d’Etat.

Interrogée parfois sur sa rivalité avec Bertrand Delanoë, Ségolène Royal répond qu'elle n'est « candidate contre personne ». « Qu'il y ait des compétitions à l'intérieur de la politique, c'est normal, c'est la vie, et à la limite ça stimule ».

Au final, l'ex-candidate socialiste se pose aujourd’hui en première opposante au président de la République.

Malgré ce, les médias semblent trouver qu'il convient encore non pas de traiter cette opposition mais de disserter des heures sur le rendez vous avec François Bayrou ou sur sa relation avec François Hollande pour conclure en un beau « chœur hypocrite » que l'opposition est silencieuse.

 

Nicolas Cadène

Le 7 décembre 2007

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Lundi 19 novembre 2007
6c5f5081cee65890e0bc8dd0608f9f52.jpg À la lumière des évènements successifs de ces derniers mois, certains se posent sans doute cette question un peu gênante. Le peuple de France qui a, une nuit du 4 août 1789, aboli les privilèges acquis par la simple hérédité, n'a rien eu à redire aux « cadeaux fiscaux » de notre président fait aux 10% les plus aisés et s'élevant à 15 milliards d'euros.

Aujourd'hui, à l'instar de notre chef d'Etat, les Français se révoltent contre les grèves dans les transports. Des mouvements qui n'ont pourtant pour seul objectif qu'une négociation sur la perte d'acquis sociaux de fonctionnaires travaillant pour l'intérêt général, exerçant des emplois peu enviés (il est aujourd'hui difficile pour certaines entreprises publiques telle la RATP de recruter le personnel nécessaire) et souhaitant préserver leur pouvoir d'achat.

Si notre système de retraites basé sur la solidarité nationale doit être le plus unifié et le plus homogène possible, cela ne signifie pas que tous les régimes doivent être alignés sur le moins favorable. Pour plus d'équité, des dispositifs comme la bonification des périodes de travaux pénibles ou la stabilité des taux de remplacement devraient au contraire être généralisés au privé plutôt que supprimés dans le public.

Il faut également rappeler que ces nouvelles grèves, qui ne sont pas si courantes en France ( 11e pays le plus « gréviste » sur les 18 principaux pays industrialisés) concernent la défense d'acquis qui ne représentent qu'une perte de 200 millions d'euros pour l'Etat ; soit 75 fois moins que ce qui a été gracieusement offert, sans contrepartie, aux plus riches.

D'ailleurs, les vrais privilèges actuels sont-ils ceux de ces cheminots, employés SNCF, RATP ou d'autres entreprises de service public ? Où sont traitées les retraites des cadres militaires ? Les appartements de fonction pour les proches du pouvoir ? Les « placards dorés » de la haute administration ? Les retraites majorées de 35 à 75% dans quelques DOM-TOM (que certains au Parlement proposent enfin de réformer) ?

Quelle étonnante adoration de la richesse au moment même où le président s'augmente de 206% (selon le « spécialiste des finances de l'Elysée », le député René Dosière). La richesse financière est pourtant bien loin de garantir une richesse intellectuelle et surtout morale. Car le « cadeau fiscal » accordé par le gouvernement il y a deux mois vise notamment des individus tel Noël Forgeard, quittant son entreprise en difficulté qui s'apprête à licencier 10 000 personnes d'ici 2010 (Airbus), et empochant près de 11 millions d'euros d'indemnités et de stock-options (que le gouvernement refuse de taxer substantiellement). Cela vise aussi nos « stars » nationale tel Johnny Hallyday qui préfère devenir belge ou s'installer en Suisse pour ne pas participer à l'effort national (l'impôt), lui qui ne doit sa gloire qu'au peuple français. Cela vise peut-être même des individus comme le fils de Bernard Tapie, vivant dans des appartements bourgeois de 200 m2 à Neuilly et paraissant au-dessus des lois (son expulsion ayant été annulée sans doute grâce à l'intervention amicale du secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant).

Qu'est-ce donc que ce « mauvais esprit » ? Celui qui nous commande de nous opposer violemment à nos concitoyens du service public. Celui qui nous fait dire que nous sommes « pris en otage ». Une telle comparaison est au moins déplacée de la part d'une génération qui a vécu mieux qu'aucune autre, sans connaître de conflit. Une paix sociale et une paix « tout court » qui est due à des femmes et des hommes ayant bâti une Europe unie et rebâti une nation française sur un pacte de solidarité (via les mesures du Conseil national de la Résistance et notamment la création de la sécurité sociale en 1945). Quand on interroge les Français sur ce qui symbolise le mieux la France, les premières réponses ne sont ni les frontières ni la langue, mais le drapeau tricolore et la sécurité sociale. L'emblème de la République et les outils de la solidarité : voilà ce qui cimente en premier l'appartenance commune.

Pourtant aujourd'hui, ce que l'on voit, loin d'être des actions de solidarité, c'est une génération encourager la violence et la répression contre elle-même (scandant le slogan sportif « allez les bleus » en désignant les CRS), devant des bâtiments scolaires où l'on enseigne que « le savoir est une arme »...

Devons-nous nous taire et nous « coucher » sur tout ? N'avons-nous pas le droit et même parfois le devoir, de nous élever contre toute atteinte à notre pacte républicain ? Car il s'agit bien de cela quand une personnalité politique, quelle qu'elle soit, oppose chaque catégorie de Français à une autre : les « salariés du privé » à ceux du « public », les chômeurs aux « travailleurs », les « assistés » aux « bosseurs », les Français de souche aux immigrés (supposés ne venir que d'Afrique), les « soixante-huitards » et les « fauteurs de troubles » à la « majorité silencieuse », les « intellectuels bien-pensants » aux citoyens du concret, « les Français qui se lèvent tôt » à ceux qui se « lèvent tard », etc.

Notre unité nationale qui se fonde d'abord sur le « vivre ensemble », est aujourd'hui « attaqué » par cette utilisation politicienne des conflits sociaux (mais aussi par des mesures telle l'éventuelle instauration de « franchises judiciaires » et l'instauration de « franchises médicales » dont on connaît l'inutilité sinon pour éloigner les plus défavorisés de la justice et de la santé).

Il y a un risque que cela ait pour tous des conséquences extrêmes qui pourraient nous rappeler en de trop nombreux points des époques sombres de notre Nation. Époques caractérisées par une expression muselée, une opinion manipulée, un pouvoir concentré et des liens sociaux rongés.

L'histoire de France ne se résume pourtant pas aux absolutismes, aux restaurations réactionnaires ou au régime de Vichy. La France, c'est aussi le « Siècle des Lumières » (n'en déplaise à Christine Lagarde pour qui l'« on pense trop »), la Révolution française, la Commune de Paris et la Résistance. Ne l'oublions pas. À l'inverse des moutons suivant un quelconque meneur (même lorsqu'il saute d'une falaise), ne suivons que notre conscience.

Nicolas Cadène
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Vendredi 31 août 2007

432454275c7b6ec98e53ba991eea7b50.jpgBonjour à tous !

Vous trouverez ci-dessous deux articles dont un que j'ai pu rédiger suite au discours "pour rien mais qui en dit beaucoup" de Nicolas Sarkozy au Medef, le jeudi 30 août.

Pour la suite, j'avoue malheureusement ne pas être certain de pouvoir continuer à publier sur notre blog Gardois.

En effet, mes obligations professionnelles sont assez prenantes et je ne pense pas pouvoir continuer ici à gérer seul l'écriture et la publication de brèves (en plus de la gestion de mon blog perso). Du moins, de manière si régulière.

Mais pas d'inquiétude ! D'autres prendront sans doute le temps de faire survivre ce blog créé il y  près de trois ans (déjà !) et utile au débat ! (espérons !)


A plut'

Nicolas Cadène

(en photo : mon pote le viking et moi à Akureyri : Ciao !)

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Vendredi 31 août 2007

37127da2eff8ac72bfadcee7f831c9bf.jpgNicolas Sarkozy a donc prononcé le jeudi 30 août à 15h00 un discours sur "la deuxième phase des réformes économiques" devant l'université d'été du Medef, qui se tenait sur le campus HEC de Jouy-en-Josas (Yvelines) sur le thème "Jouer le jeu" :

 

Sur la forme :

Notons tout d'abord la présence inédite d'un Chef de l'Etat dans ce cénacle...

Comme le rappelle un confrère (Josh Lyman) sur Betapolitique, certes, rien dans nos textes ou notre tradition juridique ne le lui interdit : le Medef n'est pas le Parlement et ne met pas en jeu la séparation des pouvoirs. Certes encore, ses prédécesseurs n'ont pas manqué de visiter des "partenaires sociaux", tel François Mitterrand aux congrès de la Mutualité française ou Jacques Chirac devant le mouvement familial.

Mais, à y bien regarder, ces organisations ne relèvent, ni en droit ni en fait, de la sphère syndicale au sens strict. Pour le Président de la République, cette présence au Medef ne peut être comparée qu'avec ce que serait sa participation à des évènements majeurs organisés par la CGT, la CFDT ou FO, par exemple. Une semblable initiative, à n'en pas douter, provoquerait une certaine polémique dans la classe politique et au sein du monde des affaires...

Certes, Nicolas Sarkozy est idéologiquement "en famille", quand il se rend (comme d'ailleurs en 2006) à Jouy-en-Josas...

Mais, consacrer ainsi au sommet de l'Etat des positions aussi peu "arbitrales" que possible, quand on examine les revendications du Medef, au moment même où s'engagent tous les vastes chantiers du dialogue social, est assez osé. S'il s'agissait de mettre sur pied une grande discussion nationale sur la laïcité, la priorité serait-elle aussi d'aller d'emblée s'exprimer devant l'Episcopat ou, à l'inverse, le Grand Orient ?


Sur le fond :

- Le chef de d'État a déclaré que son discours devant le Medef lui donnait "l'occasion de (s)'exprimer sur la situation économique de notre pays et sur la manière dont (il) entend y faire face alors que les turbulences financières menacent la croissance mondiale"... 

Voici déjà une manière pour notre président de se dédouaner, alors même, que dans la même situation internationale, l'Allemagne s'en sort bien mieux et connaît une véritable embellie... D'ailleurs, l'exemple de l'Allemagne peut être une bonne illustration : économie de la plus value, de l'excellence, etc. Nous devons sans doute avoir une vision globale et structurelle des problèmes. Au-delà de nombreux éléments précis, les croissances des puissances émergentes entraînent automatiquement une augmentation des prix. Nous sommes très mal préparés à cela et ce n'est pas en adoptant (ou presque) les thèses développées par le Medef que nous allons changer le cours des évènements. Le niveau de vie des Français est de plus en plus atteint et nous proposons une simple politique de l'offre...

Au final, Nicolas Sarkozy adopte (en moins bien) la politique économique américaine qui est justement en crise et désavouée outre-atlantique…


- "En répondant à votre invitation, j'ai voulu exprimer mon souhait que toute la Nation soit rassemblée derrière ses entreprises" (…) "Le travail de tous fait la richesse de chacun", "tout se tient",a-t-il commencé.

C’est étrange, mais on a déjà entendu cette expression : et oui ! Nicolas Sarkozy reprend régulièrement les justes propos de Ségolène Royal, celle qu’il qualifie pourtant si souvent (et avec beaucoup de tact…) de "nulle".

 

-"Je ne suis pas venu commenter la conjoncture, faire des prévisions", mais au contraire dire qu'il faut en faire davantage. "La croissance, il faut aller la chercher." "Le plus risqué, c'est de ne rien faire."

C’est à dire, exactement son choix : aucune proposition concrète n’a été énoncée durant ce discours.

 

- Nicolas Sarkozy a expliqué n'avoir pas renoncé à son objectif de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, alors que pour l'instant le ratio pour 2008 est de un sur trois.

Il serait intéressant qu’enfin, le président réponde à la question maintes fois posée par l’opposition :  Quels postes va-t-il supprimer ? Les infirmiers et personnels d’hôpitaux ? Les policiers ? Les gendarmes ? Les pompiers ? Encore moins d'enseignants (déjà 17 000 suppressions prévues) ? Etc. Alors même que ce sont tous des domaines déjà en difficulté et qui concentrent la très large majorité de fonctionnaires.

 

- "Toutes les politiques publiques seront passées en revue".

Là encore, c’est amusant parce que l'évaluation des politiques publiques est une suggestion de longue date de Ségolène Royal… jamais appliquée correctement par la droite…

 

- Ensuite, le président a plaidé pour une accentuation de la réforme fiscale en France :

"Je veux aller plus loin dans la remise à plat de nos prélèvements obligatoires. Je veux aller plus loin dans la réforme fiscale"

"Si l'on taxe trop le travail, il se délocalise, si l'on taxe trop le capital, il s'en va. Dans le monde tel qu'il est, taxer directement les facteurs de production, taxer directement le travail et le capital c'est se condamner à moins d'emplois, à moins de production, à moins de croissance, à moins de pouvoir d'achat", a-t-il souligné.

Au final, avec M. Sarkozy, on ne taxe rien et on trouve l’argent en s’endettant et en vendant des armes à des pays plus que douteux dans une région instable (La Libye par exemple). Je caricature mais à peine.

Bref, il serait utile de faire un rappel simple de politique économique : le capital, la rente ne crée pas l'emploi. Il faut inciter à l'investissement, et donc taxer plus le capital que le travail. C’est cela la véritable revalorisation du travail.


- Puis, notre président a déclaré vouloir aller "beaucoup plus loin" dans l'assouplissement des 35 heures afin de "redonner des marges de manœuvre plus importantes à la politique salariale"...

Aah ! Le fameux mythe des 35 heures ! (cela faisait longtemps…).

Ce n’est pas compliqué, lorsque l’on ne sait plus quoi faire en France, on accuse soit la Banque centrale, soit l’Euro, soit les 35 heures ! Bravo le simplisme… Nous y reviendrons plus loin.

 

- Nicolas Sarkozy a également souhaité "la rupture avec l'idéologie de la fin du travail, avec cette idée fausse que pour donner du travail à tout le monde, il faut partager le travail, avec cette politique de dévalorisation du travail qui depuis 30 ans s'efforce par tous les moyens d'empêcher les Français de travailler, qui démoralise et qui appauvrit les travailleurs de notre pays".

Deux choses ici : il faudrait rappeler que "depuis 30 ans", la droite a été bien plus longtemps aux responsabilités que la gauche et qu’ainsi, Nicolas Sarkozy devrait s’en prendre avant tout à sa famille politique.

Ensuite, on peut constater à quel point le président détourne la notion de partage du travail à son avantage.

Or, nous n'avons pas à avoir honte d'avoir voulu créer des emplois en partageant les richesses. Bien au contraire, les Français peuvent être fiers d'être solidaires.

 

- "Si la France a moins de croissance que les autres, c'est qu'on travaille moins qu'ailleurs", a de nouveau affirmé le chef de l'Etat, dans ce discours sur la politique économique lançant la deuxième phase des réformes économiques.

J’avais oublié ce mythe là ! C’est tout de même invraisemblable qu’il ait la vie si dure alors même que de multiples études[1] (et privées !) ont été réalisés pour prouver à quel point il est infondé.

En résumé et pour mettre fin aux clichés si répandus, ces études nous montrent que :

la France offre les coûts d'implantation les plus faibles des principaux pays européens

la France est troisième en termes d'attractivité économique après Singapour et le Canada (devant les Etats-Unis

la France figure parmi les pays "offrant un traitement fiscal très favorable aux entreprises de recherche et développement", derrière le Canada et le Royaume-Uni (devant les Etats-Unis)

la France connaît une productivité horaire très nettement supérieure à celle que connaissent le Royaume-Uni, l'Espagne, les Etats-Unis, le Japon et même l'Allemagne

la durée moyenne effective en France par semaine, tous types d’emplois et toutes branches confondues, en heures, est supérieure à la moyenne de l’Union Européenne (27 membres) : au moins 38 heures quand les Pays-Bas sont à peine à 31 heures par semaine…

Alors, à la question "Faut-il travailler davantage ?", la réponse est qu’il vaudrait mieux être plus nombreux à exercer un emploi.

 

- Par ailleurs, le président de la République a souligné l'importance du "problème du pouvoir d'achat" en France.

"Expliquer qu'il n'y a pas de problème de pouvoir d'achat en France, c'est se moquer du monde", a-t-il lancé, en s'en prenant aux indices du coût de la vie "Cette question du pouvoir d'achat, je veux qu'on la prenne au sérieux", a-t-il ajouté". Je ne veux plus qu'on se moque des Français avec des indices des prix qui ne veulent rien dire, qui ne mesurent pas le coût de la vie, qui n'ont aucun rapport avec la réalité vécue par les ménages", a-t-il déclaré. "C'est la crédibilité de la parole de l'Etat qui est en jeu", et "il ne peut pas y avoir de confiance s'il n'y a pas de vérité".

Là, on se permet de sourire. Notre président de la République reprend exactement la position de Ségolène Royal alors même qu'il s'en moquait durant la campagne présidentielle...

Or, une fois de plus, elle avait vu juste.

Comme sur l'Iran... sujet sur lequel Nicolas Sarkozy fait preuve d'une dureté un peu maladroite, lui qui ne manquait pas une occasion de faire des leçons de "real politique" à la candidate socialiste…

 

- Pour terminer, notons qu’aucun engagement n’a été pris ni sur les salaires, ni sur le prix du logement et des carburants (mais est-ce étonnant de la part de celui qui refuse de réglementer les ventes à la découpe, d’accroître les aides au logement ou de rétablir la TIPP flottante ?)

- Autre manque d’importance : rien pour les PME, une fois de plus laissées de côté…

 

Nicolas Cadène


[1] L’étude la plus notable et la plus importante est celle réalisée par KPMG "Choix concurrentiels", 2006.

 

Au bal des traîtres

Je vous conseille très fortement d'acheter le Courrier International de cette semaine dont la première page titre "Toujours plus : Pourquoi les 'exploits' de Sarkozy agacent la presse mondiale"
 
D'excellents articles de journaux de droite, de centre, de gauche et d'horizons géographiques extrêmement différents nous permettent d'ouvrir les yeux sur notre président (si peu apprécié à l'étranger par les conservateurs comme les libéraux comme les sociaux-démocrates ou socialistes) et sur nos médias si prisonniers de directions proches du pouvoir.  
 
Exemple :

Pour ce quotidien portugais, l’ouverture sarkozienne n’est qu’une façon d’ériger la trahison en système. Une habitude pour un politicien qui a commencé sa carrière en trahissant son mentor, Jacques Chirac.
 

Tout le monde connaît les danses macabres du Moyen Age : un squelette hilare mène par la main, dans un bal effréné, des seigneurs, des bourgeois, des prêtres et des paysans. Eh bien, pour le spectateur étranger, la scène politique française ressemble à cela. A cette différence près que ce n’est pas la Mort qui mène la danse, mais la Trahison. Le squelette hilare a été remplacé par la mine euphorique de M. Sarkozy, comme les journalistes présents au dernier sommet du G8 ont pu le constater. La danse de la trahison voit cet homme entraîner avec lui, dans une course enivrante, les figures les plus inattendues de la gauche, avec plus de force encore que le flûtiste de Hamelin qui attirait les rats vers l’abîme.

Tout a commencé avec un personnage inconnu du grand public, Eric Besson, expert économique du Parti socialiste (PS). Par un tour de magie noire, M. Sarkozy l’a transformé en déserteur. L’épisode, en pleine campagne présidentielle, était, ne serait-ce que par sa nature, extraordinaire. Nous pourrions penser que M. Besson est seulement un homme sans convictions, un simple technocrate. Mais voilà que, une fois élu, M. Sarkozy parvient à attirer à lui, au prix de ministères, de commissions, de secrétariats d’Etat et de hauts-commissariats, les figures qui incarnaient le plus les valeurs morales de la gauche !

Jack Lang, apôtre infatigable de la morale et de la sainte vertu socialiste, dont l’habit de conseiller spécial de Ségolène Royal était encore chaud, a ainsi accepté de faire partie d’une commission chargée de rendre encore plus présidentialiste le régime français. Le lecteur se demande certainement comment diable le régime de M. Sarkozy peut-il devenir encore plus présidentiel sans se transformer en dictature. En supprimant le Parlement ? Presque. En supprimant son émanation : le Premier ministre. Puis sont venus Bernard Kouchner, Fadela Amara, Martin Hirsch et beaucoup d’autres. Le lecteur nous dira : “Mais ces messieurs-dames pensent sans doute bien faire. Peut-être M. Sarkozy est-il moins à droite qu’un mois plus tôt.” Mais c’est là le plus extraordinaire : tous ont accepté d’entrer dans le gouvernement qui a créé l’invraisemblable ministère de l’Identité nationale, ministère auquel M. Kouchner a même accepté de déléguer les questions relatives au droit d’asile. De plus, ces messieurs-dames sont prêts à accepter les excès de violence policière caractéristiques de la méthode Sarkozy. Un exemple ? Vendredi 10 août, à Amiens, un enfant russe sans papiers, âgé de 12 ans, s’est jeté de la fenêtre pour échapper à la police qui venait tenter d’expulser sa famille. L’enfant vient juste de sortir du coma.

Quelle explication peut-on alors trouver ? Il n’y en a pas de rationnelle. Nous proposons de notre côté une explication irrationnelle, afin d’essayer de comprendre le charme irrésistible de ce magicien de la trahison qu’est M. Sarkozy. Voici notre hypothèse : M. Sarkozy a décidé de faire de la trahison non pas l’exception, mais la norme de la vie politique française. Et pourquoi ? Parce que, toute sa vie, M. Sarkozy traînera avec lui le souvenir d’un épisode traumatisant : le 5 mai 1995, il a été accueilli par des sifflets et des “traître, traître !”* à l’occasion du dernier meeting de Jacques Chirac, avant la victoire de ce dernier à l’élection présidentielle. Quelques mois auparavant, Nicolas Sarkozy avait trahi son père spirituel, Jacques Chirac, offrant son soutien à celui qui était alors le candidat préféré de la droite, le perfide Edouard Balladur. Depuis lors, pour beaucoup de Français, M. Sarkozy est LE traître. Un traître sympathique, un traître hyperactif, un traître populaire, mais un traître tout de même. Pour effacer cette tache, plus tenace que celle qui salissait la main blanche de Lady Macbeth, il fallait convertir en traîtres les cœurs les plus profondément enracinés à gauche. Ensuite, il fallait seulement transformer le sens des mots. Il est démodé de parler de “gauche” et de “droite”. Et on ne dit plus “trahison”, mais “ouverture”.


* En français dans le texte.

Leonor Baldaque et Pierre Vesperini

Público
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Vendredi 3 août 2007

Voici arrivé le temps des vacances,

Nous vous souhaitons à tou(te)s un excellent mois d'août !

A bientôt,





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Vendredi 3 août 2007

Hollande dénonce le "troc" entre Sarkozy et Kadhafi

e9cc4d9e2de4f1184c6173286d41daa2.jpg"Qu'est-ce qu'on a donné en échange" de la libération des infirmières bulgares, demande le premier secrétaire du PS, qui dénonce un "troc" avec "le régime Kadhafi, qui a été à l'origine d'actes terroristes, qui a été un Etat voyou".

François Hollande s'est une fois de plus élevé avec raison, jeudi 2 août, contre l'absence de "transparence" dans les négociations entre la France et la Libye en vue d'obtenir la libération des infirmières et du médecin bulgares.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste dénonce un éventuel "troc" avec "le régime Kadhafi, qui a été à l'origine d'actes terroristes, qui a été un Etat voyou".

"Ce que je demande, c'est la transparence: qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qu'on a donné en échange" de leur libération, a déclaré François Hollande sur France 2.

"Et s'il n'y a pas eu échange, s'il n'y a pas eu troc, s'il n'y a pas eu de contreparties, pourquoi signer un accord militaire avec le régime Kadhafi, qui a été à l'origine d'actes terroristes, qui a été un Etat voyou?", a-t-il poursuivi.

Il rappelle en outre que le fils du dirigeant libyen, Seïf el-Islam Kadhafi, a affirmé mercredi que son pays va signer avec Paris un contrat portant sur l’achat de missiles antichars Milan et la construction d’une usine d’armement. Il a également déclaré qu'un accord d’extradition sera bientôt signé avec la Grande-Bretagne concernant l’ancien agent libyen condamné à la prison à vie pour son rôle dans l’attentat contre un avion de la PanAm au-dessus de Lockerbie, en 1988 (voir ici l'article en date du 1er août au matin).

Aussi, le fils du colonel Kadhafi convient, avec "grande tranquillité", selon la journaliste du Monde, que les personnels soignants bulgares, condamnés à mort deux fois pour avoir inoculé le virus du VIH à des enfants d’un hôpital de Benghazi, étaient innocents : "Ils ont malheureusement servi de boucs émissaires », déclare-t-il, estimant que la Libye a réalisé dans cette affaire « un bon deal".

A leur retour en Bulgarie, les six ont été immédiatement graciés par le président Georgi Parvanov, ce qui a suscité des réactions officielles d’indignation à Tripoli. Le fils de Kadhafi affirme "qu’aucun argent libyen" n’a été versé aux familles d’enfants libyens malades du sida. "Ce que je peux dire, c’est que les Français ont arrangé le coup. Les Français ont trouvé l’argent pour les familles. Mais je ne sais pas où ils l’ont trouvé", en refusant de confirmer une intervention du Qatar.

Selon un analyste de l’agence d’information russe Ria Novosti, la libération des Bulgares, décidée par Tripoli, a été largement influencée par « d’énigmatiques compensations financières ». « Enigmatiques, car l’UE et la France n’ont pas révélé qu’elles avaient versé aux familles un million de dollars pour chaque enfant malade. Reconnaître la provenance de cet argent aurait été reconnaître la culpabilité des condamnés. Alors, cet argent a été dépersonnalisé en passant par la fondation Kadhafi, dirigée par Saïf al Islam Kadhafi », précise l’analyste russe.

Rappelons également que le général Kirtcho Kirov, chef du renseignement de la Bulgarie, déclara, dans un entretien publié dans un quotidien local, 24-Tchassa (24-Heures), relayé par Le Monde : "Le sort des praticiens bulgares n’était en fait qu’un grain de poussière dans l’œil d’un énorme ouragan où se croisent des intérêts gigantesques. Je savais que de grands contrats d’armes et de concessions [d’exploration de pétrole] seraient conclus". Dès février 2007, à l’issue d’un entretien nocturne dans une villa viennoise avec Saïf Al-Islam, fils du n° 1 libyen, dont la fondation caritative a joué un important rôle d’intermédiaire, le général Kirtcho Kirov "savait qu’une solution serait trouvée vers la fin juillet-début août".

Ensuite, François Hollande poursuite au sujet du ministre français des Affaires étrangères, visiblement pas au courant de ce "troc" : "Je crois que le pire, c'est que (Bernard Kouchner) ignorait tout de cette affaire".

"Quand dans un régime démocratique comme le nôtre, le ministre des Affaires étrangères ne sait même pas qu'il y a eu, qu'il y aurait eu un accord militaire, nous sommes dans une omniprésidence qui pose un problème de transparence et de contrôle de l'exécutif", a affirmé le numéro 1 du PS.

Le député-maire de Tulle, qui avait participé à l'audition du ministre par l'Assemblée nationale, a en outre déclaré, mercredi, qu'"il est gênant, troublant, d'apprendre par la bouche du fils du colonel Kadhafi" l'existence d'un contrat d'armement. "Rien dans les propos de Bernard Kouchner ne formalisait un contrat d'armement". "Il a parlé d'un contrat commercial et quand je l'ai interrogé sur les contreparties (à la libération des infirmières et du médecin bulgare), outre le flou de sa réponse, il n'a pas fait allusion à un contrat d'armement", a précisé François Hollande.

Le Premier secrétaire a enfin estimé que, puisqu'il s'agit du premier contrat d'armement signé avec un pays occidental, "il aurait été préférable de prévenir nos partenaires et alliés". C'est le moins que l'on puisse dire en effet...

André Vallini, porte-parole du groupe SRC (socialiste, radical et citoyen) à l'Assemblée nationale a de son côté demandé jeudi sur RTL que le président Sarkozy "s'explique devant les Français" au sujet d'un éventuel contrat d'armement avec Tripoli.

"Je ne sais pas qui croire : le fils du colonel Kadhafi dit des choses, il faut prendre ça avec précaution. Je trouve Nicolas Sarkozy un peu laconique, lui qui aime tellement parler. Je l'ai trouvé assez discret hier dans ses réponses", a déclaré le député PS. "Tout ça commence à ressembler à une affaire d'Etat. J'espère que ce ne va pas apparaître comme un mensonge d'Etat", a poursuivi M. Vallini.

Lors de son audition mardi devant la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale, le chef de la diplomatie Bernard Kouchner "a répondu de façon très évasive, très approximative. Il n'est manifestement au courant de rien, ou de pas grand-chose", a jugé le député. "Qu'il revienne devant la commission, pourquoi pas, si le président de la République lui donne plus d'informations, ou alors c'est au Président Sarkozy de s'expliquer devant les Français", a-t-il dit, ajoutant que c'était ce qu'il demandait.


Lors d'une visite de Nicolas Sarkozy à Tripoli, le 25 juillet, au lendemain de la libération des infirmières, Paris et Tripoli ont signé un mémorandum qui prévoit la fourniture d'un réacteur nucléaire civil, officiellement dans le but de désaliniser eau de mer (ce qui paraît au minimum absurde), ainsi qu'un accord dans le domaine militaire, dont le contenu exact n'a pas été rendu public...

 

Nicolas CADENE     


 

Le pote du Président

La brève du Canard Enchaîné :

 

117ea871ef91270b6ab5dc79c34e608b.jpgA la surprise de beaucoup, Patrick Balkany, le sulfureux député-maire UMP de Le vallois-Perret, a fait partie de la délégation officielle de Sarkozy en Afrique. Il s'est même fait remarquer en se postant délibérément derrière Sarko dès que les flashes crépitaient.

"C'est le pote du Président", a expliqué un conseiller élyséen aux journalistes. "C'est comme ça, il faudra s'y faire, ce n'est certainement pas la dernière fois qu'ils font un voyage ensemble."

D'ailleurs, les deux hommes ne sont pas seulement amis. Ils sont également en affaires. La "société d'avocats Arnaud Claude - Nicolas Sarkozy" (dans laquelle Sarko figure, aujourd'hui encore, en tant qu'associé) travaille toujours pour la mairie de Levallois-Perret, notamment en matière d'expropriations. 

ça rapproche...

 

Petits rappels sur Patrick Balkany :

http://www.dailymotion.com/visited/search/BALKANY/video/x...

http://debatsocialiste.blogspirit.com/archive/2007/02/14/...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Balkany


Des patrons très bien payés pour des résultats très médiocres

La Brève du Canard Enchaîné :

 

"Dix Français parmi les vingt patrons européens les mieux rémunérés" assure le magazine américain "Fortune" repris par "Le Parisien"(30/07). En tête de ces heureux Hexagonaux, également premier au classement européen : Carlos Ghosn (Renault, 33.37 millions d'euros de rémunération en 2006). Suivent aussitôt Jean-Paul Agon (L'Oréal, 14.16 millions d'euros), le malheureux Hervé de Castries (AXA, 8.87), le déshérité Thierry Desmarest (Total, 7.92), etc. Autant de revenus avenants dont le montant s'explique aussi, estime "Fortune", par le plaisant système des stock-options.

En tout cas, c'est un résultat d'autant plus instructif qu'on ne trouve évidemment pas dix boîtes françaises dans les vingt plus grosses entreprises européennes...

 

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Lundi 23 juillet 2007

Manifestons notre oppositionJeudi 26 juillet à 18h devant le CRA à côté de l’Intermarché de Courbessac, Bus ligne A arrêt La Citadelle 

Nous rappelons que le manifeste ci dessous a donné lieu à un rassemblement de plusieurs centaines de personnes le 2 juin dernier. 

Manifeste contre l’ouverture duCentre de Rétention Administrative (CRA) de Nîmes
Cet été 2007, le Ministère de l’Intérieur va ouvrir un Centre de Rétention
Administrative de 126 places à Nîmes. Ce Centre fait partie d’un vaste plan de création de grosses structures destinées à détenir des familles, avec femmes et enfants. Une politique d’expulsion de grande ampleur, de rafle de familles d’enfants scolarisés, s’organise sur le territoire de notre République. Ses objectifs nous scandalisent.
 

Ces personnes sans papiers ne sont pas des délinquants. Elles sont victimes de tragédies (guerres, guerres civiles, oppression des femmes, répression des associations, misère). Elles ont cherché à y échapper en croyant trouver asile en France. Ces personnes ne sont pas des poids économiques, elles ne veulent pas d’assistanat, elles veulent contribuer à la production de notre pays. Beaucoup d’entre elles sont déjà insérées dans le secteur agricole et celui du bâtiment. Leurs enfants sont intégrés dans nos écoles, depuis plusieurs années. Ils sont des camarades d’étude, de jeu, de sport de nos enfants. Ils représentent une richesse humaine, culturelle, une jeunesse, une chance pour notre pays.
A la création de ce C.R.A. où la rétention s’apparente à une détention, s’ajoute  celle d’un Centre Éducatif Fermé. Ce dernier est destiné à des jeunes de 13 à 16 ans, ayant commis des délits, et qui devraient bénéficier de réponses éducatives.
 

La mise en œuvre de ces orientations favorise le racisme, la xénophobie, l’exclusion. Elle fabrique des “boucs émissaires” face aux difficultés
économiques, elle amalgame jeunesse et délinquance.
 

La France doit rester une terre d’asile, qui s’enrichit de son ouverture aux peuples du monde. 

Nous en appelons à chacune et à chacun, dans la diversité de ses choix, pour faire prévaloir une solution humaine à la régularisation des familles sans papiers d’enfants scolarisés.  

Nous rejetons celle qui a éliminé plus de 24000 des 31000 dossiers examinés pendant l’été 2006 et a augmenté, dans le Gard, les expulsions de plus de 120% en un an. 

Nîmes se barricade, avec la vidéosurveillance, le Centre de Rétention Administrative, le Centre Educatif Fermé, … 

Nous refusons une vision excessivement sécuritaire de notre société et du
monde, qui emprisonne, oppresse, construit des ghettos et entretient la
haine, au mépris de l’être humain.
 

A l’initiative du RESF du Gard, organisations signataires :

Réseau Education Sans Frontières CIMADE Association de Promotion des Travailleurs Immigrés
Ligue des Droits de l’Homme M.R.A.P. Observatoire International des Prisons
SNES et Fédération FSU Syndicats CGT Syndicats SUD
Syndicat de la Magistrature ATTAC SNMPMI : Syndicat National des Médecins de la Protection Maternelle Infantile
UGEG FSE (Fédération Syndicale Etudiante) C.N.T. Ligue de l’Enseignement du Gard
Solidaires 30 Les Alternatifs La Confédération Paysanne
Parti Radical de Gauche SCALP 30 Ligue Communiste Révolutionnaire
Parti Communiste Français RESF 13 Comité de Résistance à une Société Sécuritaire (Nîmes)
Les Verts du Gard RESF 34 Comité Alésien Résistance à la Délation (Alès)
Parti Socialiste, fédération du Gard RESF 74 Ras le Front
Gauche Alternative2007 RESF84 Langue Culture et Communication
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Dimanche 8 juillet 2007
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69752f4551cde1f4073c15152c810665.jpgComme je l'analysais dans une précédente tribune du 7 mai 2007, Nicolas Sarkozy est très habile politiquement.

Ainsi, tout dernièrement, il a réussi le coup de force de faire penser à toute la population qu'il souhaitait personnellement que le poste de dirigeant du FMI (Fonds Monétaire International) soit confié à Dominique Strauss-Kahn ("DSK"), ancien ministre socialiste de l'Economie, des Finances et de l'Industrie de Lionel Jospin.

Or, c'est Jean-Claude Juncker (Premier ministre du Luxembourg) qui en premier avait fait part à ses partenaires européens (l'Europe choisit traditionnellement ce dirigeant, les USA celui de la Banque mondiale) de l'intérêt d'une telle candidature.

Le très bon réseau européen de "DSK" joua pour lui.

Dès lors, le nouveau président de la République qui comprit la possibilité de trouver un accord pour "installer" un dirigeant français sur ce nom, lui déclara son soutien avant tout le monde.

De cette manière, sans doute aidé par quelques médias, il est apparu comme étant à l'origine de ce choix, et a fait preuve d'une ouverture à gauche soi-disant "sincère", puisque promouvant un socialiste à un poste d'envergure mondiale, à l'extérieur du gouvernement et de ses responsables UMP.

Très malin donc.

Soyons honnête, en face de socialistes malheureusement pas tous très malins.

Car, une fois de plus, nous voici devancés par un homme dont on devrait -enfin !- connaître la stratégie.

Et bien non...

Toujours pas...

Une fois de plus, nous avons manqué de répartie et de réaction.

La bonne solution aurait été de répliquer au président dans l'instant, par voie de presse, mais aussi sur les plateaux télé et radio.

Le fond aurait été de dire :

"Très bien, je (pour DSK. "nous", pour une autre personnalité PS) suis flatté que le président de la République reconnaisse mon (ou "le bilan de DSK") bilan au sein du gouvernement socialiste de Lionel Jospin.

"Cela prouve que nous avons eu une très bonne action économique entre 1997 et 2000.

"Je le remercie donc pour ce soutien.

"Simplement, je (ou "nous devons") dois également remercier Jean-Claude Juncker qui fut, en réalité, le premier à me soutenir à ce poste auprès de nos partenaires européens.

"Le poste étant à l'international, sur des questions qui ne me (ou "ne lient pas DSK") lient pas au gouvernement de notre pays que je (ou "nous désapprouvons") désapprouve dans sa politique économique et financière, je (ou "DSK peut") dois réfléchir sérieusement à cette proposition pour éventuellement l'acceter et la défendre."

 

Donc voilà : nous ne sommes pas réactifs ni assez pertinents.

Et les déclarations de Manuel Valls ne nous aident pas...

A l'inverse de ce que déclare le député-maire d'Evry, il n'est pas question de dire que tout ce que fait le gouvernement est mauvais sans rien proposer.

On est tous d'accord, il faut proposer.

Mais ce n'est pas notre rôle de défendre l'action du gouvernement et du président, surtout lorsque ces actions se résument essentiellement à de la "politique spectacle".

Manuel Valls peut se réjouir du "casting de film à gros budget" que nous présente le président de la République. Moi pas. La majorité des militants non plus.

Ce genre de déclarations, que Manuel Valls multiplie depuis 2002 (l'installation de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur) ne me paraît pas positif.

En effet, ses multiples déclarations n'ont fait que crédibiliser voire valider l'action de Nicolas Sarkozy -d'abord au niveau de la politique sécuritaire- quand il fallait au contraire que le PS propose une véritable et ambitieuse politique -pas forcément "angélique", mais pas non plus uniquement répressive ou liberticide- sur ce problème de l'insécurité. 

Nous pouvons comprendre que Manuel Valls souhaite se faire entendre et promouvoir ses points de vue à l'heure où le PS cherche à se renouveler (avec raison).

Mais il ne serait pas bon de chercher la solution à nos problèmes de fond idéologique dans la crédibilisation d'une action gouvernementale qui va à l'encontre de nos fondamentaux.

Je respecte Manuel Valls : son bilan à Evry est excellent. 

Mais je tiens seulement à lui rappeler que la politique du nouveau président de la République est en de très nombreux points attaquables, car inadmissibles au regard de l'idéologie socialiste ou social-démocrate, ou tout simplement républicaine, démocrate et réformiste. 

Il est normal et sain qu'existent de bonnes relations entre certaines personnalités politiques des deux bords, mais il ne faudrait pas que ces "amitiés" ou simples "cordialités" -cela dépend- fassent oublier à nos hommes politiques leurs fondamentaux et leurs combats.

 

Nicolas CADENE

 

N.B : rappel d'un extrait d'un de mes précédents articles (janvier 2006) :

"Ce n’est pas sur le thème de l’insécurité que les socialistes gagneront, du moins pas en l’abordant de cette façon.
Manuel Valls a tort de s’affirmer en accord avec certaines idées de M.Sarkozy. Croyant éviter l’échec de 2002, certains responsables socialistes s’alignent sur le programme de la droite.

Mais si le thème de l’insécurité doit être abordé, c’est d’abord celui de l’insécurité sociale. Car c’est elle qui est avant tout à l’origine de toutes les autres. Il faut encore parler du chômage, des licenciements abusifs, de la désindustrialisation, etc. Surtout, il faut trouver des réponses crédibles à ces problèmes.

Mais le Parti socialiste français, trop sûr de lui, a tendance à prendre modèle sur le Parti démocrate américain de 2004, quant à la manière de mener sa campagne. Un parti qui s’était effacé face au Parti républicain à la suite des attentats de 2001, jusqu’à soutenir le "Patriot Act", comme certains socialistes (dans une bien moindre mesure évidemment) ont soutenu la loi sur le terrorisme de Nicolas Sarkozy."

Par PS - Publié dans : Actualité
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Jeudi 5 juillet 2007

Je n'avais pas encore eu le temps d'écrire ici un bilan du Conseil européen où l'accord sur un "mini traité" a été présenté...

 Vu l'information qu'ont en fait les médias, je tien à vous faire part d'une petite analyse différente dans laquelle notre "Guide Président" n'est pas présenté comme "Le Sauveur de l'Europe",... puisqu'il ne l'est pas.

 

Certe, l’accord des 27 a un mérite, celui d’exister.

Après plus de deux ans de paralysie, l’Union européenne envisage quelques réformes institutionnelles. Nous ne pouvons nous en plaindre car nous pensons que cela était nécessaire, un refus de principe serait une erreur.

D’autant qu’il y a, dans les conclusions du Conseil européen, quelques éléments positifs :

-          La Présidence du Conseil européen cesse d’être tournante tous les six mois, elle sera stabilisée

-          Le nombre de commissaires, trop important, sera enfin réduit

-          La concurrence libre et non faussée cesse d’être incluse dans les objectifs de l’Union, mais ce progrès reste optique car cette notion demeure, évidemment, dans les traités comme c’est le cas depuis 1957

-          Le champ du vote à la majorité qualifiée est étendu aux questions de coopération judiciaire et policière

-          La répartition des compétences est éclaircie

-          L’Union se dote d’une personnalité juridique unique et met fin à l’incompréhensible système des « piliers »

-          Enfin, les pouvoirs du « Haut représentant pour la PESC » sont accrus, et il se voit doté d’un service diplomatique

Tout cela n’est pas négligeable et ne peut être écarté d’un revers de main. Les chefs d'Etat et de gouvernement ont signé un mandat pour une nouvelle conférence intergouvernementale (CIG) afin de commencer à travailler sur un nouveau « Traité réformateur » qui serait adopté fin 2007. La ratification aurait lieu à temps pour les élections européennes de 2009. 

L'accord a été conclu après que la présidence allemande a convaincu la Pologne de lever son opposition à la proposition du système de vote à la double majorité au Conseil.

Face à un nouveau rejet du président polonais Lech Kaczynski, Angela Merkel a menacé de convoquer une CIG sans son voisin de l'Est réticent.

Un porte-parole du gouvernement allemand Ulrich Wilhelm a expliqué : « La Pologne aurait ensuite la possibilité de rejoindre le consensus européen à l'automne à la CIG ».

En échange, une extension du système actuel a été négociée, ce qui permet à la Pologne et à l'Espagne de bénéficier d'un grand nombre de voix comparativement aux plus grands Etats membres.

Le système de vote à la double majorité, requérant l'assentiment de 55% des Etats membres et 65% de la population européenne et par conséquent favorisant les grands Etats membres, entrera en vigueur à partir de 2014 seulement, lorsque l'UE aura établi la planification de son budget à long terme pour la période 2014-2020.

Le nouveau système de vote s'appliquera pendant une période de transition entre 2014 et 2017, mais tout Etat membre pourra encore exiger que l'ancien système de vote soit utilisé s'il le souhaite.

Egalement, une malheureuse et complexe clause spéciale facilite la formation d'une minorité de blocage au cours de cette période. 

La Pologne a de plus, réussi à obtenir une clause de solidarité en matière d'énergie, soulageant ses préoccupations concernant les relations difficiles avec la Russie. 

Nous ne sommes pas seulement pragmatiques, pas uniquement des euro-réalistes, nous sommes aussi et surtout des militants de l’Europe politique, de l’Europe intégrée, qui n’a pas abdiqué l’ambition fédéraliste des pères fondateurs.

De ce point de vue-là, nous ne pouvons nous satisfaire d’un accord d’une singulière médiocrité, qui marque une régression considérable par rapport aux travaux de la Convention européenne.

Le terme « Constitution » est lui-même abandonné : cela n’est pas forcément choquant car en effet, il s’agissait d’un traité constitutionnel et non d’une véritable Constitution, qui aurait supposé l’existence d’un État et d’un peuple européens.

Mais nous n’en sommes même plus là : le nouveau traité sera un simple amendement des traités existants, il n’a pas de vocation à donner une cohérence, une colonne vertébrale à l’Europe politique, mais, plus modestement, trop modestement sans doute, à permettre un fonctionnement plus efficace des institutions européennes.

En ce sens, il n’est guère plus qu’un règlement intérieur de l’Union. D’ailleurs, Tony Blair l’a avoué lui-même en déclarant : « La chose la plus importante ici, c'est que le traité constitutionnel a été mis de côté, nous en sommes revenus à un traité conventionnel ».

-          Les symboles de l’Union – hymne, drapeau, journée du 9 mai – ne figurent même plus dans les traités

-          La double majorité, à la demande des frères jumeaux qui dirigent le pays, est reportée à 2014, voire 2017

-          Le vote à la majorité qualifiée n’est pas appliqué aux matières fiscale et sociale

-      Le terme « ministre des affaires étrangères » n’a pas été retenu : c’est très significatif de la volonté des ministres nationaux de ne pas abandonner un pouce de terrain dans ce domaine, comme l’est le refus du vote à la majorité qualifiée en cette matière

-         Si la Charte des droits fondamentaux a enfin une force contraignante, elle n’est pas intégrée dans les traités, même si une référence y est faite. Elle n’est par ailleurs pas applicable au Royaume-Uni

-       Enfin, nous devons souligner une grave lacune : le protocole sur les services publics, très faible, ne cache pas l’absence de dimension sociale, écologique, ou de réformes de la gouvernance énergétique.

Au total, c’est donc bien un « mini-traité pour une mini-ambition » dont il s’agit, un projet qui s’inscrit plutôt dans la lignée du Traité de Nice, si contesté.

C’est pourquoi le portrait dressé aujourd’hui de Nicolas Sarkozy en « sauveur de l’Europe » peut faire sourire.

Il ne s’agit pas de nier la part qu’il a pris dans cet accord. Il a fait preuve d’une énergie dont Jacques Chirac, à l’évidence, n’était plus capable depuis le 29 mai 2005.

Il a concrétisé le retour de la France en Europe, il a imposé sa conception d’un traité simplifié, même si, comme l’a justement observé Jean-Claude Juncker, ce texte avec ses « opt outs », ses bizarreries, ses obscurités, est en réalité plus illisible encore que le TCE.

En effet, ce « Traité Réformateur » qui vient amender les Traités existants a ainsi manqué un des objectifs de la Déclaration de Laeken qui était celui de cette simplification.

Le Traité constitutionnel européen avait au moins le mérite de remplacer les Traités existants et d’augmenter la lisibilité des textes fondateurs pour le citoyen.

Le mieux est l’ennemi du bien : le Traité constitutionnel, décrié pour sa longueur et sa complexité, sera remplacé par un texte amendant une fois de plus les Traités existants, avec davantage de déclarations, de nouveaux Protocoles, un mode de vote au Conseil que même les experts ont du mal à comprendre.

Le Premier Ministre belge sortant, Guy Verhofstadt, n’a pas eu tort de parler de Traité « de notes de bas de page ».

Une étape fondamentale sera donc de rendre ces Traités plus lisibles et de séparer la partie constitutionnelle des éléments de nature législative, y compris par des modes de révision différenciés.

Tout cela ne fait donc pas de Nicolas Sarkozy un grand Européen :

-        Il a, avec une certaine complicité d’Angela Merkel - nettement plus entreprenante d’ailleurs - tordu le bras aux pays « amis de la Constitution », étrangement résignés, à l’exception de notre camarade italien Romano Prodi

-          Il a favorisé de belles concessions aux eurosceptiques, britanniques ou polonais

-          Il n’a proposé aucune vision, son approche a été purement fonctionnaliste et pragmatique

Il n’y a donc pas lieu de se glorifier de cet accord médiocre.

En fait, ce Conseil européen ne mérite ni excès d’honneur, ni excès d’indignité.

De plus, il faut noter que la méthode de négociation, au sein du Conseil Européen et bientôt d’une CIG, a démontré une fois de plus les limites d’une approche strictement diplomatique et à huis clos de la révision des Traités.

L’observateur garde de cet épisode le même goût amer que celui du lendemain du Conseil européen de Nice : celui d’avoir assisté à des marchandages entre intérêts nationaux sans hauteur de vue et à l’écart de tout débat public.

Et ce ne sont pas tant les acteurs réunis autour de la table à Bruxelles - dont beaucoup étaient empreints de volontarisme - qui sont en cause mais bien la dynamique intergouvernementale inhérente à ce type de négociation.

Comment a-t-on pu si vite oublier que du chaos de Nice était sorti l’idée de la Convention qui, malgré certaines faiblesses, a eu le grand mérite d’associer parlementaires européens et nationaux aux représentants des gouvernements et d’ouvrir ses débats au public ?

Il y a eu un accord. Mais quel aurait été cet accord si le Conseil ne s’était pas basé sur le texte du Traité constitutionnel établi à l’origine par la Convention ? Quelles autres « lignes rouges » aurait-il dû tenter en vain de dépasser ?

L’Union européenne doit préserver et améliorer la méthode de la Convention. Le fait que l’accord trouvé dans la nuit du 23 juin 2007 ait repris la majeure partie de son travail en a démontré l’utilité.

Cela nous amène d’ailleurs à évoquer un bémol supplémentaire : le Conseil semble avoir abandonné l’idée d’une clause de rendez-vous pour prendre le temps de se pencher sur la partie des Traités concernant les politiques de l’Union.

La troisième partie du Traité constitutionnel a suscité de nombreuses réactions pendant la campagne référendaire en 2005, en France.

Il est devenu indispensable que sa révision - pour prendre en compte l’ambition de nouveaux objectifs affichés ou au minimum actualiser son contenu par rapport à l’évolution de l’acquis communautaire - fassent l’objet d’un débat public, au sein d’une Convention revisitée.

L’Europe élargie a besoin de rendre visible le projet européen qu’elle souhaite porter dans le contexte géopolitique du 21ème siècle et montrer ce qui fait sa pertinence dans la mondialisation.

Sans cela, la distance entre ce projet et le citoyen européen ira en s’accroissant et là, aucune démarche diplomatique, fût-t-elle la plus créative, ne pourra relancer le moteur de l’UE.

Au final, notre ligne de conduite partira de ce constat, celui d’un verre à moitié plein, à moitié vide.

L’accord trouvé repose tout à la fois sur une avancée et un recul.

L’avancée, c’est que le futur traité devrait reprendre pratiquement les neufs aménagements institutionnels proposés par le TCE mais seulement ceux-ci.

La marche arrière est incarnée par le recul de l’esprit européen, l’abandon des symboles de l’Union et l’isolement du Royaume-Uni.

L’Union européenne se trouve à un tournant de son histoire, tiraillée entre une inexorable marche en avant et un repli sur des simples fonctions de marché intérieur, la vision britannique et de certains pays de l’Est.

Le rejet de l’idée d’une représentation diplomatique de l’Union est à ce titre symbolique du refus de faire de l’Union un véritable acteur international crédible.

Nous attendrons donc, d’abord, le résultat de la CIG portugaise – qui peut, on le sait, être pire.

Nous devrons faire des propositions d’amélioration avec les socialistes européens, qui d’ailleurs ont précisé par la voix de Martin Schulz que cet accord chèrement acquis ne « [comprenait] pas les éléments nécessaires » à la réforme du processus de décision de l'UE, évoquant la « déception à l'égard du système de vote des réunions ministérielles ».

Puis, nous devrons nous déterminer, avec le souci de ne pas casser davantage la porcelaine européenne, mais aussi avec celui de ne pas cautionner une Union « a minima ».

Nous restons partisans de l’Europe politique, il y aura, après cet épisode contrasté, d’autres combats à mener pour relancer cette ambition et lui rendre un souffle que des Européens désenchantés n’ont pas su lui donner.

 

Nicolas CADENE

Par PS - Publié dans : Europe
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