Hollande prive Georges Frêche de BN

Publié le par SDJ 30

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Politiques

Pour ses propos anti-harkis, il est écarté du bureau national du PS.

Par Paul QUINIO
mercredi 01 mars 2006

en annonçant la modeste sanction prise hier soir lors du bureau national (BN) du PS à l'encontre de Georges Frêche, qui se retrouve privé de BN jusqu'à ce que la commission des conflits du PS se prononce sur son cas, François Hollande espère mettre un terme à la polémique qui ne cesse d'enfler. Pas sûr qu'il y parvienne: le président de la région Languedoc-Roussillon s'est en effet pressé de minimiser la décision en soulignant, lors d'une conférence de presse, qu'il ne sentait «pas suspendu du tout» et qu'il se contenterait de sécher, un certain temps, le bureau national.

Le 11 février, il avait qualifié des harkis de «sous-hommes». Ses excuses le 13 février et la condamnation de ses propos par la direction du PS, jugée trop molle par de nombreux socialistes, n'ont pas suffi à enrayer la polémique. Hier, Frêche et Hollande ont donc tenté d'éteindre l'incendie en quatre temps.

«Je ne me suis jamais adressé aux harkis dans leur ensemble. J'ai eu une "engueulade" avec un harki et puis j'ai pensé que le mot employé était blessant pour lui. Je l'ai retiré», a expliqué Frêche dans Midi Libre. Et d'assurer qu'il défend «les harkis depuis trente ans. Je les ai trouvés ici dans la boue. Au milieu des rats. [...] Les gaullistes et la droite les avaient laissés pourrir dans des conditions innommables». Frêche a aussi envoyé une lettre à Hollande pour réitérer ses excuses. Troisième temps hier matin, devant les députés PS. Alors que le député de l'Hérault, Kléber Mesquida, proche de Laurent Fabius, souligne que «localement, la polémique fait mal», le premier secrétaire, dans une ambiance «tendue», condamne de nouveau Frêche, mais met en garde ses amis : «L'émotion légitime» ne doit pas prêter à «une opération de déstabilisation interne».

Dernier temps dans l'après-midi, toujours à l'Assemblée : Arnaud Montebourg, Claude Bartolone et Henri Emmanuelli demandent que la direction du PS prenne «ses responsabilités». Répondant à une question d'un député UMP de l'Hérault, le Garde des sceaux Pascal Clément précise, lui, que les propos de Frêche constituent «une infraction» et qu'une «action publique peut être déclenchée rapidement».

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