Le PS appelle la gauche au rassemblement

Publié le par SDJ 30

medium_2006-07-01T135915Z_01_NOOTR_RTRIDSP_3_OFRTP-FRANCE-PS-HOLLANDE-GAUCHE-20060701.jpgFrançois Hollande a lancé samedi un appel aux autres partis de gauche pour élaborer dès le mois de septembre des propositions susceptibles de rassembler la gauche, en vue d'un gouvernement commun en 2007.

Devant les délégués du Parti socialiste réunis à Paris pour adopter le projet pour 2007, le premier secrétaire a en revanche adressé une mise en garde à l'extrême-gauche, qui devrait à ses yeux prendre garde à ne pas "empêcher la gauche de battre la droite" dans dix mois.

"J'appelle ce matin toute la gauche qui veut travailler, non pas simplement à battre la droite, mais à gouverner ensemble, à se retrouver dès le mois de septembre pour définir (...) les propositions qui peuvent nous rassembler tous", a déclaré François Hollande à la tribune de la salle de la Mutualité.

"Rassembler la gauche, c'est toujours un effort pour les socialistes mais c'est aussi une condition de notre victoire. Nous savons combien les textes communs peuvent provoquer l'adhésion", a-t-il ajouté.

"Il faut à l'automne ce grand rassemblement de la gauche sur quelques propositions fortes tirées de notre projet ou d'autres et sur lesquelles nous pouvons (...) nous présenter devant les Français en leur donnant la perspective pas simplement d'une victoire mais d'un gouvernement commun le moment venu."

Les négociations sont en passe d'aboutir entre le PS et le Parti radical de gauche (PRG). Les discussions avec le Mouvement des citoyens (MDC) de Jean-Pierre Chevènement se déroulent également dans un climat serein et pourraient déboucher sur un accord après l'été.

Quant aux Verts, qui réclament au PS des places pour les législatives de 2007 avant tout accord programmatique, le n°1 du PS leur a imposé son calendrier.

"Je préfère maintenant dire aux Verts : 'faisons un accord de gouvernement' et discutons ensuite des législatives. "Il faut rassembler la gauche pour passer" le second tour de la course à l'Elysée, a renchéri Henri Emmanuelli. "L'état de la gauche aujourd'hui n'est pas ce qu'on peut souhaiter".

"Nous avons un rôle dans cette affaire-là" et "si le rassemblement de la gauche ne se fait pas (...) nous en porterons la responsabilité", a-t-il insisté.

L'objectif de François Hollande est de rééditer l'exploit du Programme commun (1972-1977) : aller vers "un gouvernement commun" après la victoire. "Les socialistes ne veulent pas gouverner seuls. Nous avons besoin d'une majorité large et durable à gauche fondée sur une culture de coalition", a-t-il dit. Pour amadouer ses turbulents partenaires, il leur a proposé de créer après les élections une "fédération de la gauche qui évaluerait régulièrement l'action du gouvernement en cours de mandat et l"'accompagner(ait)".

"C'est peut-être parce que (cette fédération) a manqué que la gauche plurielle n'a pas su nous assurer la réussite durable", a-t-il considéré.

Le Premier secrétaire du PS a toutefois souligné que cette offre de travail commun ne s'adressait qu'à ceux "qui veulent travailler à gouverner ensemble".

S'il respecte le choix de l'extrême-gauche "de ne pas participer au pouvoir" - ce qui est "la plus sûre façon de ne jamais décevoir", a souligné le leader du PS -, François Hollande lui demande de ne pas "empêcher (la gauche) de battre la droite".

"Qu'elle ne prenne pas le risque cette extrême gauche qui veut être plus à gauche que la gauche, par son silence, du maintien d'une droite qui veut être encore plus à droite que la droite", a-t-il lancé à Olivier Besancenot (LCR) et Arlette Laguiller (LO).

Le PS et la gauche sont toujours présents quand l'extrême gauche leur demande de participer à des "batailles communes" comme la lutte contre le CPE, la privatisation de GDF ou les lois Sarkozy sur l'immigration, a souligné François Hollande.

"S'ils nous font cette demande, permettez qu'on leur en fasse une autre : qu'elle ne prenne pas le risque, cette extrême-gauche, par ce silence de ceux qui veulent être plus à gauche que la gauche, du maintien d'une droite qui veut être encore plus à droite que la droite d'aujourd'hui", a-t-il dit.

Quant à la multiplication des candidatures présidentielles à la gauche du PS, avec notamment l'arrivée dans la course de José Bové, François Hollande a brandi le spectre de l'élimination de Lionel Jospin en 2002 : "On serait bien inspiré de ne pas les reproduire excessivement si on ne veut pas retrouver" le 21 avril. 

 

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