DSK se pose en candidat de la «rupture» et l'«innovation»

Publié le par SDJ 30

Libération : 

medium_file_200662_48466.jpgViser son principal adversaire de droite peut aussi permettre d'atteindre son meilleur concurrent à gauche. C'est l'exercice auquel s'est livré samedi matin Dominique Strauss-Kahn qui, comme les autres concurrents déclarés ou potentiels à l'investiture socialiste (Ségolène Royal exceptée), répondait aux questions des militants du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Une salve à double détente, au premier chef destinée à Nicolas Sarkozy, dont DSK a acerbement résumé la méthode et le projet politique: «force brute, religiosité obscurantiste, libéralisme sauvage». Mais aussi à pousser vers la touche la favorite des sondages, en se présentant comme le candidat le plus à même d'affronter et de terrasser le champion de la droite.

«Nicolas Sarkozy a préempté un joli mot qui avait pu être celui de la gauche : la rupture. Mais ce n'est pas une rupture vers l'avant. C'est un renoncement», a assuré l'ancien ministre de l'Economie. Dans une entreprise de déconstruction du profil novateur exhibé par le patron de l'UMP, Dominique Strauss-Kahn l'a prestement resitué dans la filiation et la pratique chiraquienne du pouvoir. «Chirac, c'est le clientélisme généralisé. Sarkozy, c'est la même chose, mais avec les méthodes modernes», a-t-il expliqué. Avant d'opposer, de bonne guerre, sa posture et ses résultats : «Il est ministre de l'Intérieur depuis cinq ans, numéro deux, voire un, du gouvernement et patron du parti majoritaire. S'il connaît les bonnes solutions pour la France, pourquoi ne les met-il pas en œuvre ?»

Qu'on ne s'y trompe pas : Dominique Strauss-Kahn tient bien le patron de l'UMP pour un redoutable adversaire. A qui il faudrait opposer un compétiteur à sa mesure : «Pour battre Sarkozy, il faut une vraie gauche. Où il y a la popularité, la posture. Mais il faut aussi aussi quelqu'un capable de combattre sur plan idéologique.» Manière de renvoyer Ségolène Royal, dont le discours énoncé dimanche à Frangy a semblé à beaucoup trop généraliste, sur les roses mitterrandiennes qu'elle avait invoquées: «Il ne faut pas une force tranquille, mais une force innovante.» Et d'insister sur la légèreté supposée de sa concurrente socialiste dans la perspective d'un combat idéologique entre poids lourds : «Les Français ne sont pas convaincus qu'on a un projet pour la France. Nous gagnerons contre Sarkozy si la gauche a une vision.» Ségolène Royal appréciera. Cet après-midi, c'est Lionel Jospin qui devrait livrer une nouvelle charge anti-Royal.


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