Hongrie: les socialistes font front

Publié le par SDJ 30

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Par Géza MOLNAR 
 
Les socialistes hongrois faisaient front lundi autour de leur Premier ministre contesté, alors que les rassemblements de droite et d'extrême droite paraissaient devoir durer jusqu'aux élections municipales de dimanche prochain, dont l'enjeu politique grandit.

Une nouvelle manifestation a réuni jusqu'à 6.000 personnes devant le parlement avant de se disperser avant minuit dans le calme.

Entamées il y a une semaine, les manifestations contre le gouvernement s'étaient poursuivies avec jusqu'à 8.000 personnes, réunies sans heurts dimanche soir devant le parlement, après après avoir culminé la veille avec 20.000 manifestants.

A moins d'une semaine des élections municipales du 1er octobre, les positions semblent figées de part et d'autre.

Lundi matin, la fraction parlementaire socialiste a assuré le Premier ministre Ferenc Gyurcsany de son soutien complet. Dénoncé pour avoir reconnu des mensonges sur son programme économique, celui-ci est déterminé à ne pas démissionner. Il a même annoncé dimanche sa détermination à devenir président du parti socialiste (MSZP) indépendamment du résultat des municipales qui risque de lui être défavorable.

"Nous n'envisagerions pas de le faire démissionner, et encore moins si la demande émane d'incendiaires", a souligné Ildiko Lendvai, présidente du groupe parlementaire des socialistes.

Seul le Parlement, où le MSZP dispose d'une majorité confortable avec son petit allié libéral, peut, constitutionnellement, démettre le chef du gouvernement.

Dans l'autre camp, l'opposition ne recule pas non plus d'un pouce. L'ancien Premier ministre Viktor Orban, chef de l'opposition de droite (Fidesz) qui soutient les manifestants, évoque un chef de gouvernement en sursis.

"Désormais il s'agit d'un Premier ministre uniquement d'un point de vue légal. Mais politiquement et moralement parlant, il n'existe plus", a lancé M. Orban dans une interview télévisé dimanche soir.

Après les manifestations pacifiques, des émeutes nocturnes provoquées par quelques centaines d'émeutiers avaient fait plus de 250 blessés à Budapest de lundi à mercredi dernier, et provoqué plus de 200 interpellations. Mais les manifestations se sont déroulées sans incident depuis.

Viktor Orban veut faire de ces élections un référendum pour ou contre la coalition de centre gauche reconduite au pouvoir en avril.

M. Gyurcsany a contre-attaqué dimanche en accusant M. Orban de "collusion" avec l'extrême droite, très présente dans les manifestations à Budapest.

"Je n'arrive pas à comprendre ce que peuvent faire des représentants de la droite hongroise en compagnie d'orateurs aux discours extrémistes, radicaux, anticonstitutionnels et xénophobes", a-t-il déclaré.

Plusieurs analyses dans la presse de droite ont repris les demandes d'orateurs d'extrême droite.

Les protestations avaient commencé le 18 septembre à Budapest après la diffusion de l'enregistrement d'une discussion à huis clos dans laquelle le Premier ministre reconnaissait avoir trompé le pays en lui cachant, pour remporter les élections législatives d'avril, un programme d'austérité qu'il a mis en oeuvre dès juin.

La Commission européenne devait approuver mardi le programme d'austérité de la Hongrie pour réduire de façon draconienne son déficit public, que lui a soumis le gouvernement ce mois-ci, selon une source européenne.

La Banque centrale de Hongrie a par ailleurs annoncé lundi un relèvement de 0,5 point de son taux directeur, à 7,75% contre 7,25%, en raison de risques inflationnistes et d'incertitudes politiques.


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