Présidentielle: accord au PS sur l'organisation des débats internes

Publié le par SDJ 30

medium_20060425.OBS8715.jpgLes partisans de Laurent Fabius, Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn ont eu gain de cause en obtenant mardi de la direction du PS des garanties face à Ségolène Royal pour une campagne "équitable" entre candidats à l'investiture socialiste pour 2007.
Un accord a été conclu au Bureau national (BN) entre "écuries présidentielles", prévoyant trois débats télévisés avec les candidats et, sans doute, trois autres devant les militants d'ici le vote des adhérents du parti le 16 novembre (puis le 23 en cas de second tour).
La favorite PS des sondages s'est toujours montrée hostile à des confrontations qui tourneraient à "l'affrontement".
La formule choisie exclut des empoignades directes. Après des mois de querelles, le BN a adopté à l'unanimité une "charte d'organisation du débat interne". Elle doit "garantir l'égalité entre les candidat(e)s, l'équité dans l'accès aux moyens logistiques, et la sérénité du débat", selon ce document.
Evoquant les débats qu'a décidés mardi soir d'organiser le bureau national du parti socialiste entre les candidats à l'investiture ,Ségolène Royal a déclaré: "j'irai". "Je ne veux pas qu'on dise +elle refuse les débats+", a-t-elle ajouté. "C'est un débat interne, c'est vrai, c'est une compétition normale, donc je préfère la positiver, mais c'est vrai que c'est un spectacle qui ne fait pas plaisir aux militants", a-t-elle souligné. "La droite n'a pas cette épreuve à traverser, de deux mois de débats internes, de votes", a-t-elle noté.
Fabiusiens et strauss-kahniens suspectaient le premier secrétaire François Hollande de favoriser la candidature de sa compagne, et de pousser les militants à choisir en fonction des sondages, où la domination de Ségolène Royal est écrasante. L'entrée dans la campagne interne de Lionel Jospin a fait basculer en leur faveur le rapport de forces. A la demande des fabiusiens, il est couché sur le papier que "les membres de la direction nationale s'imposeront à l'égard des candidats une stricte impartialité dans l'exercice de leurs fonctions nationales".
Proche de François Hollande, Stéphane Le Foll a affirmé que cette clause ne devait pas être comprise comme "une interdiction formelle de soutenir l'un ou l'autre des candidats" pour le premier secrétaire.
Seront organisés "trois débats télévisés retransmis en direct par des chaînes parlementaires", portant sur les questions économiques et sociales, les sujets de société et les questions internationales et européennes.
Le premier se tiendra le 10 octobre. Les candidats répondront à des questions de militants posées par internet, puis sélectionnées par une commission. Mais ils ne débattront pas directement entre eux, et il n'y aura pas de public. Si aucun candidat n'obtient 50% des voix le 16 novembre, un débat télévisé sera organisé entre les deux tours.
Sont aussi prévus trois grands débats régionaux sur le modèle de celui de Lens le 16 septembre. Aucun des débats ne devra tourner à l'affrontement, afin de "préserver l'intérêt général du parti" et rassembler, après le vote, tous les socialistes derrière le vainqueur et contre la droite.
Enfin, afin de faire cesser la controverse sur le vote des quelque 80.000 nouveaux adhérents, la liste électorale définitive sera arrêtée au plus tard le 16 octobre.
"Je suis content de cette conclusion unanime, six débats, trois débats, peu importe pourvu qu'on débatte", a déclaré M. Strauss-Kahn à l'issue de la réunion du BN.
Les "ségolénistes" se résignaient à cette issue. "Ce que le parti décide, ça nous va", a commenté Patrick Menucci, secrétaire national. Le numéro 2 du parti François Rebsamen, favorable à Ségolène Royal, avait exprimé à moult reprises des réticences à la tenue de débats publics, pour, affirmait-il, ne pas nuire au futur vainqueur.
A l'inverse, le jospiniste Eric Besson a salué "un bel accord qui préserve l'unité du parti et donne une vraie égalité des chances". Le député européen fabiusien Henri Weber s'est dit soulagé alors que "jusqu'a présent, le débat ne se faisait pas de façon équitable".

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