La primaire socialiste s'échauffe

Publié le par SDJ 30

medium_2117751821.jpgA mi-chemin de la campagne interne pour l'investiture, les présidentiables socialistes se retrouvent jeudi devant plusieurs milliers de militants parisiens, après un deuxième débat télévisé musclé.

Consacrée aux questions de société et aux institutions, la confrontation comparative a fait émerger mardi des clivages très nets entre les postulants. Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ont attaqué de concert plusieurs mesures prônées par Ségolène Royal, dénonçant tout particulièrement les jurys de citoyens.

L'ancien ministre de l'Economie s'est élevé contre un projet de société basé sur la "suspicion généralisée" et l'ancien Premier ministre l'a accusée de "faire le lit de l'extrême-droite".

Face à ces attaques, la présidente de la région Poitou-Charentes n'a rien renié de sa proposition, soulignant même que l'idée était en application dans sa région depuis quatre ans.

Pour ses partisans, non contente de faire la course en tête dans les sondages, Ségolène Royal "donne le ton" et "mène la danse" alors même qu'elle craignait, avant le début de la compétition officielle, que ces débats ne soient une "machine à perdre".

"Qu'aurait-on lu dans les journaux ce matin si Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius n'avaient pas donné leur avis sur les jurys, la carte scolaire ou l'encadrement militaire", tempête Claude Bartolone, bras-droit de l'ancien Premier ministre, qui a vu mardi soir un "mauvais oral de rattrapage" de Ségolène Royal.

"Les militants veulent gagner, d'accord. Mais ils commencent à se demander sur quelles propositions, ils s'interrogent", analyse le député de Seine-Saint-Denis, démentant que Laurent Fabius, toujours bon dernier des sondages, soit en train de jouer "son va-tout" à trois semaines du vote des militants, le 16 novembre.

"Le 16 au soir on aura un perdant. Le 23 (date d'un éventuel second tour) on aura un gagnant. Pas avant!", confirme Christophe Borgel, l'un des proches de Dominique Strauss-Kahn.

Selon le décompte des Strauss-Kahniens, seul un dixième du temps de parole du débat de mardi a été consacré aux trois propositions controversées de Ségolène Royal.

En parallèle, sur chacun des grands thèmes, l'ancien ministre de l'Economie a fait des propositions concrètes "qui peuvent tout changer" comme le "patrimoine de départ" pour étudiants défavorisés, se félicite Christophe Borgel.

Devant l'engouement suscité par cette primaire inédite, la rencontre de jeudi prévue dans la salle de La Mutualité se déroulera finalement au Zénith, qui peut accueillir près de 5.500 personnes assises.

Au total, les huit fédérations socialistes de la région parisienne comptent 43.000 militants. Plus de 150 journalistes ont été accrédités dont de nombreuses télévisions étrangères, même si le "débat" se déroulera de nouveau à l'abri des caméras.

Comme à Clermont-Ferrand la semaine dernière, le meeting fait l'objet de négociations de dernière minute entre les équipes de présidentiables. "On est dans l'impro totale", confie l'un des mandataires.

Après un propos liminaire de 15 minutes, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal devraient finalement répondre à trois questions identiques sur les banlieues, l'Europe et la précarité. Ils n'auront toujours pas le droit de s'interpeller. Officiellement.

Publié dans Actualité

Commenter cet article