L'élection de Royal relance la polémique entre sarkozystes et chiraquiens

Publié le par SDJ 30

medium_061120165513.izene7a40_le-premier-ministre-dominique-de-villepin-pose--leb.jpgL'élection dans un fauteuil de Ségolène Royal a relancé la polémique entre sarkozystes et chiraquiens sur la désignation du candidat UMP à la présidentielle, certains responsables de la majorité évoquant le spectre de la "machine à perdre".
Dominique de Villepin a donné le ton ce week-end, à quelques jours du bureau politique de l'UMP consacré, mercredi, aux modalités de désignation du candidat: alors que Nicolas Sarkozy a fait en sorte, depuis son accession à la tête de l'UMP fin 2004, d'apparaître comme le candidat naturel de son mouvement à l'Elysée, le Premier ministre laissait entendre dimanche que les jeux n'étaient pas faits.

 

"Rien n'est joué (...) Je ne crois pas que les Français soient entrés dans le choix présidentiel", a déclaré M. de Villepin.

Tout en disant qu'il fallait "respecter" le calendrier fixé par l'UMP (élection du candidat soutenu par l'UMP lors d'un congrès le 14 janvier), il ajoutait, sybillin: "nous ne sommes pas au bout du débat politique en ce qui concerne l'éventuel candidat de notre famille". Interrogé sur l'éventualité de deux candidatures issues de l'UMP à la présidentielle de 2007, M. de Villepin, volontairement évasif sur ses propres intentions depuis plusieurs mois, a refusé de répondre directement à une question de "politique fiction". "Nous verrons comment les choses se présentent au début de l'année", a-t-il dit, rappelant que le président Jacques Chirac "dira alors comment il voit son propre avenir".                                                                                                      

Le chef de l'Etat a répété la semaine dernière qu'il dirait "dans le courant du premier trimestre" 2007 s'il entendait briguer un nouveau mandat.

Lundi, le ministre villepiniste François Goulard (Enseignement supérieur) a donné sans pincettes son avis sur le président de l'UMP: Nicolas Sarkozy est "incapable d'admettre un avis différent du sien" et "se bloque dès qu'une autre voix se fait entendre", a-t-il déclaré dans Le Parisien.

M. Goulard dénonçait ainsi les sifflets qui ont ponctué jeudi l'intervention de Michèle Alliot-Marie devant le conseil national de l'UMP.

medium_061120165513.izene7a41_l-ancien-premier-ministre-edouard-balladur--inviteb.jpg"La machine à perdre est lancée", s'exclame un ministre interrogé par l'AFP. "Les chiraquiens sont en train de faire capoter la campagne de Sarkozy", assure-t-il sous couvert d'anonymat, estimant que "Chirac roule pour lui" car "il veut y retourner", autrement dit briguer un troisième mandat.

"Mais qui veut faire capoter la campagne en réalité? Les chiraquiens ou les villepinistes?", fait remarquer l'un de ses collègues au gouvernement, beaucoup plus circonspect quant aux intentions du chef de l'Etat. "Chirac n'exclut rien mais ça ne veut pas dire qu'il ira", tempère le même.

"S'il y allait, il donnerait l'impression d'être contre sa petite-fille" (Ségolène Royal, candidate officielle du Parti socialiste), observe ce ministre. Pour tenter de calmer le jeu au sein de leur parti, deux anciens Premiers ministres sont intervenus pour jouer les Sages.

"Je ne crois pas qu'il soit dans l'intérêt de la majorité de multiplier les piques, les objections, les critiques et les polémiques sur tous les sujets. C'est contraire à l'intérêt général", a déclaré Edouard Balladur, proche de Nicolas Sarkozy.

Quant à Alain Juppé, le chiraquien maire de Bordeaux, il a estimé "normal que nous discutions", en attendant le congrès du 14 janvier. Mais après, tout candidature issue de l'UMP autre que celle approuvée par les adhérents "serait une grave erreur" et "sans doute un risque de défaite", a-t-il mis en garde.

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