Une équipe de campagne resserée et paritaire

Publié le par SDJ 30

medium_9d.jpgSégolène Royal a choisi de s'entourer d'une équipe resserrée et paritaire de 15 personnes composée de fidèles pour mener sa campagne présidentielle, qui sera codirigée par l'ancien secrétaire général de l'Elysée Jean-Louis Bianco et le maire de Dijon et numéro deux du PS François Rebsamen au poste de directeurs de campagne.

Elle donne également des gages aux autres partis de gauche en nommant un membre du PRG et une ancienne militante Verte dans son premier cercle.

Des femmes, des jeunes, des 'minorités visibles' et des membres de partis de gauche : la garde rapprochée de la candidate socialiste, qu'elle a dévoilée mardi aux agences de presse, sera "une équipe resserrée, paritaire, avec tout l'éventail des âges, toutes les générations".

Ces 15 personnalités, pour la plupart peu connues du grand public, seront les "pilotes" de sa campagne présidentielle.

medium_article_15.jpgAux commandes, deux fidèles, François Rebsamen et Jean-Louis Bianco.
Pour la candidate, il est "très important" d'avoir une direction de campagne bicéphale "parce que c'est un travail considérable".

Maire de Dijon depuis 2001 et numéro deux du PS, François Rebsamen a fait ses armes au cabinet de l'ancien ministre de l'Intérieur Pierre Joxe.
Agé de 55 ans, cet expert de la géographie socialiste est un proche de François Hollande et Ségolène Royal.

Pour sa part, Jean-Louis Bianco, 63 ans, a été secrétaire général de l'Elysée sous François Mitterrand (1982-1991).
Il a été ministre des Affaires sociales (1991-92) et ministre de l'Equipement et du Logement (1992-93).
Il est député des Alpes-de-Haute-Provence, Président du Conseil général de ce même département et était l'un des trois porte-parole de Mme Royal durant la campagne interne du PS.

Autre fidèle, le porte-parole du PS Julien Dray est nommé chef de l'équipe des porte-parole.
Ancien président fondateur de SOS-Racisme, âgé de 51 ans, c'est un très proche du couple Royal-Hollande.
La liste complète des porte-parole sera annoncée en milieu de semaine prochaine et devrait comprendre Arnaud Montebourg et Gilles Savary, qui assuraient déjà cette fonction pendant la campagne interne.

Les heureux élus sont déjà prévenus : ils vont suer sang et eau. Il s'agit d'un engagement "quasiment à plein temps", a précisé la championne des socialistes.

Jean-Louis Bianco et François Rebsamen ont toutefois obtenu de pouvoir se rendre une journée par semaine dans leur fief (Digne et Dijon).

Au passage, elle a observé qu'il ne s'agissait pas de "distribuer des postes", mais de faire "appel à l'ensemble des compétences".

Jack Lang, qui avait rallié la candidature de Ségolène Royal après la Toussaint, sera son "conseiller spécial", chargé des contacts internationaux ou de l'organisation d'événements.

Les femmes occupent des places de choix dans l'état-major.
On y trouve la maire du IVe arrondissement de Paris et féministe Dominique Bertinotti ; la vice-présidente de la délégation de l'Assemblée aux droits des femmes Danielle Bousquet ; l'ex-ministre des Droits de la femme Yvette Roudy ; et Safia Otokoré, chargée des sports au PS, d'origine djiboutienne.

Cerise sur le gâteau, Mme Royal a débauché la jeune chef du bureau des élections du ministère de l'Intérieur, Camille Putois.

La "gazelle" donne aussi des gages au reste de la gauche.
Sont ainsi intégrés à l'équipe le délégué général du Parti radical de gauche Yvon Collin et l'écrivain et ex-militante Verte Aurélie Filippetti.

Le PS sera associé "étroitement" à cette équipe "volontairement restreinte".

Ségolène Royal va en effet s'appuyer sur un "conseil politique" composé de l'ensemble des membres du bureau national du PS et élargi à des membres du PRG.

"Tout le monde s'y retrouve : les anciens compétiteurs et tout le parti dans sa variété", a-t-elle souligné.

Présidé par François Hollande, le "BN" comprend en effet tous les courants du PS, ainsi que Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn eux-mêmes.

Enfin, les élus locaux du PS sont mis à contribution.
Les deux présidents des groupes parlementaires Jean-Marc Ayrault (Assemblée) et Jean-Pierre Bel (Sénat) sont chargés de mettre députés et sénateurs en mouvement et de les faire travailler sur des projets de loi dont Mme Royal veut disposer dès son arrivée au pouvoir si elle est élue en mai.

Elle compte aussi sur les présidents de région, de départements et maires du PS pour organiser des forums participatifs.

La composition de cette garde rapprochée était l'objet de toutes les supputations depuis plusieurs jours.
La candidate, elle, n'y voit qu'un "événement banal". "Ce n'est pas la nomination d'un gouvernement", s'amuse-t-on dans son entourage.

Le siège de la campagne sera celui du PS rue de Solférino, mais sera complété par des locaux de 300m2 boulevard Saint-Germain, dans le VIe arrondissement de Paris.

Ségolène Royal devait se rendre mercredi matin au siège du PS pour y saluer les permanents du parti.

"Je fais (la campagne, NDLR) à mon image, à ma façon", a-t-elle conclu. Et de préciser qu'elle ne se "compare pas à la campagne de Lionel Jospin" en 2002.

Le dispositif choisi par Royal s'inspire des méthodes de François Mitterrand : une petite équipe liée au parti.
Elle tourne surtout le dos à la stratégie de Jospin en 2002.
Tenant son parti à l'écart, l'ex-Premier ministre avait créé son propre lieu, l'Atelier, à l'autre bout de Paris.
Un épisode qui a laissé de très mauvais souvenirs au PS.
 
"Je ne me positionne pas par rapport à ça et je n'ai jamais émis de critiques", a-t-elle cependant clarifié.
 
La petite antenne présidentielle de Ségolène Royal emménagera boulevard Saint-Germain, juste à côté du siège du PS, rue de Solférino, qui sera officiellement son QG de campagne. «Il y aura beaucoup de transhumance entre les deux», assure un proche de la candidate.
 
Outre son équipe, Ségolène Royal s'appuiera sur le PS, où François Hollande revendique le «premier rôle» dans la campagne (Libération du 6 novembre).
Tout en menant une campagne décentralisée dans les régions. Et sans négliger les élus, dont les présidents des groupes socialistes au Sénat et à l'Assemblée, Jean-Pierre Bel et Jean-Marc Ayrault, ne sont pas dans la liste d'hier.


Nicolas Cadène

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Jean 29/11/2006 15:59

C'est une équipe pas inintéressante...Merci de cette bonne synthèse Nicolas.