Candidature de Sarkozy : "Un spectaculaire non-évènement"

Publié le par SDJ 30

Comme Jacques Chirac en 1995, Nicolas Sarkozy a choisi la presse régionale, média de proximité par excellence, pour déclarer officiellement sa candidature à l'élection présidentielle.

Mais l'opération de communication du président de l'UMP a connu un couac avec la publication dès mercredi soir par "Libération" du contenu de l'entretien sur le site Internet du quotidien.

Nicolas Sarkozy était conscient de l'importance de ne pas rater ce rendez-vous, qui s'est révélé fatal à beaucoup de candidats. On se souvient des dorures de Matignon derrière Edouard Balladur en 1995 ou du fax de Lionel Jospin en 2002.

Le président de l'UMP a donc cherché un moyen "efficace" d'annoncer sa candidature. "La question n'est pas d'être original, mais d'être efficace", confiait-il le 16 novembre dernier...

Il a donc choisi la presse quotidienne régionale plutôt qu'une annonce via un blog sur Internet, un moment évoquée, ou un déplacement dans un lieu symbolique. "La PQR est un média de proximité", a expliqué son entourage pour justifier ce choix.

Il s'agit d'une "nouvelle façon de faire de la politique", a justifié François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy. "On désacralise l'annonce de la candidature, cette espèce de réflexion un peu mystique".

M. Sarkozy n'a pas brillé par l'originalité puisque Jacques Chirac avait annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 1995 dans un entretien à la "Voix du Nord". Mais celui qui revendique la "rupture tranquille" a voulu s'adresser à tous les journaux en même temps afin de toucher le maximum de lecteurs.

L'entretien a donc été organisé avec la commission d'information du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR). Le SPQR réunit les 61 titres de la presse régionale et départementale, qui comptent 18,5 millions de lecteurs.

Il a été réalisé mercredi matin par six représentants des journaux, et communiqué ensuite en fin d'après-midi à l'ensemble des titres.

Mais cette opération de communication a connu quelques ratés. Vexés de ne pas avoir été conviés, plusieurs quotidiens ont décidé de ne pas publier l'entretien, dont "Sud-Ouest", selon un journaliste de ce quotidien.

"Le SPQR n'impose rien. Les journaux font ce qu'ils veulent", a répondu Bruno Hocquart de Turtot, directeur général du SPQR.

De son côté, l'entourage du candidat renvoyait la responsabilité sur le SPQR, qui a "choisi" les journalistes chargés d'interroger M. Sarkozy. "On ne pouvait pas avoir 60 journalistes, ça aurait été une conférence de presse", a-t-on expliqué.

Surtout, l'embargo fixé à 2h du matin pour éviter la diffusion du contenu de cet entretien avant jeudi a été cassé par un quotidien national "Libération", qui l'a publié à 18h45 sur son site Internet.

Résultat, Nicolas Sarkozy aura annoncé sa candidature le jour du 74e anniversaire de Jacques Chirac, ce que son entourage affirmait ces derniers jours vouloir éviter à tout prix.

Ces adversaires ironisaient mercredi soir sur cette opération de communication. Porte-parole de Ségolène Royal, Gilles Savary a parlé d'un "spectaculaire non-événement".

"Nicolas Sarkozy est en campagne depuis déjà plusieurs mois et je ne vois pas ce que l'annonce de sa candidature apportera de plus, si ce n'est une occasion médiatique de plus de faire parler de lui", a estimé Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence de presse avant la déclaration de candidature du président de l'UMP. 



Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article