Première manifestation contre le gouvernement Prodi en Italie

Publié le par SDJ 30

medium_2457928010.jpgLa droite italienne a réussi samedi le pari de mobiliser des centaines de milliers de personnes pour "renvoyer Prodi à la maison", en présence d'un Silvio Berlusconi en pleine forme après son malaise de dimanche dernier.

"Nous voulons renvoyer à la maison un gouvernement qui détruit la confiance des citoyens en l'Etat, qui gaspille les ressources et réduit la liberté de tous", a lancé l'ancien chef du gouvernement à une foule acquise à sa cause.

Maniant le sourire bienveillant et l'air sérieux, le magnat des médias a assuré : "nous sommes ici pour empêcher la gauche d'appauvrir l'Italie moralement et matériellement".

De la lutte contre les communistes à l'exigence de recompter les bulletins des dernières législatives perdues avec un faible écart, de la famille catholique traditionnelle à la lutte contre les impôts, Silvio Berlusconi a évoqué tous les arguments chers à son électorat.

"Ils enlèvent à tous sans rien donner à personne", a martelé l'ancien chef du gouvernement italien qui jouait en partie son avenir politique avec cette manifestation.

Plus de 500 000 personnes ont participé au rassemblement, selon le site internet du quotidien La Repubblica.

"C'est la plus grande manifestation de l'après-guerre", a affirmé dans un communiqué le comité organisateur, assurant que 2,2 millions de personnes y avaient participé. La préfecture de police de Rome a refusé de donner une estimation.

La place San Giovanni, devant la basilique Saint-Jean de Latran, lieu traditionnel des manifestations de la gauche, était parsemée de banderoles portées par des manifestants en majorité assez âgés, où l'on pouvait lire "Faucille et marteau : rien dans le cerveau" ou "Liberté! liberté!".

"Je suis un retraité de l'Etat et je touche 20 000 euros par an. J'ai une Fiat Panda et ils (le gouvernement de gauche de Romano Prodi, ndlr) ont augmenté les taxes sur la voiture. Le problème de ce gouvernement, c'est les impôts", a déclaré Lillo Lauretti, 56 ans, un habitant de Frosinone, dans les environs de Rome.

"Je suis anti-communiste et je ne désire pas rester silencieux face à ce gouvernement qui veut nous faire plier sous les impôts. L'Etat italien doit maigrir et le budget ne prévoit pas assez de coupes dans les dépenses publiques, mais je n'étais pas non plus satisfait par le précédent gouvernement", a dit Giovanni, 41 ans, éleveurs de bovins de la région de Rome.

Le succès de ce rassemblement garantirait à M. Berlusconi le maintien à la tête de la coalition de droite de trois partis, le sien, Forza Italia, Alliance Nationale (AN, droite conservatrice) et la Ligue du Nord, le parti populiste d'Umberto Bossi. Les démocrates-chrétiens de l'UDC avaient refusé de ce joindre à cette manifestation, organisant leur propre rassemblement en Sicile.

"Nous voulons retourner au gouvernement le plus rapidement possible afin d'achever le travail que nous avons bien fait pendant cinq ans", a déclaré M. Berlusconi, 70 ans, en concluant son discours...

Son adversaire politique, Romano Prodi, est en chute dans les sondages, critiqué pour son projet de budget 2007 qui s'appuie notamment sur des hausses d'impôts pour assainir les finances publiques. Son gouvernement s'est retrouvé à plusieurs reprises en grande difficulté au Sénat, où il ne compte qu'une voix d'avance sur l'opposition (157 contre 156).

"Les décisions prises par le gouvernement sont dans l'intérêt de tous les Italiens, y compris de ceux qui manifestent aujourd'hui. Les conséquences positives seront visibles dans quelques mois", a rétorqué M. Prodi depuis Bologne (centre-nord), selon l'agence Ansa.

Publié dans Actualité

Commenter cet article