La Finlande a ratifié la Constitution européenne

Publié le par SDJ 30

medium_061205151518.6mvcqjds1_le-drapeau-de-l-union-europeenne--au-parlement-eurb.jpgLa Finlande, qui assume la présidence tournante de l'UE jusqu'au 31 décembre, a voulu envoyer un message fort aux 25 Etats membres en ratifiant mardi la Constitution européenne à trois semaines du début de la présidence allemande qui doit relancer la réforme des institutions.
 
Le pays nordique est devenu mardi le 16e Etat membre de l'Union européenne à ratifier le projet de Traité constitutionnel censé faciliter le fonctionnement de l'Union élargie à 25 et préparer tout futur élargissement.
 
"Le résultat était attendu mais j'en suis très satisfait", a réagi le Premier ministre Matti Vanhanen, qui se trouvait à Bruxelles et qui n'a donc pu prendre part au scrutin.
 
"Le traité constitutionnel était un tout équilibré. Une réforme dont l'Europe a besoin", avait-il déclaré avant le vote dans un discours devant des parlementaires européens.
 
Répondant aux tenants d'un nouveau traité a minima, il s'est prononcé contre un "découpage" du texte : "Les différentes parties du traité constitutionnel forment un ensemble qu'il est difficile de fractionner. Un découpage du traité n'est pas une alternative", selon lui.
 
Le vote des députés finlandais a une portée exclusivement symbolique car le document, qui doit être impérativement ratifié par l'ensemble des 25 pays membres de l'UE, n'entrera probablement jamais en vigueur en l'état.
 
Mais la Finlande entendait envoyer un signal fort avant la relance des discussions sur la réforme des institutions européennes prévue sous présidence allemande au premier semestre 2007.
 
Dans un communiqué, la Commission européenne s'est réjouie mardi du vote des députés finlandais qui illustre, selon elle, "le soutien des Finlandais à une Union européenne plus démocratique, transparente et efficace".
 
Comme pour rendre le message plus net encore, les députés finlandais ont approuvé le texte à une écrasante majorité de 125 voix pour et 39 contre.
 
Et ce à la veille de la fête nationale du pays nordique : le 6 décembre 1917, la Finlande, alors Grand-Duché russe, déclarait son indépendance.
 
Le projet de traité constitutionnel européen a été mis en veille après son rejet par les électeurs français et néerlandais lors de référendums organisés en 2005, et Paris et La Haye ont exclu de représenter le même texte au suffrage.
 
En juin 2006, le Conseil européen a décidé de se donner deux ans, entre le début 2007 et la fin 2008, date de la fin de la présidence française de l'UE, pour dégager une solution sur la Constitution.
 
L'Allemagne entend relancer très rapidement les consultations, dont la chancelière allemande Angela Merkel rendra compte au Conseil européen de juin 2007.
 
A ce jour, sept pays ont reporté sine die ou suspendu leur processus de ratification : le Royaume-Uni, la Pologne, le Portugal, le Danemark, l'Irlande, la Suède et la République tchèque.
 
Au cours des six derniers mois, Helsinki a mené auprès de ses partenaires des consultations dont rien n'a filtré.
 
Le chef du gouvernement finlandais fera à ce sujet une courte communication orale lors du Conseil européen des 14 et 15 décembre à Bruxelles.
 
"Nous avons discuté aussi bien des moyens de continuer (le processus de ratification, ndlr) que du contenu du traité.
 
Il n'y a aucune solution clé en main, mais la plupart des pays ont commencé à réexaminer le traité au niveau national", a déclaré M. Vanhanen mardi devant des parlementaires européens.

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