Ségolène Royal veut une BCE "soumise à des décisions politiques"

Publié le par SDJ 30

medium_2919784671.jpgLa candidate socialiste à la présidence française, Ségolène Royal, accueillie comme une star par les socialistes européens réunis jeudi en congrès à Porto, au Portugal, a affiché sa volonté de "remettre l'Europe en mouvement".

"J'ai besoin de vous", a-t-elle lancé d'emblée à ses pairs européens après une entrée scandée par les applaudissements dans la salle voûtée des anciennes douanes du port de Porto, où se tient le congrès.

Le Premier ministre portugais, José Socrates, lui a offert une gerbe de roses rouges avant de lui lancer: "Nous avons la nostalgie de la France". "Nous te soutenons tous, Ségolène", a-t-il dit en portugais avant de s'exclamer en français: "Bonne chance".

Avant M. Socrates, le président du PSE, le Danois Poul Nyrup Rasmussen, et celui du groupe socialiste au Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, avaient également prodigué leur voeux de succès à la candidate.

Cette dernière a insisté sur son engagement socialiste et a promis, si elle est élue, "de participer à chaque réunion des leaders socialistes avant les sommets européens et les grandes conférences internationales".

Elle a également demandé jeudi devant le Congrès du Parti socialiste européen réuni à Porto que la Banque centrale européenne (BCE) soit "soumise à des décisions politiques".

"Ca n'est plus à M. (Jean-Claude) Trichet (président de la BCE) de commander l'avenir de nos économies, c'est aux dirigeants désignés par les peuples", a lancé la dirigeante socialiste.

"Cela suppose aussi que la Banque centrale européenne soit soumise à des décisions politiques", a ajouté Mme Royal. L'actuel traité régissant l'Union européenne garantit l'indépendance de la BCE et lui assigne comme "objectif principal (...) de maintenir la stabilité des prix" en Europe.

"Je veux aussi, si je suis élue remettre l'Europe en mouvement, lui redonner un souffle, redonner un espoir aux socialistes européens et aux 16 pays qui ont ratifié la Constitution" européenne, a promis la candidate française.

L'Union européenne s'élargissant - la Bulgarie et la Roumanie feront leur entrée dans l'Union le 1er janvier 2007 - elle a d'autant plus besoin de règles, a expliqué Ségolène Royal.

Elle a plaidé pour la construction de "l'Europe des gens, qui réussit à lutter contre le chômage, contre la vie chère et contre toutes les formes de précarité".

"Mais aussi il nous faut construire l'Europe de la matière grise, de l'intelligence, des qualifications, l'Europe de la recherche, de l'environnement et de l'après-pétrole."

medium_SGE.THL01.071206194001.photo01.photo.default-512x345.jpgFrançois Hollande a estimé que c'était "un moment important, car l'élection présidentielle ne concerne pas seulement la France, mais aussi l'Europe, au moment où il y a un manque de leadership avec un Tony Blair en fin de mandat (en Grande-Bretagne), une Angela Merkel dans une grande coalition (en Allemagne), un Romano Prodi qui débute (en Italie)".

Arrivé dans le même avion que Mme Royal, M. Hollande s'est peu éloigné de la candidate lors de cette première journée de congrès, attendant à l'entrée de la salle où elle menait des entretiens bilatéraux, confortant sa stature internationale.

Outre le leader druze libanais Walid Joumblatt, Mme Royal a rencontré le Premier ministre bulgare Sergueï Stanichev, le président des députés européens socialiste Martin Schultz, le Premier ministre portugais José Socrates, le président du Parti démocrate américain Howard Dean, et la jeune dirigeante du Parti socialiste danois Helle Thorning-Schmidt.

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Lutin :0016: 10/12/2006 00:27

Pour une fois qu elle a raison