Gel partiel des négociations : La Turquie accuse l'Union d'avoir cédé à la pression des Chypriotes

Publié le par SDJ 30

medium_061212124750.69kb42yz0_le-premier-ministre-turc-recep-tayyip-erdogan---anb.jpgLa Turquie ne cédera pas à la pression des Chypriotes grecs qui réclament d'Ankara des mesures unilatérales pour résoudre la crise et reproche en revanche à l'Union européenne d'avoir cédé, selon le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, mercredi.

"L'UE a une nouvelle fois reculé" devant les décisions à prendre, a déclaré Namik Tan au cours d'un point de presse hebdomadaire. "Nous n'acceptons pas que l'UE cède à la pression, particulièrement la pression des Chypriotes grecs".

"Il est hors de question que la Turquie prenne des mesures unilatérales" en vue de l'ouverture des ports et aéroports aux Chypriotes grecs, "à moins que l'isolement des Chypriotes turcs soit levé", a-t-il ajouté. "Nous ne céderons pas à la pression des chypriotes grecs".

Namik Tan a estimé que l'Union européenne hésite à prendre des mesures fortes pour régler la crise, et juge que la solution à long terme ne pouvait venir que de l'ONU: l'Union européenne ne peut pas fournir "la formule adéquate pour une solution globale", a-t-il ajouté, faisant écho aux propos dans le même sens tenus la veille par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

"Notre ligne là dessus n'a pas changé, et ne changera pas. Nous surveillerons de près la décision de lever l'isolement", a-t-il dit, exhortant l'UE à se pencher à nouveau sur ses relations avec la Turquie et à mieux évaluer l'importance stratégique du pays.

 

medium_1425831296.jpgAuparavant, Jose Manuel Barroso avait jugé équitable la décision de l'Union européenne de geler partiellement les négociations d'adhésion avec la Turquie.

Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq se sont entendus lundi pour geler huit des 35 chapitres de la négociation engagée avec Ankara, mais les plus importants.

La Turquie avait alors réagi en qualifiant la décision d'"injuste". Le président de la Commission européenne, qui était interrogé sur l'antenne de LCI, estima au contraire qu'il s'agissait "d'une décision crédible et équitable".

"Parce que d'une part elle (l'UE) donne un signe très fort aux Turcs qu'il faut bien sûr respecter ses obligations et en même temps elle ne veut pas geler le processus", a-t-il dit.

La Commission européenne avait fait savoir mardi que cette décision était "saine et claire".

"Les autorités turques l'ont pris comme un signe très fort", a poursuivi Jose Manuel Barroso qui s'exprimait en français.

"Ce n'est pas seulement la non-ouverture de huit chapitres, c'est la décision de ne fermer aucun chapitre des 35 avant le respect par la Turquie de toutes ses obligations".

"C'est un signe fort, mais un signe qui ne veut pas fermer la porte à la Turquie (...) L'ultimatum, ce n'est pas le langage que l'on veut utiliser", a-t-il conclu.

 

Nicolas Cadène

Publié dans Europe

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