Face à Nicolas Hulot, Ségolène Royal se veut "visionnaire"

Publié le par SDJ 30

medium_061212193102.mmti6ejo0_segol-ne-royal-serre-la-main-de-nicolas-hulot--le-b.jpgPeut mieux faire : c'est en substance le message qu'a adressé mardi Ségolène Royal à Nicolas Hulot, venu discuter avec elle des dix objectifs et cinq mesures de son pacte pour l'environnement. Se présentant comme "visionnaire" sur le sujet, la candidate a annoncé qu'elle signerait ce pacte tout en revendiquant des "nuances" et en affichant son intention de le "compléter".

La candidate du PS s'est défendue de chercher à obtenir le soutien du très populaire fondateur d'Ushuaïa. "Il est libre", "je ne suis pas dans un calcul politique", a-t-elle assuré.

Si Ségolène Royal et Nicolas Hulot ont constaté des points de convergence sur le pacte, aucun accord n'est de fait intervenu en vue d'un éventuel soutien. "Il y a un certain nombre de points qui méritent encore d'être travaillés", a exposé l'animateur à l'issue. "Il n'y a pas convergence sur tout", "on s'appelle bientôt".

La championne du PS a indiqué qu'elle signerait le pacte, comme plusieurs autres candidats à l'Elysée. Mais elle n'entend pas s'en contenter et a affiché sa volonté de le "compléter". "Sur ces questions environnementales, il faut être visionnaire". Ancienne ministre de l'Environnement et très active dans sa région Poitou-Charentes, elle a revendiqué sa "crédibilité" sur le sujet. "Ça fait quinze ans que j'agis pour l'environnement", a souligné celle qui veut faire de la France le "pays de l'excellence environnementale".

A cet égard, elle a discrètement renvoyé dans les cordes son rival de l'UMP Nicolas Sarkozy, qui a récemment dévoilé ses pistes en matière d'écologie.

"Il y a vraiment un recul du gouvernement actuel en matière environnementale, qui ne le rend absolument pas crédible si aujourd'hui un membre quelconque de ce gouvernement prend des engagements sur l'environnement", a-t-elle tancé.

Revenant aux cinq mesures concrètes du pacte de Nicolas Hulot, elle a émis des doutes sur son idée de "taxe carbone". Il ne faut pas "augmenter systématiquement les impôts sur les énergies fossiles" pour ne pas fragiliser le pouvoir d'achat, a-t-elle jugé, refusant toute "démarche punitive" en matière d'environnement.

Son credo : mieux vaut "encourager" les comportements vertueux en baissant la TVA ou en promouvant les transports collectifs.

Elle s'est montrée dubitative sur l'idée de charger un vice-Premier ministre du développement durable car "il ne faudrait pas tomber dans des annonces artificielles ou démagogiques". Et a estimé que si un tel poste était créé, il faudrait parallèlement un vice-Premier ministre "chargé de la question sociale et de l'emploi".

Enfin, elle a proposé plusieurs "compléments" au pacte de Nicolas Hulot. Elle s'est notamment engagée à conditionner les permis de construire au respect de normes environnementales dans les nouveaux bâtiments. Elle a également proposé un "plan national de grands travaux sur l'isolation des bâtiments anciens", qui permettrait selon elle de créer près de 450.000 emplois.


Nicolas Cadène

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