Ségolène Royal à l'écoute des catégories populaires

Publié le par SDJ 30

medium_061216171621.gme9zdcd1_segol-ne-royal--candidate-socialiste---l-election-b.jpgLe programme d'abord, la confrontation après : Ségolène Royal a donné samedi le coup d'envoi de la première phase de sa campagne, l'organisation partout en France de débats participatifs jusqu'au début février, qui va lui permettre d'élaborer son programme présidentiel. Son objectif : écouter les revendications des catégories populaires pour les ramener dans le giron électoral du PS.

"La responsabilité des socialistes et des militants de gauche, c'est de ramener vers eux le vote populaire. Il est là l'enjeu de l'élection présidentielle et nulle part ailleurs et donc la façon dont nous allons faire campagne, dont nous allons nous adresser aux Français les plus éloignés du militantisme politique, va compter énormément dans leur reconquête", a-t-elle lancé à ses troupes lors d'un séminaire de travail du PS à La Défense (Hauts-de-Seine), ouvert à des cadres du PRG et du MRC, formations qui l'ont récemment ralliée.

La candidate socialiste a brandi le risque que ces électeurs se réfugient dans un vote extrême. "L'état de la France n'est pas bon. Il y a de multiples fractures, il y a de multiples ruptures, il y a une montée des brutalités et des violences" et "parallèlement, on voit monter une forme de crédibilité du Front national", s'est-elle inquiétée. A preuve, elle a évoqué un "sondage terrible" diffusé cette semaine sur l'adhésion croissante des Français aux idées du FN.

"L'enjeu de cette campagne, c'est de raccrocher les Français qui décrochent vers le mouvement de la France qui avance, et si on arrive à faire ce lien et à être crédibles dans les propositions que nous ferons, à ce moment-là les gens nous feront confiance", a-t-elle assuré, citant "les Français de plus en plus nombreux qui travaillent et qui sont obligés d'emprunter pour boucler les fins de mois". Elle avait rencontré vendredi le président d'Emmaüs France Martin Hirsch.

Pour y parvenir, elle a invité ses troupes à organiser jusque début février des débats participatifs dans toute la France. Et a profité de cette réunion intitulée "Réussir un débat participatif" pour leur remettre un "kit de campagne" en guise de mode d'emploi. Pour attirer dans ces réunions des Français "qui ne sont jamais venus dans une campagne", elle a conseillé à ses soutiens d'être "imaginatifs". Ainsi veut-elle des débats "ludiques", "gais", avec "de la culture", "de la poésie", voire "des intermittents du spectacle".

Pour autant, "ce travail est un travail sérieux. Ce n'est pas un truc en l'air. C'est quelque chose qui va nous obliger", a-t-elle averti. "Demain, quand nous gouvernerons, nous ferons le même effort de sérieux et d'attention". Pas moins de 20% du financement de la campagne présidentielle du PS seront ainsi consacrés à ces débats.

Après cette phase d'échange avec les Français, le PS établira en février une "hiérarchie" de leurs "priorités" et puisera les "idées nouvelles" qui se seront dégagées. Une réunion de "restitution" des débats sera organisée par le parti le 4 février. Ségolène Royal finalisera alors ses promesses électorales. Manière de se démarquer de l'UMP: "l'idée, ce sera de dire: 'mon projet présidentiel, je l'ai construit avec les Français'". Elle-même n'hésitera pas à mouiller sa chemise ensuite en allant "sans doute dans tous les départements".

Cette première phase est "essentielle" car elle "va nous conduire à la victoire si elle est bien faite", a-t-elle assuré, installée derrière un pupitre surmonté de son slogan, "Pour que ça change fort".

Un strict calendrier confirmé par François Hollande, pour qui la campagne ne démarrera que le "15 janvier". "Il n'y a que trois mois" et "dès lors il faut concentrer notre mobilisation sur deux phases", a-t-il déclaré. La "première, c'est la phase de consultation", jusqu'à "la mi-février". Viendra ensuite la "phase de la confrontation" où "nous serons dans un contre-la-montre", a souligné le Premier secrétaire du PS. "Il faut respecter ces deux temps et ne pas engager nos forces avant l'heure".

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