Euro: la Slovénie, europhile, renforce son intégration à l'UE

Publié le par SDJ 30

medium_061222151221.72a0jmko0_le-premier-ministre-slov-ne-janez-jansa-lors-d-uneb.jpgLa Slovénie, confiante dans sa réussite, compte sur l'adhésion à l'euro le 1er janvier pour se rapprocher du groupe des pays les plus avancés de l'Union européenne et prépare déjà sa présidence de l'UE dans un an.

Pour la Slovénie, la monnaie unique ne sera "pas seulement importante pour l'économie", a estimé Janez Jansa, le Premier ministre social-démocrate, dans un entretien cette semaine à Ljubljana: "nous comptons aussi sur des avantages psychologiques: faire partie de la zone euro signifie (...) que nous nous rapprochons des zones les plus développées de l'UE".

Pour Ljubljana c'est aussi une étape avant l'appartenance à l'espace de sécurité Schengen en décembre 2007.

Premier des nouveaux adhérents de 2004 à l'UE à se convertir à l'euro, la petite Slovénie - une ex-république yougoslave de deux millions d'habitants - est bien préparée et ne s'attend pas à des hausses de prix sensibles après janvier, a souligné le Premier ministre, en réponse aux craintes de certains concitoyens.

"Le gouvernement a introduit le double affichage des prix (en tolars et euros) en mars dernier et nous le maintiendrons pendant six mois. Les gens n'achèteront pas là où il y a hausse des prix significative", a-t-il dit en soulignant la faiblesse de l'inflation (2,3% sur un an à fin novembre, avec une baisse de 0,8% en octobre). La croissance du PIB tourne autour de 5%.

Personalité charismatique de 48 ans, Janez Jansa, un des héros de la brève guerre d'indépendance de la Yougoslavie communiste en 1991, puis ministre de la Défense, dirige une coalition de centre droit avec son parti Démocratique de Slovénie (SDS) depuis novembre 2004.

La Slovénie, un des pays les plus europhiles, rejoint la Grèce et se rapproche de la moyenne de pouvoir d'achat l'UE (82/100) par habitant, selon l'enquête Eurobaromètre.

Il a mentionné "l'éthique du travail" et la fiabilité des Slovènes, héritées d'une longue appartenance à l'empire d'Autriche.

L'entrée dans l'euro va aussi "donner confiance pour les réformes" à venir, a déclaré le Premier ministre. Une réforme fiscale va entrer en vigueur avec notamment une baisse de la taxe sur les entreprises de 25 à 20% et de l'impôt sur le revenu.

Il a aussi confirmé que son gouvernement, recherchant plus d'investissements étrangers, relancerait les privatisations en 2007, "surtout dans le secteur énergétique, l'acier, les télécommunications et la banque", où l'Etat ne gardera que 25% dans la Ljubjanska Banka et la NKBM.

La part du secteur public reste élevée en Slovénie, à l'instar du premier groupe de distribution Mercator, des banques ou des télécommunications.

D'autre part, M. Jansa a indiqué que son pays préparait déjà sérieusement la présidence européenne au 1er janvier 2008 en concertation avec les deux pays à la tête de l'UE l'an prochain, Allemagne et Portugal.

Ecartant les doutes sur les capacités de la Slovénie, il a assuré: "nous aurons assez de fonctionnaires. C'est un grand défi pour un petit pays", mais d'autres, comme le Luxembourg, ont réussi dans le passé et les Slovènes peuvent compter sur l'aide d'autres pays.

Citant comme priorités "la stratégie énergétique" de l'UE, une politique d'immigration commune et l'innovation et la recherche, le Premier ministre a aussi mis l'accent sur la vocation européenne des autres ex-républiques yougoslaves.

"Nous tentons d'encourager les forces démocratiques, en particulier en Serbie", a-t-il dit.

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