Ségolène Royal dénonce les "manoeuvres" de la droite pour "escamoter" le débat

Publié le par SDJ 30

medium_132877488.jpgDans une allusion à l'affaire des RG et aux polémiques qui dominent le début de la campagne, Ségolène Royal a montré du doigt jeudi soir à Grenoble les "pièges" et "manoeuvres" de la droite pour "dévoyer" et "escamoter" le débat. Elle s'en également prise aux "médias amis du pouvoir" qui "relaient tous les coups".

"Je n'accepterai pas que le débat soit dévoyé, escamoté par le jeu de pièges, de manoeuvres subalternes, de harcèlements injurieux ou illicites", a lancé la candidate du PS lors d'un débat participatif sur la jeunesse, devant plusieurs milliers de personnes qui scandaient "Ségolène, présidente!". "Le combat ne sera pas facile", a-t-elle admis.

Elle s'en est prise aux "médias amis du pouvoir", sans les nommer. Ils "se demandent tous les jours si je vais tenir" et même s'il faudrait changer de candidate, a-t-elle protesté, alors qu'elle affronte une série de mauvais sondages. "Ces médias amis du pouvoir, qui relaient tous les coups, tous les pièges, toutes les chausse-trapes, je leur dis ce soir qu'avec vous, nous n'avons pas peur et que nous resterons debout!".

Elle a dénoncé au passage le "vrai-faux nouveau contrat de travail" proposé par Nicolas Sarkozy, "qui n'est rien d'autre que le CNE (contrat nouvelles embauches, NDLR) ou le CPE (contrat première embauche, NDLR) généralisé".

Dénonçant ensuite les projets du "candidat de l'UMP" pour les jeunes, elle l'a accusé de promouvoir une "société du tous contre tous et du chacun pour soi". "Il y a ceux qui pensent que les jeunes sont un problème, qui n'en parlent qu'en termes de délinquance, qui ne cessent de les stigmatiser. Moi, je pense que les jeunes ne sont pas un problème: ils sont la solution", a-t-elle lancé.

"Je ne veux pas d'un projet où la jeunesse est infantilisée, considérée comme une charge, voire comme une menace et même comme un danger", a-t-elle poursuivi. "Je veux, moi, une société qui vous fait confiance", a-t-elle plaidé devant de nombreux jeunes du MJS (Mouvement des jeunes socialistes) et de la "Ségosphère", les jeunes de son comité de soutien sur Internet.

"Le modèle que l'UMP propose à nos enfants face aux grandes transformations du monde peut se résumer à peu près à ceci: 'sois compétitif, ne pense qu'à toi et tais-toi'", a-t-elle accusé.


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Ségolène Royal annonce la mise en place avant le premier tour de l'élection présidentielle de "bourses tremplins" et "d'ateliers de la création" destinés aux jeunes dans les régions gérées par les socialistes.

La candidate présidentielle socialiste a également précisé ses projets d'allocation "d'autonomie du jeune adulte" et de logements mêlant jeunes étudiants et jeunes travailleurs.

Les présidents des régions socialistes ont annoncé jeudi la tenue, vendredi, d'une conférence de presse, chacun dans leur région, pour "valoriser les actions qu'ils conduisent en matière d'économie, de formation professionnelle et en faveur de la jeunesse".

A Grenoble, Ségolène Royal a précisé qu'ils saisiraient cette occasion pour annoncer, "avant même le premier tour", la création de bourses pouvant aller jusqu'à 10.000 euros et destinées à permettre aux jeunes "de créer leur première activité, leur premier projet de vie, leur premier emploi".

Les jeunes qui veulent créer leur entreprise pourront bénéficier du tutorat de chefs d'entreprises dans ces "ateliers de la création", qui sont installés en priorité dans les quartiers en difficulté.

"Je veux contribuer à vous offrir une perspective, je veux que nous bâtissions ensemble une nouvelle donne avec la jeunesse de France", a déclaré Ségolène Royal devant plusieurs milliers de personnes réunies à la patinoire de Grenoble.

"Je veux une France qui donne sa chance à tous les jeunes, à chaque jeune, pour qu'il puisse prendre sa part à la construction de notre destin commun", a-t-elle ajouté, répétant qu'elle souhaite mettre en place un "droit au premier emploi pour les jeunes diplômés et qualifiés".

Drapeaux "MJS" (Mouvement des jeunes socialistes) ou affichettes "Ségosphère" brandis à bouts de bras, la foule a ponctué les interventions de la candidate par les cris de "Ségolène présidente".

Ségolène Royal n'a pas précisé le montant de "l'allocation d'autonomie du jeune adulte", qu'elle destine à la fois aux jeunes étudiants et aux jeunes travailleurs, mais a annoncé que cette allocation aurait contrepartie.

"Pourquoi ne pas demander (aux étudiants qui la perçoivent) du temps pour faire du soutien scolaire aux jeunes qui décrochent dans les collèges et dans les lycées ?" s'est-t-elle interrogée.

Pour répondre aux problèmes de logement des jeunes, Ségolène Royal s'est prononcée pour "une nouvelle génération de logements pour les jeunes étudiants, les jeunes travailleurs". "Cette responsabilité reviendra aux régions et l'Etat leur transmettra les moyens financiers qui leur permettront de monter très rapidement en charge", a-t-elle assuré.

Interrogée sur le service civil volontaire, la candidate a estimé que le sujet "reste à approfondir" et que "l'idée c'est de passer par l'intermédiaire des associations" humanitaires, environnementales ou sociales.

Quant au problème des stages, elle a assuré que "l'exploitation du jeune en stage, qui est jeté puis remplacé par un autre jeune (...) n'est plus une solution acceptable et la loi mettra de l'ordre juste dans ce domaine".

Pour ce déplacement, Ségolène Royal était notamment accompagnée de la députée de Guyane Christiane Taubira, de son directeur de campagne Jean-Louis Bianco, du président du MJS, Razzye Hammadi, ou de Bruno Julliard, président du syndicat étudiant Unef.

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"Je veux une France qui reconnaisse comme ses enfants légitimes tous ceux dont les familles sont venues d'ailleurs et qui sont aujourd'hui français à part entière", a-t-elle renchérit, dans un discours d'une cinquantaine de minutes concluant plus de 2H30 de débat.

Plusieurs dizaines de jeunes avaient au cours du forum évoqué au micro la discrimination, les stages non rémunérés et la difficulté à trouver un logement et du travail.

"L'ascenseur social reste bloqué au sous-sol et ne dessert plus les étages du haut, et le modèle que l'UMP propose à nos enfants face aux grandes transformations du monde peut se résumer à peu près à ceci -- +sois compétitif, ne pense qu'à toi et tais-toi+ -- est cela que vous voulez?", s'est écriée la candidate sous un tonnerre d'applaudissements.

Elle a ensuite pris à partie le ministre de l'Intérieur: "Je ne veux pas de cette société du +tous contre tous et du chacun pour soi+ qu'un autre nous prépare, je ne veux pas d'un projet où la jeunesse est infantilisée, considérée comme une menace, un danger".

Mme Royal a évoqué l'échec de la politique actuelle dans les banlieues: "on pourra envoyer tous les bataillons de police et de gendarmerie que cela n'y changera rien, par les mots de la provocation, rien n'est réglé".

"Je pense à Bouna, Zyed et Muhittin, aux jeunes électrocutés de Clichy et je dis à leur famille que nous n'aurons de cesse que la vérité soit connue dans la tragédie qui a pris leur vie au delà des mensonges du ministre de l'Intérieur".

Face au candidat de l'UMP qui se veut le candidat de la valeur travail, elle a déclaré: "ce sont les exonérations fiscales qui sapent la valeur travail, ce sont les rémunérations exorbitantes de certains patrons qui sapent la valeur travail, et je veux faire en sorte que le travail soit moins taxé que le capital".

Afin de participer à l'opération "cinq minutes de répit pour la planète", les lumières de la salle avaient été très fortement tamisées, entre 19h55 et 20h00.

Auparavant, Mme Royal avait rencontré pendant près de deux heures à la mairie de Grenoble 32 enseignants réunis par l'ancienne secrétaire nationale du syndicat enseignant SNES-FSU, la Grenobloise Monique Vuaillat. Cette dernière, qui s'était souvent opposée à l'ancien ministre de l'Education Claude Allègre, a précisé qu'elle n'avait pas rejoint l'équipe de campagne de Mme Royal mais qu'elle "avait une démarche contributive", sans donner de précision.

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