Ségolène Royal lance à Paris une offensive en règle contre la droite

Publié le par SDJ 30

medium_070206215753.6colkanj0_la-candidate-ps---la-presidentielle-segol-ne-royalb.jpgSégolène Royal est passée mardi à une offensive en règle contre la droite, se plaçant du côté "du peuple" face aux "conglomérats de la finance et des médias" qui soutiendraient Nicolas Sarkozy, lors d'un premier grand meeting à Paris devant des milliers de partisans.

En perte de vitesse dans les sondages, qui donnent régulièrement son rival UMP en tête, la candidate socialiste est apparue très déterminée à relever le gant, et convaincue de la justesse de sa campagne fondée sur la démocratie participative, malgré les interrogations qu'elle a suscitées.

"Je suis toujours là et bien là", la droite "je ne la crains pas", a lancé comme dans un défi à ses adversaires Ségolène Royal, portée par une salle comble (8.000 personnes selon les organisateurs) qui ne lui a pas mégoté ses acclamations dans une ambiance des grands soirs, avant la présentation dimanche de sa plate-forme présidentielle.

Toute la gauche qui la soutient était au rendez-vous : Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, Christiane Taubira (radicaux de gauche) et un parterre de personnalités du PS, allant de Dominique Strauss-Kahn, son ex-challenger dans la course à l'Elysée, à Henri Emmanuelli (gauche du PS), en passant par Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et les maires fabiusiens d'arrondissements de la capitale.
 
Le patron du PS à Paris, Patrick Bloche, avait donné le ton en dénonçant "la campagne détestable et haineuse de la droite contre notre candidate, cette droite des coups bas et des coups tordus".
 
Le maire de Paris Bertrand Delanoë a sommé "le candidat sortant" Nicolas Sarkozy de "rendre des comptes" de son action depuis cinq ans et d'"assumer ses amitiés politiques", citant Charles Pasqua, Patrick Balkany, Alain Carignon, qui tous ont eu des démêlés avec la justice.
 
Ségolène Royal a renchéri en s'en prenant à "ceux d'en face, à droite et dans leurs relais dociles dans les médias". Ils "m'avaient déjà congédiée, accablée de toutes les insuffisances et de toutes les impotences, vilipendée dans des publications sordides, à la Une d'hebdomadaires liés au pouvoir".
 
Selon Mme Royal, plus animée qu'à l'habitude dans sa gestuelle, "il y a sans doute un peu d'argent à gagner pour ces conglomérats de la finance et des médias, mais surtout, il y en a tellement à perdre si la gauche gagne les élections".
 
Parce que la bataille sera "dure", "j'ai voulu redonner la parole au peuple", a expliqué la candidate. "Je m'engage à ce qu'elle ne vous soit pas confisquée (...) Avec votre parole, j'élèverai la France".
 
medium_070206215753.6colkanj1_la-candidate-socialiste---la-presidentielle-segol-b.jpgRefusant que la campagne soit réduite à "un affrontement de deux personnes", Ségolène Royal s'est dite "décidée à assumer le clivage" droite-gauche, "car il oppose deux conceptions de la société".
 
Selon elle, M. Sarkozy est le candidat d'une droite "qui se bushise" et a "emprunté à la droite américaine du temps de la guerre du Vietnam et à la dictature brésilienne" lorsqu'il a affirmé : "s'il y en a que ça gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas".
 
Pour Mme Royal, la droite n'a qu'une obsession : "la défense de ses privilèges, de ses passe-droits, de ses abus, de ses réseaux et de ses clientèles, de son impunité".
 
La candidate a résumé ainsi l'enjeu de la présidentielle: "allons-nous accepter qu'à travers l'un des siens, cette nouvelle oligarchie prenne la tête de l'Etat républicain ?"
 
 
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Ségolène Royal a stigmatisé Nicolas Sarkozy, candidat des "possédants" et "d'un tout petit nombre", face à qui elle entend incarner l'espoir d'une "France "protectrice de tous les siens et ouverte sur le monde".

Tout au long d'un discours pugnace d'une cinquantaine de minutes, la candidate socialiste à la présidentielle a pris des accents parfois lyriques pour opposer "ceux qui travaillent dur" aux tenants de la "nouvelle oligarchie".

Pour la présidente de Poitou-Charentes, il y a d'un côté "l'argent des plus modestes (qui) enrichit effrontément les banques qui taxent de façon scandaleuse les maigres découverts" et de l'autre les profits "faciles, rapaces et fainéants" d'un camp prônant le "capitalisme fou" et "avide de toujours plus de licenciements boursiers (...) plus de marchés sans foi ni loi".

Devant plus de 8.000 personnes réunies dans le gymnase du XIIIe arrondissement de Paris, elle s'en est pris à de nombreuses reprises au "pouvoir médiatique", aux "relais dociles" de la droite dans les journaux ou aux "conglomérats de la finance et des médias".

Sans jamais le citer nommément, la candidate du PS, du MRC et du PRG a multiplié les attaques contre son adversaire de l'UMP, érigé en représentant de "ceux d'en face", du "sérail" ou encore de ceux que la mondialisation financière "arrange".

"Si celui qui est allé chercher l'onction chez Bush était aux responsabilités, la France serait aujourd'hui dans la guerre" en Irak, a-t-elle affirmé, après avoir fustigé les mots de Nicolas Sarkozy qui a invité ceux qui n'aiment pas la France à la quitter.

"Le slogan est emprunté à la droite américaine du temps de la guerre au Vietnam et à la dictature brésilienne qui érigea cette phrase 'Le Brésil, aimez-le ou quittez-le' en mot d'ordre", a-t-elle insisté.

La candidate socialiste s'est posée en héritière des combats de la gauche, déniant à Nicolas Sarkozy le droit de "revisiter l'Histoire n'importe comment".

"JE SUIS TOUJOURS LA ET BIEN LA"

"La France n'est pas la synthèse de l'Ancien régime et de la Révolution (...) La Révolution a voulu fonder une communauté de citoyens. Le règne débridé du capitalisme fou et du libéralisme sauvage en sape aujourd'hui les fondements et porte atteinte à la valeur du travail", a-t-elle estimé.

"La France de demain comme celle d'hier se nommera diversité. Et son unité se forgera dans un projet partagé. La France est diverse, multiple, colorée, métissée et pourtant très française, et elle sait être fidèle à ses valeurs, protectrice de tous les siens et ouverte sur le monde. Je ne la laisserai pas défaire", a-t-elle assuré.

Avant la journée de mobilisation dans la fonction publique jeudi, elle a jugé que les inquiétudes des fonctionnaires - "ceux qui sont au service de nous tous" - étaient "fondées" face aux projets de la droite de ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux. "Réduire le nombre des fonctionnaires et le montant des impôts, c'est leur programme depuis cent ans!"

Pour ce premier temps fort d'une semaine cruciale qui doit s'achever sur la présentation des grandes lignes de son programme présidentiel dimanche, Ségolène Royal s'est exprimée devant un parterre de gauche recomposée, sur une estrade basse tendue de bleu.

En préambule de son discours, elle a salué les anciens ministres de la "gauche plurielle" qui avaient pris place aux premiers rangs, dont Dominique Strauss-Kahn, qui lui avait disputé l'investiture présidentielle. Jean-Pierre Chevènement, pour le MRC, et Christiane Taubira, pour le PRG, ont également assisté à ce meeting au coeur de la plus importante fédération socialiste de France.

Après les turbulences de janvier - mauvais sondages, pilonnage de l'UMP et tiraillements internes - Ségolène Royal a affirmé qu'elle tiendrait bon dans la bataille présidentielle, promettant "d'élever la France" et demandant aux militants de ne pas se laisser entraîner dans ces "coups bas".

"Ceux d'en face, à droite et dans leurs relais dociles dans les médias, m'avaient déjà congédiée", s'est-elle amusée au début de son allocution. "Je suis toujours là et bien là!"

Avec les débats participatifs - 5.000 annoncés avant dimanche - "nous avons construit modestement, sereinement les fondations de notre maison commune. C'est pour cela qu'elle est solide, c'est pour ça qu'elle va tenir. Et je vous l'assure, aucune tempête ne l'abattra car désormais c'est une force collective qui la tient", a-t-elle promis.

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