A Rennes, Ségolène Royal renvoie Sarkozy et Bayrou dos-à-dos

Publié le par SDJ 30

Ségolène Royal s'en est prise mardi à ceux qui "cherchent à brouiller les cartes" de la présidentielle, attaquant sans le nommer le candidat de l'UDF, François Bayrou. Lors de son premier meeting national de campagne à Rennes, la candidate socialiste a également attaqué Nicolas Sarkozy, coupable à ses yeux d'entretenir une "confusion molle" et de vouloir "échapper à son bilan". "Par le passé, dans la vie politique ceux qui se disent ni de droite ni de gauche n'ont ils pas fini toujours par tomber du même côté?", s'est-elle interrogée face à des milliers de militants bretons. "Dans cette campagne, ceux qui y ont intérêt cherchent à brouiller les cartes", a-t-elle estimé après la parution de nouveaux sondages montrant une progression du candidat centriste. Ils veulent faire oublier qu'ils "sont comptable du bilan" et que "localement ils gouvernent pratiquement partout avec la droite", a affirmé la candidate de gauche. "J'en vois déjà certains qui s'auto-célébrent, qui se congratulent, qui se désignent avant l'heure. Comme si les Français s'étaient déjà prononcés, comme si l'élection se jouait sur la base de quelques pronostics", a-t-elle poursuivi, en faisant allusion au candidat de l'UMP, qui a estimé la semaine dernière commencer à "bien sentir" la campagne présidentielle. "Laissons-les croire, laissons-les à leur arrogance! Avançons sereinement sur notre chemin. Il est le bon", a-t-elle intimé aux milliers de militants socialistes bretons réunis au Parc des Expositions. Regonflée par sa prestation de la veille sur TF1, suivie par près de neuf millions de téléspectateurs, Ségolène Royal s'est livrée à une attaque en règle de Nicolas Sarkozy, la plus frontale depuis le début de la campagne. Le ministre de l'Intérieur "cherche à faire oublier qu'il est le candidat sortant. Il est temps de faire cesser cette confusion molle", a-t-elle affirmé. "Le bilan du candidat sortant est là", a-t-elle déploré, citant une "croissance plus faible que dans la plupart des pays européens", la dette publique, les déficits cumulés des comptes sociaux et un "déséquilibre historique de la balance commerciale". Et "sur la sécurité, les chiffres jettent un démenti cinglant", a-t-elle estimé. "Comment venir devant les Français après une telle succession d'échecs (...) Sur un tel bilan, nul candidat ne peut être élu". "La morale politique, c'est de savoir rendre des comptes sur ses actes. Alors (Nicolas Sarkozy) préfère fuir s'échapper, s'évaporer du gouvernement. Quel terrible paradoxe que celui qui prétend rompre avec une équipe disqualifiée s'accroche jusqu'au bout au gouvernement pour bénéficier pour quelques jours des moyens considérables que lui donne son ministère", a-t-elle accusé, déclenchant les sifflets de la salle contre le ministre de l'Intérieur. N.B. Sondages : On interprétait les sondages comme illustrant la chûte de Mme Royal. Chûte qui n'était soi-disant pas surmontable... La preuve de l'absurdité de l'importance donnée aux sondages est le dernier : Mme Royal serait victorieuse au premier tour (29% contre 28%) et juste derrière Sarkozy au second tour (51% contre 49%). Sachant que le score du second tour n'a guère de sens et que la marge d'erreur est de 3 points, autant dire qu'ils sont à nouveau à égalité. Espérons que cela serve de leçon à tous les médias qui donnaient déjà Sarkozy forcément vainqueur, au regard des sondages et sans même prendre en compte ce qui se passe sur le terrain ...

Publié dans Actualité

Commenter cet article