Airbus : Mme Royal se réjouit que "tout le monde s'aligne" sur sa position

Publié le par SDJ 30

medium_070305214121.gbtfxadb0_discours-de-segol-ne-royal-devant-la-communaute-frb.jpgSégolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle, s'est réjouie lundi à Berlin que "tout le monde s'aligne" sur sa position sur Airbus, à savoir que l'Etat actionnaire "prenne ses responsabilités".

Interrogée par la presse sur la position de son rival de droite Nicolas Sarkozy que le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a accusé lundi de "valse-hésitation", Mme Royal a estimé que l'évolution du candidat UMP "va dans le bon sens".

"J'étais la première à demander à l'Etat actionnaire d'assumer ses responsabilités" et de "recapitaliser l'entreprise", a-t-elle déclaré.

"J'observe aujourd'hui que tout le monde s'aligne sur cette prise de position", a-t-elle ajouté.

"On doit cette évolution aux salariés", français et allemands, a estimé Mme Royal, mais aussi à "l'initiative des régions", qui a "incité l'Etat français à bouger". "Je m'en réjouis", a-t-elle ajouté.

Pour elle, "sur un sujet comme celui-ci, aussi crucial, stratégique pour l'industrie française et l'industrie européenne, il n'y a plus ni droite ni gauche".

Elle a noté que le Premier ministre Dominique de Villepin s'était "félicité de l'intervention des régions" : "il a su se placer au-dessus des clivages politiques, c'est également mon cas", a-t-elle déclaré.

M. de Villepin a déclaré lundi que l'Etat était prêt "avec les autres actionnaires" à participer à une augmentation du capital d'EADS, maison-mère d'Airbus.

Mme Royal venait de rencontrer quelque 400 Français de Berlin, dans un hôtel de la capitale allemande, pour ce qui devrait être son dernier déplacement à l'étranger avant le premier tour de scrutin de la présidentielle.

Elle leur a assuré qu'elle n'instaurerait pas, si elle était élue, de "contribution fiscale des Français de l'étranger", une idée avancée le mois dernier par le socialiste Dominique Strauss-Kahn. Et ce, "aussi choquants que soient certains exils pour raison fiscale", a-t-elle dit, en allusion au chanteur Johnny Hallyday.

La candidate socialiste a promis aussi "l'accès de tous les Français de l'étranger à une protection sociale minimale au terme du quinquennat" et une réduction de moitié des coûts de scolarité dans les lycées français à l'étranger, d'ici à 2012.

Elle a insisté sur sa "volonté la plus profonde de donner au couple franco-allemand la force d'initiative qu'il a perdue". "Je voudrais renouer avec le volontarisme de la politique d'Helmut Kohl et François Mitterrand, pour avancer dans la construction de l'Europe", a-t-elle déclaré.

A propos de sa rencontre mardi avec la chancelière conservatrice Angela Merkel, qu'elle verra pour la première fois, elle a estimé que toutes les deux partageaient "une même vision de l'efficacité et du pragmatisme de l'action politique".

Elles devraient discuter de la relance de l'Europe, de la réforme des institutions, du dossier Airbus: "l'Europe par la preuve, c'est montrer que l'Europe est capable de sauver Airbus", a-t-elle déclaré.

Mme Royal a prononcé quelques phrases en allemand, une langue qu'elle avait étudiée comme première langue à l'école, mais n'avait guère utilisée depuis.

 

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N.B. : Jack Lang s'est réjoui mardi de constater que Ségolène Royal "donne le la au combat politique" puisque la plupart des responsables politiques se prononcent aujourd'hui pour une recapitalisation d'Airbus prônée dès le 28 février par la candidate du PS.

Ségolène Royal "donne le la au combat politique, c'est elle qui est à l'initiative, c'est elle qui va de l'avant, c'est elle qui a tiré la sonnette d'alarme sur cette tragédie de la désindustrialisation de l'ensemble du tissu industriel français", a déclaré l'ancien ministre PS lors du point de presse de campagne. Selon le conseiller de Mme Royal, Nicolas Sarkozy (UMP) et François Bayrou (UDF) sont "les coupables politiques de cette situation de désindustrialisation", ils "se précipitent ici ou là comme des mouches pour tenter de ne pas être absents", une allusion à leur rencontre à Toulouse avec les syndicats.

Jack Lang a brocardé la "versatilité" et "l'inconstance" du candidat de l'UMP, "hier favorable à abandonner Airbus en le confiant aux capitaux privés, aujourd'hui évoquant l'idée - d'ailleurs pour l'heure assez confusément exprimée - d'une intervention de l'Etat".

Lundi à Toulouse, M. Sarkozy a affirmé que "le rôle de l'Etat est essentiel", se déclarant "prêt" à accepter l'idée d'une augmentation de capital avec une participation publique. Mercredi dernier, il avait estimé que "les Etats" ne sont pas "les actionnaires industriels les plus avisés". Selon M. Lang, "M. Sarkozy ne peut qu'inquiéter les Français" par "ses volte-face permanentes, cette manière d'être prêt à tout et d'affirmer un jour le contraire de ce qu'il a affirmé la veille".

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