Face à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal promet une "France neuve"

Publié le par SDJ 30

Ségolène Royal continue à creuser le clivage gauche-droite et oppose son projet d'une "France neuve" à la société "repliée sur elle-même" dont Nicolas Sarkozy serait le héraut.

Contrairement à la veille à Marseille, la candidate socialiste à l'élection présidentielle a réservé ses flèches au seul candidat de l'UMP.

Lors de son meeting marseillais jeudi soir, elle avait classé François Bayrou et Nicolas Sarkozy sous une seule et même dénomination, "les deux candidats de droite".

A un mois du premier tour, Ségolène Royal s'est présentée comme une "femme libre, ancrée dans (s)es convictions de gauche mais ouverte sur le socialisme du réel".

Mais à l'heure où le candidat centriste séduit une frange social-libérale du PS, Ségolène Royal a insisté sur son intention "de rassembler bien au-delà des partis politiques".

Dans une avenue d'Aix-en-Provence bordée de platanes, elle a eu "envie" de citer une "belle pensée" du peintre Paul Cézanne, natif de la ville et chantre de la Sainte-Victoire voisine.

"Lorsqu'on a une envie d'absolu, on échappe à la médiocrité", a-t-elle déclaré juchée sur une petite estrade devant la section socialiste de la ville. "Et je crois que c'est cela dont a envie la France, une sorte d'envie d'absolu".

"Elle décline la France aujourd'hui", a-t-elle estimé. Les Français, "on les divise, on les dresse les uns contre les autres"

"Je ne veux plus d'une France repliée sur elle-même qui a peur des autres et donc qui s'enfonce dans le communautarisme, dans l'individualisme, dans les discriminations", a insisté Ségolène Royal devant plusieurs centaines de personnes.

"Je vous propose de construire, une France fière d'elle-même, qui se relève, une France neuve, bien au clair sur ses valeurs (...) appuyée sur des solidarités solides", a-t-elle expliqué, déroulant les principales mesures de son "pacte présidentiel".

Ses "100 propositions" permettent "la construction de toutes les sécurités contre toutes les formes d'insécurité et de précarité que nous laisse la droite", a-t-elle assuré.

SIFFLER OU NE PAS SIFFLER L'ADVERSAIRE?

Jeudi, devant 8.000 Marseillais, Ségolène Royal a dérogé à son principe de ne pas citer nommément Nicolas Sarkozy.

A l'évocation du ministre de l'Intérieur, attendu dans la cité phocéenne lundi, la salle s'est mise à huer avant d'être interrompue par la candidate. Ni "ouh" ni "attaque personnelle" dans ses meetings, a-t-elle réclamé.

A Aix-en-Provence, le public s'est mis à siffler dès que le candidat du PS aux élections législatives, Alexandre Medvedowsky, a appelé au "combat" contre Nicolas Sarkozy.

"Non pas de ouh!", a-t-il plaidé avant de se tourner vers une Ségolène Royal tout sourire. "Ah si, alors, un petit peu de ouh, dehors!", a-t-il ajouté, déclenchant l'hilarité des militants.

Dans la matinée, la candidate du PS a visité le "Camp des Milles", près d'Aix-en-Provence, où transitèrent 10.000 personnes sous Vichy, dont 2.500 furent déportées vers Drancy et Auschwitz.

Devant l'ancienne usine de briques, "étape d'ombre" de l'histoire de France, elle a de nouveau fait allusion à l'identité nationale, dont elle n'entend pas laisser le monopole à son adversaire de droite.

Entourée des représentants de tous les cultes et du président du Crif régional, elle a souligné l'importance des lieux de mémoire, indispensables pour "comprendre comment des Français ont pu déporter des Français mais aussi beaucoup d'étrangers (...) qui quittaient le fascisme de leur pays".

"Je crois que cela fait réfléchir sur l'identité française (...) C'est en ayant le courage de regarder notre histoire en face que nous pouvons continuer à forger notre identité nationale", a-t-elle déclaré dans la cour du grand bâtiment rose.

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