Nicolas Sarkozy va trop loin

Publié le par SDJ 30

Nicolas Sarkozy est la cible de critiques bien légitimes après la garde à vue pendant sept heures, vendredi à Paris, d'une directrice d'école accusée d'être intervenue contre l'arrestation d'un étranger sans papiers.

Outre des représentants du monde enseignant et associatif, tous les candidats de gauche à la présidentielle ainsi que l'UDF ont dénoncé une escalade dans la répression, à deux jours du départ du candidat UMP du ministère de l'Intérieur.

"Il n'y a vraiment pas de quoi faire une polémique", a répliqué Nicolas Sarkozy en déplacement aux Antilles...

Mais en annonçant avoir écrit aux préfets pour leur rappeler des consignes précisant que l'exécution des mesures d'éloignement d'étrangers ne devaient pas se faire "dans l'enceinte ou à proximité immédiate" d'établissements scolaires, le ministre de l'Intérieur a donné l'impression de se démarquer du préfet de police de Paris, Pierre Mutz, jugé "chiraquien".

Une polémique que devra gérer François Baroin, un proche de Jacques Chirac qui succédera lundi à Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur.

Vendredi, la directrice d'une école maternelle du XIXe arrondissement de Paris a subi près de sept heures de garde à vue après des incidents survenus mardi à proximité de l'établissement, lors de l'interpellation d'un parent d'élève sans papiers.

Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, qui intervenaient en faveur de ces étrangers.

"Les enseignants ne sont pas des auxiliaires de police", s'est indignée la candidate socialiste Ségolène Royal vendredi soir lors d'un meeting à Nice. "Ce n'est pas ça la France que nous voulons. Ce n'est pas comme ça qu'on défend l'identité nationale, bien au contraire."

François Bayrou, candidat de l'UDF, a également estimé que, dans cette affaire "on a franchi des limites." A la "gauche de la gauche", Marie-George Buffet (PCF), Dominique Voynet (Verts), l'altermondialiste José Bové et Olivier Besancenot (LCR) s'en sont tous pris à Nicolas Sarkozy.

"Jamais on n'avait atteint un tel niveau", s'est indigné pour sa part Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, le principal syndicat enseignant.

L'Unsa Education a également dénoncé les "tentatives d'intimidation à l'encontre des enseignants qui protègent les élèves sans papiers" et SOS-Racisme demande que cessent "ces harcèlements policiers" qui "ressemblent beaucoup à un signe électoral."

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