Royal et Strauss-Kahn en concurrence pour rénover la gauche et le PS

Publié le par PS

medium_070511125250.ie9ric8y0_segol-ne-royal-et-dominique-strauss-kahn--le-25-avb.jpgUne bataille interne feutrée s'est engagée pour conduire la rénovation du PS après la défaite du 6 mai à l'élection présidentielle, avec Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn pour le moment seuls en première ligne.
La candidate malheureuse a déclaré à l'AFP vendredi que, comme elle l'avait annoncé en mai 2006, elle n'avait "pas l'intention" d'être candidate à sa réélection le mois prochain comme députée des Deux-Sèvres, mais son entourage a pris soin de réaffirmer qu'elle était "disponible" pour mener les combats à venir.

De son côté, Dominique Strauss-Kahn, battu par Mme Royal dans la compétition interne pour l'Elysée, s'est placé jeudi soir en champion de la rénovation de la gauche, disputant ce statut à la présidente du Poitou-Charentes.

Ces prises de position interviennent à la veille d'un Conseil national du PS qui doit tirer les premières leçons de la sévère défaite de la gauche à la présidentielle et préparer la campagne des législatives.

Affirmant au soir de sa défaite que "quelque chose s'est passé qui ne s'arrêtera pas" avec la fin de la campagne présidentielle, Mme Royal s'était fait fort d'"approfondir la rénovation de la gauche". Elle reste dans cet état d'esprit et "entend être au premier rang de la rénovation", a assuré vendredi un de ses proches.

La candidate a justifié sa non-candidature aux législatives par le souci de "s'appliquer à elle-même le non-cumul des mandats" dont elle avait défendu le principe lors de la campagne.

Nombre de socialistes interrogés par l'AFP estiment que n'être pas députée signifie plus ou moins être à l'écart de la vie politique, quand bien même Mme Royal resterait présidente d'une région. Ils estiment que Mme Royal s'est piégée en renonçant il y a un an à concourir aux législatives.

A l'inverse, d'autres affirment qu'elle n'a pas besoin de cela pour continuer d'exister et que ce n'est pas en jouant de son statut de députée qu'elle a conquis l'investiture des militants pour la présidentielle. D'ailleurs, Mme Royal n'est pas non plus membre des instances dirigeantes du PS.

Cependant, pour certains, sa décision n'apparaît pas définitive: Mme Royal dit qu'elle n'a "pas l'intention" de se présenter, elle évoque "une situation compliquée" dans sa circonscription, son ex-directeur adjoint de campagne, Patrick Mennucci, dit "regretter" sa décision et "ne désespère" pas qu'elle "change d'avis".

Pour sa part, Dominique Strauss-Kahn continue de disputer à l'ex-candidate le terrain de "la rénovation". Jeudi soir, il s'est attaché à "redresser le message" qu'il avait envoyé dimanche en commentant sans détour l'échec des socialistes et qui avait été compris comme une critique de la candidate.

Lui rendant hommage pour avoir "fait bouger les lignes", il a concentré ses attaques sur le premier secrétaire François Hollande. Pour le député du Val-d'Oise, les sources de la défaite sont à rechercher dans "l'unanimisme comme stratégie et l'habileté comme méthode" au sein de la direction du PS.

Comme Mme Royal - qui avait glissé le 6 mai à quelques journalistes que M. Strauss-Kahn serait son Premier ministre si elle était élue -, l'ancien ministre affirme que "tout doit être remis à plat, tout doit être reconsidéré", et sans "tabou", pour reconstruire la gauche, qui se trouve selon lui dans la situation de 1969, avant la refondation du PS et après l'élimination du socialiste Gaston Defferre au 1er tour de la présidentielle.

Publié dans Actualité

Commenter cet article

sdj75 25/06/2007 12:39

 Carriérisme d\\\'un ministre innocenté qui démissionne sur le champ? Rien à voir sans doutes avec le caractère totalement désintéressé, innoncent et débonnaire de l\\\'ex "couple" dirigeant le PS. DSK usé? C\\\'est vrai qu\\\'il a quelques années d\\\'écart avec Sarko, comme Royal d\\\'ailleurs.  Hollande, lui, est tout jeune, n\\\'est qu\\\'aux commandes depuis plus de dix ans, et  Royal ne fait partie de la fournée des députés des années 80 et des ministres de Bérégovoy. Mais elle est mieux refaite que DSK.  Le pauvre Hollande a été parfaitement impartial dans la désignation de sa campagne. Elle prend dans son équipe l\\\'avenir du parti socialiste: Pierre Mauroy, Jack Lang, sans parler de Chevènement, et de ses brillant succès électoraux, beaucoup plus jeunes que DSK, qui ne sont certainement pas des "éléphants". Royal est social-démocrate, au point de renier même les idées qu\\\'elle nous a fait défendre pendant la campagne.

Gilbert 30/05/2007 12:01

Je n'ai pas de certitudes, mais il est plus que troublant de te lire lorsque tu affirmes que la démocratie interne est exemplaire ! Plus que troublant vraiment...De même qu'il est un peu naïf (pour moi) de dire que les éléphants ont été très bien. Quel serait d'ailleurs leur intérêt de ne pas "rester" ?

Frontere 29/05/2007 18:11

C'est facile d'insulter les autres et de les qualifier de “méprisant”.
Oui, comme tu dis : « Elle nous a bien eus », et c'est là le fond du problème : trop de communication et pas assez de contenu politique. A nous à veiller à ne pas nous faire avoir la prochaine fois.
Tu  parles des “éléphants” à la manière des médias de droite, sois plus respectueux de ceux qui sont restés malgré les défaites au P.S. : je crois que nous ne devons pas reprendre les mots, qui sous-tendent l'idéologie, de nos adversaires politiques.
Enfin, en matière de démocratie interne, je pense, au contraire de toi, que nous sommes exemplaires grâce à Lionel Jospin qui a su faire modifier les statuts du P.S. pour que chaque camarade compte pour une voix ... y compris quand il a payé sa cotisation au rabais!
Aujourd'hui, contrairement à tes certitudes, je suis dans le doute ; ma réflexion se poursuit.

Gilbert 20/05/2007 21:48

Frontere, tu n'est pas juste, et surtout tu t'affiches comme un peu trop méprisant.

Je ne juge pas Ségolène Royal comme une amatrice. Elle a su s'imposer au PS vi l'extérieur et via désirs d'avenir.

Elle n'avait pas d'autre choix quand on connaît le fonctionnement de la soi-disante "démocratie interne" du PS.

Il faut avouer une chose : en novembre 2006, elle nous a bien eu, et de très loin (près de 61%) !

Aujourd'hui, je ne la juge pas amatrice comme je le faisais il y a quelques mois ; aujourd'hui c'est le parti socialiste que je juge amateur, ce sont les éléphants que je juge comme de vieux politiciens qui par leur refus de rénovation du fonctionnement interne ont montré leur désuétude.

Moi aussi, je suis un vieux strauss-kahnien déçu devenu un "jeune" ségoléniste convaincu !

Frontere 19/05/2007 22:42

C'est sûr que le placement de cartes du P.S. à 20 € a été rentable en interne pour Ségolène Royal mais après sa défaite cinglante, qu'elle n'a toujours pas nommée, combien restera-t-il de ses adhérents au rabais?
Par ailleurs, il est amusant que la droite l'ait emporté par un discours très idéologique (contre mai 68 par exemple) alors que nos amis de Désirs d'avenir - j'avais participé à 2 ou 3 réunions au tout début de ... “cette aventure” - nous expliquaient qu'il fallait renoncer à l'idéologie rangée aux rayons des vieilles lunes, tu parles, Charles ...
François Mitterrand avait raison (une fois de plus) : en politique le meilleur amateur ne vaudra jamais le plus mauvais professionnel!
Exit Ségolène.