"On ne fait pas carrière pour soi-même", lance Hollande aux ministrables socialistes

Publié le par PS

Dénonçant les "manoeuvres" de "séduction" et de "débauchage individuel" entreprises par Nicolas Sarkozy auprès de personnalités de gauche telles que Bernard Kouchner, Claude Allègre ou encore Hubert Védrine, François Hollande a sévèrement prévenu mardi que les socialistes qui entreraient au gouvernement "deviendraient des ministres de droite".

Le Premier secrétaire du PS a confirmé avoir eu une "explication" avec Bernard Kouchner, pressenti pour le ministère des Affaires étrangères. "Il m'a fait connaître qu'il avait été approché. J'ai dit ce que j'avais à en penser, c'est-à-dire que c'est un gouvernement de droite qui va être constitué sur une politique de droite, avec un président de droite, et qu'il faut avoir de la cohérence, de la constante et qu'après c'est affaire de conscience", a-t-il averti lors d'un point de presse.

"S'il acceptait, il serait dans un gouvernement de droite, une majorité de droite et des amis de droite", a-t-il sermonné. "On ne fait pas carrière pour soi-même. On fait un choix de cohérence et de vie politique, on ne devient pas socialiste avec François Mitterrand pour devenir sarkozyste avec Nicolas Sarkozy", a-t-il tancé, visage fermé. Ajoutant: "Quelqu'un qui a été ministre dix ans sous la gauche, il a quelques difficultés à dire qu'il a été maltraité".

"Chacun est devant sa conscience et son éthique", a-t-il tranché. "Celui qui irait dans ce gouvernement serait avec la droite et deviendrait donc un ministre de droite, c'est aussi simple que cela". Evoquant les cas de Claude Allègre, Hubert Védrine et Bernard Kouchner, il a souligné qu'aucun "n'a été élu au suffrage universel avec l'étiquette socialiste".

Le patron du PS s'en est ensuite pris au président élu. "La logique de Nicolas Sarkozy, c'est une logique de mainmise, de contrôle, de pouvoir. Il veut avoir les mains libres. Il ne recule devant aucune opération, la séduction, le débauchage, l'intimidation, la pression", a-t-il accusé. "Le débauchage, la trahison, la récupération individuelle des frustrations, je laisse ça à d'autres. Bon courage avec cette méthode et avec cette conception de la politique!".

"Moi, je m'honore d'être à la tête d'une formation politique où on ne débauche pas, où on ne récupère pas, où on ne capte pas et les précédents qui ont eu lieu il y a maintenant quelques années ne plaident pas pour cette façon de faire. Ce n'est pas avec des destins individuels que l'on essaie de flatter que l'on fait une politique. La morale, elle existe", a-t-il conclu.

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