Cet été 2005, la droite bosse : Privatisation au programme !

Publié le par SDJ 30


Le nouveau gouvernement Villepin devait incarner une nouvelle impulsion sociale. Cet été, il a montré qu'il s'agissait plutôt d'une accélération libérale. Les choses sont désormais claires à droite, les échéances de 2007 se profilant en l'horizon, il s'agit bien pour la droite de faire passer le plus rapidement possible, les dernières réformes très libérales. L'été est la saison idéale pour çà. D'une part la torpeur estivale se prête bien à ce genre d'exercice et d'autre part, il est vrai que les vacances du feu gouvernement Raffarin d'y a 2 ans s'étaient soldées par plusieurs milliers de morts. Villepin a donc profité de nos vacances pour décliner sa politique, en reprenant cet adage bien connu à l'UMP : " Précarisation et Privatisation sont les deux mamelles de la Droite".

En effet, Villepin nous a d'abord fait en grande pompe le remake de 1986 en nous expliquant que la précarisation du salariat via le contrat nouvel embauche (à la fois plus flexible que le CDI et moins payé que le CDD) devait créer des centaines de milliers d'emplois : on attend encore les mêmes centaines de milliers d'emplois que devait permettre la fin de l'autorisation administrative de licenciement.

Puis, la droite a décidé de vraiment se faire plaisir en faisant uniquement de l'idéologie et pour çà, il fallait privatiser quelque chose. N'importe laquelle, mais il en fallait une, alors pourquoi pas les autoroutes (c'est vrai aussi qu'il ne reste pas grand chose d'autre). Ainsi, le gouvernement a annoncé sa décision de céder les parts que l'Etat possède actuellement dans les sociétés d'autoroute ASF, PRR et SANEF et qui en font l'actionnaire majoritaire.

Comment les socialistes doivent ils se positionner dans ce genre de situation? Deux pièges sont à éviter absolument :
Le premier est de tomber dans le travers du "tout public" en opposant une position de principe surannée qui consisterait à voir dans la nationalisation, le seul mode de gestion possible des biens collectifs. En bref, le miroir du tout privé idéologique de la droite, c'est à dire le choix de l'opposition sans avenir gouvernemental.
Le deuxième, intimement lié au premier et dans lequel malheureusement le parti est tombé, est d'acquiescer tacitement sous prétexte que l'ouverture de leur capital a été commencée sous la gauche et de peur de se le voir reprocher par les tenants de la première attitude.

Au dogmatisme, il faut opposer au contraire un choix du type de gestion d'une activité qui doit être au cas par cas : privé lucratif pur, privé lucratif avec obligation de service public, privé non lucratif, mixte ou public. Ce choix doit dépendre du type de l'activité, du contexte social et économique, et des conséquences financières pour l'Etat et les usagers.

En l'espèce, le choix de privatiser totalement les autoroutes apparaît clairement comme une perte financière pour l'Etat à moyen terme (20 milliards d'€ selon Raffarin lui-même), un risque pour les usagers de voir augmenter les tarifs dans une situation de monopole économique, et la perte pour l'Etat d'un levier stratégique en matière d'environnement et d'aménagement du territoire. Les raisons de dénoncer cette option d'une gestion exclusivement privée ne manquent donc pas.

Enfin, on peut d'ores et déjà, imaginer le ridicule de la situation si, à plus ou moins long terme, ces entreprises rentrent dans l'escarcelle de sociétés étrangères. Villepin et Sarkosy préconiseront alors sûrement comme dans l'épisode de Danone l'intervention de la Caisse des dépôts et consignation. Ah ! Démagogie quand tu nous tiens…

Nicolas JULIEN
Président SDJ 30

 

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