Europe

Samedi 28 mai 2005

 

 

Excellent article de Rifkin paru mardi 7 juin 2005 dans Libé

Je suis assez d'accord avec de tels propos :



Le scrutin du 29 mai marque peut-être le début d'une conscience politique de masse.


L'avenir du rêve européen


Par Jeremy Rifkin essayiste, expert en économie et en relations internationales.


Gare aux premières impressions... surtout lorsqu'il s'agit du débat européen. Certes, les Français et les Néerlandais ont porté un coup considérable à la perspective d'une nécessaire Constitution pour l'Europe, faisant vaciller le rêve européen. Mais ces votes dévoilent un schéma complexe, comme c'est généralement le cas en matière de politique européenne. De toute évidence, l'extrême droite est parvenue à mobiliser le sentiment nationaliste et hostile aux immigrés, en faisant planer le spectre d'une main-d'oeuvre étrangère bon marché, et les fâcheux assauts d'une vague de musulmans. Jusque-là, rien de très inédit.

Le vote socialiste, en revanche, m'intéresse davantage, particulièrement en France, dans la mesure où il suggère que le rêve européen, loin d'être éclipsé, est peut-être en train d'entrer dans une nouvelle phase de maturation, avec les profondes implications que cela suppose pour l'avenir de l'Europe. Nombre de socialistes français déclarent avoir voté non à la Constitution, non par défaitisme, mais parce qu'ils privilégient au contraire la vision d'une Europe plus unifiée. Et parce qu'ils craignent que la Constitution ne s'appuie sur le modèle de marché anglo-américain : libéral, sans scrupule, et prompt à faire cavalier seul. Ce, au détriment d'une économie cohésive, à vocation plus sociale, et nourrie des valeurs qui fondent le rêve européen : la diversité culturelle, la qualité de vie, le maintien d'un tissu social adéquat, le développement durable, le respect des droits de l'homme, et enfin, la paix.

Je crois pour ma part que le traité, tant dans son préambule que dans le corps du texte, est sans ambiguïté sur le fait que l'engagement de l'Europe dans une économie sociale de marché est inscrit dans la pierre, ce qui constitue à la fois le coeur et l'âme de l'expérience politique européenne. La charte des droits fondamentaux, véritable noyau de la nouvelle Constitution, est un hymne au rêve européen et aux principes inclus dans le modèle d'économie sociale de marché.

Néanmoins, quelque chose de tout à fait fondamental s'est produit. Le vote des Français et des Néerlandais marque le début de l'européanisation de la politique, et particulièrement au niveau de la base : autour de la table familiale, dans les cafés, dans les usines et les bureaux, et enfin dans la rue. La France, notamment, s'est transformée en une énorme salle de classe dédiée à l'avenir de l'Europe. J'y étais. Aux premières loges. La passion, l'engagement, l'implication personnelle. Des millions de citoyens français débattant sans considération de classe ou de génération, depuis le centre cosmopolite de Paris jusqu'aux régions les plus reculées.

Pendant près de cinquante ans, l'Union européenne aura été le terrain de jeux exclusifs de l'élite continentale. L'opinion a rarement été invitée à participer à la discussion.

Or, l'ensemble des citoyens français et néerlandais a attrapé la balle au vol, faisant de la politique européenne un sport populaire, et même si je désapprouve les résultats du vote sur la Constitution, je dois admettre que les opinions française et néerlandaise ont fait de la politique européenne un sujet excitant. Il est difficile de saisir toute la profondeur de cette transformation. Des dizaines de millions de citoyens penchés sur la lecture de la Constitution, soulignant des passages, discutant de leur signification. En France, 70 % des électeurs se sont rendus aux urnes, plus que pour n'importe quelle élection nationale.

La question est maintenant de savoir si cet enthousiasme correspondait juste à une décharge de frustration politique, comme l'ont suggéré certains analystes, ou s'il faut y voir au contraire les premiers frissons d'une conscience politique de masse. De nombreux socialistes, syndicalistes et leaders de la société civile, ont prétendu avant le vote qu'un non déboucherait sur un vaste débat trans-européen visant à faire progresser l'économie sociale de marché et à promouvoir une Union renforcée, capable de se hisser à la hauteur du formidable rêve européen. Ceux-là ont persuadé des millions d'électeurs de voter non, en anticipant sur un possible dialogue. En supposant qu'ils aient été de bonne foi, l'on doit désormais s'attendre à un débat politique animé et soutenu, ainsi qu'à une mobilisation sociale portée par l'esprit du 29 mai, en faveur d'un programme politique européen plus creusé. Toutefois, si le vote en faveur du non s'apparentait davantage à une manoeuvre, à un positionnement stratégique répondant aux intérêts de tels groupes ou partis, voire à ceux de tel ou tel leader politique, alors il ne faudra pas s'étonner si le dialogue européen faiblit très rapidement.

De mon point de vue, maintenant que les Français et les Néerlandais ont véritablement plongé, pour la première fois, dans la politique européenne, il y a peu de chances pour qu'ils fassent machine arrière ­ même s'il est avéré que certains groupes ou chefs politiques ont bien tenté de manipuler l'électorat au profit de leur camp. Les raisons de mon optimisme sont les suivantes. Maintenant qu'ils ont dit non à la Constitution européenne, les Français et les Néerlandais se retrouvent dans une situation de vide politique intenable. A partir de là, vers où aller ? Les Français et les Néerlandais croient-ils réellement que, grâce à un retour à la case nationale, leurs enfants puiseront bonheur et prospérité dans l'univers confiné de leurs petits réservoirs territoriaux... ou vaut-il mieux leur offrir de vastes et nouvelles opportunités de vivre le rêve européen sur un continent en pleine expansion ? Cela dit, si de nombreux parents français et néerlandais ont voté non pour s'assurer qu'une Europe plus large et mieux intégrée restera fidèle aux principes de l'économie sociale de marché, il leur faut alors moduler le programme politique européen de manière à donner corps à leurs espoirs. Mais, si les partisans du non n'assument pas leur décision en proposant une vision plus forte de l'Europe, les dégâts causés par le vote du 29 mai ne concerneront pas seulement la Constitution, mais l'avenir de leurs enfants.

Finalement, avant de réduire prématurément le vote négatif des Français et des Néerlandais au «début de la fin d'une formidable expérience politique européenne», gardons à l'esprit qu'il aura fallu à l'Amérique près d'une centaine d'années, assorties de quelques guerres civiles sanglantes, avant que notre Constitution nationale soit totalement acceptée par les citoyens des divers ­ et même très divers ­ Etats. Un jeu dont le mot d'ordre est... patience.

(Traduit de l'anglais par Bérangère Erouart)
Dernier ouvrage paru : Rêve européen, ou comment l'Europe se substitue peu à peu à l'Amérique dans notre imaginaire (Librairie Arthème Fayard, 2005).

Par SDJ 30
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Samedi 28 mai 2005

 

Par Nicolas Cadène, SDJ 30

Une argumentation qui a fait le tour des adresses e-mails pendant la campagne référendaire de 2005.
Celle d'Etienne Chouard, professeur d'informatique, d'économie et de droit dans une formation de technicien supérieur dans un lycée de Marseille (ville exceptionnelle par ailleurs).


Je lui avait répondu point par point.

Tout d'abord, il me faut avouer que l'argumentation de M. Chouard était parfois (je dis bien "parfois") de bonne qualité mais que le côté "auto-justification" et "innocent" de M. Chouard me gênait.

En effet, tout au long de son argumentation (qui se trouve sur son site, à côté de ses photos de famille, ou de sa passion: le parapente), il rappellait qu'il était "professeur de droit", qu'ainsi il se devait de déclarer ce qu'il pensait à ses élèves et à ses concitoyens.

Il rappellait aussi qu'il était parfaitement indépendant, qu'il n'avait aucune proximité avec un parti, un syndicat ou une association.

Enfin, M. Chouard soulignait qu'il avait soit-disant "lu plus de livres et d'arguments pour le oui que pour le non" et qu'il voterait "quand même non". Ce qu'il a sans doue fait (merci M. Chouard).

Je considèrais que cette façon de souligner d'innombrables fois son objectivité, son impartialité, sa qualité de juriste, et sa connaissance des arguments du "oui" pour juger de la "Constitution" était en réalité une manipulation pure et simple de ses lecteurs.

Car M. Chouard pouvait bien penser ce qu'il voulait sur le Traité, mais il n'avait pas à se considérer comme meilleur juge du texte que n'importe quel citoyen.

Et c'est pourtant bien ce qu'il faisait de manière très subtile et déguisée, en se faisant passer pour quelqu'un de simple, innocent, impartial, objectif, connaisseur et juriste et qui "pourtant", considèrait ce texte comme la porte vers la "tyrannie" (c'est le mot qu'il emploie) !

De nombreux citoyens qui ne connaissaient pas bien le traité, en lisant cette argumentation, pouvaient porter une totale confiance dans le jugement de M. Chouard et finalement désirer voter "non" sans avoir lu ou écouter les partisans du "oui" (puisque M. Chouard dit, de manière subtile, les avoir lu pour eux!).

Or, et c'est là que c'est grave, M. Chouard déformait souvent le Traité, mentait à son propos, commettait des erreurs juridiques incontestables.

Ainsi, j'avais tenu à lui répondre point par point :
(entre guillemets et en italique, la synthèse réelle de ses arguments principaux)

"1. Une Constitution doit être lisible pour permettre un vote populaire : ce texte-là est illisible. . Cette longueur interdit la critique . Il faut évidemment lire et comprendre ce que l'on signe. Ou bien, on refuse de signer . Une Constitution est la loi fondamentale, elle doit pouvoir être lue par tous, pour être approuvée ou rejetée en connaissance de cause."


Réponse :

D'une part, lorsque M. Chouard nous parle dans son argumentation détaillée, de 848 pages A4 de Constitution, n'est-ce pas un gros mensonge? Puisque sans les annexes et protocoles (qui sont longs mais qui reprennent 50 années de construction communautaire!), le traité tient en 28 pages format journal! (tout le monde l'a constaté puisque de nombreux périodiques l'ont ainsi publié). Et si l'on prend uniquement ce qu'il y a de nouveau dans le traité constitutionnel (la partie 3 étant la reprise des traités antérieurs), il tient en quelques pages!
Et combien même, il peut paraître long, n'oublions pas que ce texte est un consensus entre 25 Etats.
S'il rentre parfois dans le détail c'est parce que personne ne voulait "se faire avoir" par une rédaction trop générale (ainsi les français ont insisté pour garder les objectifs de la PAC dans le traité constitutionnel) et parce que chacun tenait à ce que ses préoccupations soient prises en compte (c'est pourquoi il y a des dispositions qui peuvent sembler étonnantes pour certains européens, sur les DOM-TOM ou l'élevage de rennes en Finlande!)

D’autre part, il faut rappeler la nature exacte de ce texte : Il est vrai que sa force est contraignante et prime sur tout droit national mais dans les seuls domaines relevant de l’Union européenne (d'ailleurs M. Chouard affirme qu'un simple réglement européen sera supérieur à la "Constitution" européenne, c'est faux, car les normes européennes l'emportent sur les normes nationales mais de même valeur, or un réglement n'a pas la même valeur qu'une constitution; M. Chouard oublie la hiérarchie des normes...).

Puis, la suprématie du droit communautaire existe depuis longtemps (cf. arrêt Cour de Cassation « Jacques Vabre en 1975, arrêt « Nicolo » en 1989 du Conseil d'Etat et récentes décisions du Conseil constitutionnel), et c’est le cas actuellement avec le Traité de Nice en vigueur. Concrètement, il n’y a pas de comparaison à faire entre l’UE et ce traité constitutionnel, et un Etat et sa Constitution puisque l’UE n’est pas un Etat.
Il peut donc sembler logique que ce soit encore un traité (texte qui ne peut être « court ») qui gère cette union « toujours plus étroite » entre les Etats membres.

De plus, ce Traité constitutionnel européen (TCE) est écrit de manière assez démocratique, puisqu’écrit par une Convention, réunissant 1 président (centriste), 2 vices-présidents (socialistes), des parlementaires européens (16 représentants), des parlementaires nationaux (56 représentants), des membres des gouvernements (28) et de la Commission (2).

Le terme « Constitution » est employé pour donner une valeur symbolique et politique, pour unir les peuples européens. D’autre part, il est vrai que ce texte doit être lisible puisqu’il aura des conséquences pour chaque citoyen.
Mais la simple reprise de l’acquis communautaire (les traités précédents) ne rend pas simple cette simplification. Cela serait différent si l’on établissait une « vraie » Constitution d’un « Etat européen ».
L’Union n’est pas un « Etat ».

Il ne faut donc pas tout confondre ni faire d’amalgame facile.


"2. Une Constitution doit être politiquement neutre : ce texte-là est partisan. .En imposant dans toutes ses parties (I, II et surtout III) des contraintes et références libérales, ce texte n'est pas neutre politiquement, il impose pour toujours des choix de politique économique ; . Ce texte infantilise les citoyens d'Europe : il nous prive tous de l'intérêt de réfléchir à des alternatives. À quoi bon continuer le débat politique, en effet, puisque toute alternative réelle est expressément interdite dans le texte suprême ?"


Réponse :

La partie III n’est qu’une simple reprise de tout ce qui existe déjà dans les traités déjà en vigueur.

Il est vrai qu’une Constitution nationale doit être neutre, mais rappelons que la construction européenne est unique et sans précédent. Elle ne peut être comparée aux systèmes institutionnels et juridiques nationaux.
Elle s’est fondée (pour se constituer) sur une union économique, la CEE. Nous ne pouvons l’oublier.

Il est donc logique que les règles de base de cette union soient reprises tant que l’UE et ses habitants n’ont pas de véritable identité politique et culturelle (« la concurrence libre et non faussée » existait déjà dans le traité de Rome de 1957 et cela n’a pas empêché les services publics de fonctionner, cela ne les empêchera toujours pas si les gouvernants le veulent).

Ensuite posons-nous la question « qui fait quoi ? », « que disent les anciens et les nouveaux traités ? » et rappelons nous le principe de subsidiarité : chaque fois que l’on peut résoudre un problème près des gens eux-mêmes peuvent le faire, pourquoi monter plus haut, du niveau national au niveau européen ?
Et d’ailleurs qui empêche aujourd’hui et qui empêchera demain avec le traité constitutionnel (peut-être) un gouvernement de mener sa politique sociale selon ses orientations ?

Rappelons aussi que sont en premier lieu de la compétence nationale la politique macroéconomique, l’emploi, la santé, la sécurité sociale, l’éducation, la culture.
Le traité constitutionnel n’impose pas l’uniformisation.

Ensuite, il est faux d’affirmer que le texte impose une politique économique donnée. Même à ce niveau, cela reste un cadre (comme toute constitution traditionnelle d’ailleurs).
La politique de l’Union sera « de droite » ou « de gauche » selon « la couleur politique » qui ressortira de l’élection au suffrage universel direct du Parlement européen (en parallèle, la politisation de la Commission qui s’accentuera est une bonne chose pour le débat démocratique).


"3. Une Constitution est révisable : ce texte-là est verrouillé par une exigence de double unanimité. . Le "traité constitutionnel" est beaucoup trop difficilement révisable : pour changer une virgule à ce texte, il faut d'abord l'unanimité des gouvernements pour tomber d'accord sur un projet de révision, puis il faut l'unanimité des peuples (parlements ou référendums) pour le ratifier. . Avec 25 États, cette procédure de double unanimité est une vraie garantie d'intangibilité pour les partisans de l'immobilisme. Ce texte est pétrifié dès sa naissance."


Réponse :

Comme il a déjà été dit, la construction communautaire est unique, l’UE n’est pas un Etat, ni même un Etat fédéral ou confédéral (même aux termes de la « constitution »).
Elle se construit et s’unifie toujours plus étroitement entre ses Etats membres, il peut donc sembler évident que cela passe par des traités et donc par l’unanimité.

Les révisions d’une constitution classique d’un Etat se font le plus souvent à la majorité simple ou absolue. Mais l’UE n’en est pas un, il faut d’abord que les Etats soient disposés à déléguer une plus grande souveraineté et une nationalité européenne reconnue juridiquement.

Ensuite l’argument de la « double unanimité » n’a pas de sens, tous les traités communautaires sont déjà passés à « la double unanimité » qui n’en est pas vraiment une.

Ajoutons que ce traité sera pourtant plus simple à réviser que les autres, en particulier pour la partie 3 puisqu'il existe une procédure de révision simplifiée (art. IV-444 et IV-445) et des clauses passerelles (en faisant passer des domaines de décision du vote à l'unanimité à la majorité du Conseil des Ministres). Surtout, le Parlement européen aura le droit d'initiative pour demander une révision.

Au demeurant, la règle de l'unanimité a l'avantage de nous protéger contre une révision éventuelle de la "Constitution" qui nous serait imposée par nos partenaires et qui supprimerait par exemple "l'exception culturelle" (qui est justement maintenu dans le traité constitutionnel européen) ou la reconnaissance de certains droits sociaux.


"4. Une Constitution protège de la tyrannie par la séparation des pouvoirs et par le contrôle des pouvoirs : ce texte-là organise un Parlement sans pouvoir face à un exécutif tout puissant et largement irresponsable. . Le Parlement européen ne peut pas mettre en cause un commissaire, il ne peut que révoquer en bloc la commission et seulement pour un usage pénal, pas pour sanctionner la politique de la commission, ce qui limite considérablement son influence. . Le Parlement européen ne peut pas renverser le Conseil des Ministres qui est donc absolument irresponsable. . Exemple de la toute puissance des commissaires : le commissaire chargé du commerce international est le représentant unique de l’Union dans toutes les négociations internationales (OMC et autres). À lui seul, cet homme concentre donc un pouvoir vertigineux. C’est à ce titre qu’il négocie l’AGCS (Accord général sur les services, version mondiale de la directive Bolkestein) au nom de tous les européens, mais dans le plus grand secret . Le Parlement européen n'a également aucun moyen sérieux de contrôler et d'infléchir la politique menée par l'exécutif. Dans le meilleur des cas, il légifère en codécision. Il y a même une série de sujets qui lui échappent totalement ! . Le Parlement européen n'a pas l'initiative des lois."


Réponse :

Ceci n’est pas exact, et même déforme le sens du texte. Quand il ne le fait pas, il le dramatise.
Certes, concernant les négociations dans le domaine du commerce international, il n’y a pas assez de contrôle et de visibilité. Mais cela est déjà le cas aujourd’hui et cela sera amélioré, justement grâce à la Constitution.
Cela parce que le Parlement pourra auditionner les Commissaires et organiser des commissions d’enquête sur le bon fonctionnement des autres institutions et leur conformité à la « Constitution ».
Certes, il n’y a pas de pouvoir contraignant, mais il y a un vrai pouvoir politique. N’oublions pas la Commission « Santer », renversée par le Parlement européen, avant même qu’il ne dépose une motion de censure.
Le Parlement peut renverser la Commission (simplement sur sa gestion) qui, elle est réellement à l’initiative des lois. Ce n’est pas le cas du Conseil de Ministre qui, lui, codécise avec le Parlement (sur 95 % des sujets).

De plus le "monopole d'initiative" qu'a la Commission n'est pas forcément une erreur et n'est pas une initiative du Traité constitutionnel : c'est au contraire une constante de la construction européenne et c'est même l'un des traits de génie de son principal père fondateur, Jean Monnet. L'idée est que le pouvoir de proposer les lois soit confié à une institution incarnant l'intérêt général, ceci afin d'éviter qu'une coalition d'Etats ou de parlementaires de certaines nationalités puissent imposer à d'autres Etats, par l'application de la règle de la majorité, une législation qui ne tienne aucunement compte de leurs intérêts nationaux. C'est cette règle qui a convaincu les Etats de transférer à l'Union européenne toute une série de compétences sans craindre que leurs intérêts ne soient systématiquement bafoués.

Puis, il faut rappeler encore que nous ne sommes pas dans un Etat. Cela reste une union d’Etats. La nuance est essentielle. C’est pourquoi il peut sembler logique que le Conseil des Ministres qui représente les Etats ait encore un poids important, même si c’est très regrettable.

Ajoutons par ailleurs que la Commission et le Parlement seront de plus en plus politisés, donc plus démocratiques et légitimes, et auront ainsi plus de poids face au Conseil des Ministres.
C’est plus sur ce qui est aujourd’hui en vigueur qu’il faut s’indigner.

Ensuite, sur le droit d’initiative populaire, posons nous une question : avons-nous un seul droit équivalent dans notre système français ? C’est-à-dire, le droit de demander à notre Gouvernement de proposer une loi par une pétition de 125 000 signatures (c’est le chiffre qui correspondrait pour la France) ?
Certes, la Commission européenne dispose et n’a aucune obligation juridique. Mais n’est-il pas mensonger de croire qu’une telle pétition (1 000 000 de citoyens) venant de divers Etats, n’aurait pas un poids politique contraignant pour elle ?

Aussi, rappelons que l’Union se fonde beaucoup sur la pratique et pas strictement sur le droit.
Or la pratique est souvent fédéraliste et plus démocratique. A cela il faut ajouter la jurisprudence de la CJCE qui est toujours allée beaucoup plus loin (dans le sens d’une amélioration) que les textes des traités.
D'ailleurs, l'avancée en matière de protection des droits de l'homme est énorme avec l'insertion de la Charte des droits fondamentaux (à l'inverse de ce que prétend M. Chouard) : d'une part, l'Union dispose ainsi du meilleur "catalogue" de droits de l'homme au monde (et quand M. Chouard écrit que le traité ne reprend pas les dispositions positives en la matière de la Constitution française, c'est faux, car la Cour de Justice Européenne se doit de s'inspirer en plus de la Charte, des dispositions constitutionnelles de chaque Etat) et surtout, désormais, n'importe quel citoyen pourra saisir la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui désormais tiendra obligatoirement compte à la fois des droits de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme (CEDH) et à la fois des nouveaux droits (notamment les droits économiques et sociaux) introduits par la Charte des Droits Fondamentaux, pour tout acte relevant de l'Union européenne. Ainsi, la protection est accrue en comparaison à celle de la seule CEDH. Car l'UE a, en tant que personne morale, intégré la CEDH. Cela signifie d'ailleurs, que désormais la Cour de Justice Européenne comme la Cour Européenne des Droits de l'Homme pourra infliger des sanctions aux Institutions communautaires (comme si l'Union était un véritable Etat).


L'Europe n'a pas de temps à perdre si elle souhaite réguler une mondialisation économique désordonnée. Un "non" ne ferait que retarder la construction d'une Union cohérente face aux défis mondiaux.
Qui plus est, au vu des clivages politiques actuels en Europe, un "non" serait peut-être malheureusement une aubaine formidable à nos opposants communs que sont les néo-libéraux.
Votons "oui" et continuons à défendre nos valeurs de justice sociale dans une Europe plus proche et plus forte.


Nicolas Cadène

SDJ 30

Par SDJ 30
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Samedi 28 mai 2005

Par Nicolas Cadène, SDJ 30  

 

Au vu de certains commentaires, il semblait être difficile de s'opposer à ATTAC durant la campagne référendaire de 2005.
Le fait pour moi de dire que j'en ai été membre et que je suis extrêmement déçu par la tournure que prend le mouvement, avait même été retourné contre moi.
Je ne vois pas pourquoi. J'assume là où j'ai été, je l'énonce pour bien faire comprendre que je connais pas mal (du moins je crois) leurs méthodes.
Au départ, cette association m'inspirait un grand espoir et j'en attendais beaucoup, elle est devenue très sectaire et a perdu énormément de partisans.
Ce qui est tout à fait logique quand on constate à quel point ATTAC manipule le peuple ou l'opinion.
Ainsi, lorsqu'elle démontait un argument du "oui", elle le faisait couramment en citant un article du traité... mais incomplet.
Cela n'est pas tout (car il faut admettre que cette méthode est malheureusement usée de tous), le plus grave et qu'ATTAC affirmait qu'une disposition n'existait pas dans le traité... alors même qu'elle se trouvait dans la partie qu'elle avait délibéremment tronqué...
C'est un désastre pour le débat citoyen, pour l'honnêteté démocratique. ATTAC s'alliait des meetings politiques de façon officielle et cherche peut-être à s'investir politiquement.
Cette hypothèse semble se confirmer depuis la victoire du "non".
Elle a fait tout l'inverse de ce que beaucoup espérait qu'elle fasse : proposer des idées alternatives pour une société plus juste et plus démocratique, tout simplement.

Je vous laisse donc le soin de lire cette argumentation que j'avais écris contre celle (absolument honteuse) d'ATTAC:


REPONSE AU TRACT D’ATTAC

« 10 MENSONGES ET 5 BONIMENTS »




Le propos est ici de contester un tract de l’association ATTAC. Association qui se dit « d’éducation populaire », ce qui déjà, discrédite leur « bonne foi » lorsque l’on connaît concrètement la composition de son comité national et son fonctionnement…
Ce tract intitulé « Dix mensonges et cinq boniments » a l’ambition de faire apparaître tout ce qui dans l’argumentation des partisans du « oui » tend à discréditer la politique (mauvaise foi, contrevérités, amalgames).
En réalité, ATTAC confirme sa volonté à « s’acharner » sur partisans du « oui » (le tract les dénonce directement), et ne sert en rien la cause d’un débat démocratique honnête sur le traité constitutionnel européen en France.

1er mensonge
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne est une Constitution au sens classique du terme


La comparaison entre cette « constitution européenne » et une constitution classique d’un Etat comme la France n’a aucun sens.
Certes, ce traité prime sur le droit national (comme tous les traités européens précédents d’ailleurs) mais il ne fait que définir un cadre pour mener efficacement des politiques communes entre 25 Etats membres, dans les domaines de compétences de l’Union européenne (la politique macro-économique ou sociale notamment, sont laissées à la compétence des Etats).
Le traité est avant tout un outil qui permet de rendre l’Union européenne plus cohérente et effective.
A l’inverse de ce qui est avancé, il n’y a pas d’idéologie dans ce traité. La partie III parle, certes, du marché commun, mais simplement parce que l’Union européenne s’est bâtie sur ce marché. L’union politique découle de la CECA et de la CEE. Nous ne pouvons l’oublions ou le contester. C’était la volonté même des pères fondateurs que de passer par l’union économique pour aboutir à une union politique. Cette « constitution » nous en donne enfin l’occasion (cf. réponse ?).
En revanche, il est à noter que le traité - comme les précédents - reçoit de la Cour européenne de justice l'appellation de « charte constitutionnelle ». Tout d'abord, parce qu'il constitue le droit fondamental de l'Union, lequel est au sommet de la hiérarchie de l'ordre juridique européen. Ensuite, parce qu'il contient les règles constitutionnelles relatives à la délimitation des compétences entre l'UE et les États membres ainsi qu'à la répartition des pouvoirs entre les institutions européennes.


2ème mensonge
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne est
en recul par rapport aux traités précédents


Le plus grave dans ce mensonge est qu’il use de l’omission. Ainsi, l’argumentation d’ATTAC cite des articles du traité mais « oublie » certains passages. Ce qui évidemment rend sa démonstration plus aisée.

ATTAC nous dit que le traité ne mentionne plus, à son article I-3, « la cohésion économique et sociale et la solidarité entre les Etats membres ». Sans doute l’association a oublié de tourner la page… puisque cette phrase y est bien présente.

Etrangement aussi, ATTAC ne précise pas que les objectifs de l’Union énoncés au même article, sont à la fois plus nombreux mais aussi plus opérationnels qu’auparavant. Par exemple, il existe désormais l’objectif d’une « économie sociale de marché » (Article I-3.3).

Plus loin, l’association se garde bien de souligner que sont mentionnés « la lutte contre l’exclusion sociale et les discriminations, la promotion de la justice et de la protection sociale, l’égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations » (Article I-3.3).
Tout comme elle oublie le fait que n’est plus mentionné dans les objectifs de l’Union « l’union économique et monétaire », ce qui ouvre la porte à une Europe plus politique.

Il y a plus grave encore. ATTAC affirme que le traité par son article III-314, donne la possibilité de libéraliser totalement les services sociaux et de santé publique. ATTAC laisse aussi entendre que les décisions dans ce domaine sont prises à la majorité qualifiée ce qui signifierait que la France ne dispose plus de droit de veto. C’est encore faux, car une fois de plus, l’association omet de mentionner l’article suivant (III-315) qui énonce que l’unanimité pour la négociation et la conclusion d’accords est requise concernant le domaine des services culturels et audiovisuels, des services sociaux, d’éducation et de santé. La France dispose donc toujours d’un droit de veto.


3ème mensonge
Pour ATTAC, l’Europe est encore plus ingouvernable avec le traité pour une Constitution européenne, celui-ci facilitant la toute puissance de la Commission


Ici, ATTAC s’efforce dans une longue argumentation bien complexe (qui traduit leur difficulté à prouver leur affirmation) de démontrer que la majorité simple n’existe plus dans le traité et qu’il sera de manière générale, plus difficile de voter des actes européens.
C’est tout simplement faux et d’ailleurs, personne n’avait jusqu’à présent soutenu une telle argumentation visant à faire croire que la prise de décision serait plus complexe alors même que l’un des objectifs de la Constitution est de faciliter cette prise de décision dans une Europe élargie !

En fait, le traité renforce la capacité décisionnelle du Conseil par rapport au traité de Nice, passant de 2% de coalitions possibles pour réunir une majorité qualifiée à environ 10%.
De plus, l’unanimité est désormais réservée à de rares domaines.

Enfin, concernant la majorité simple, bien que moins courante, elle existe toujours (articles III-208, III-217, III-338, III-341, III-344, III-345, III-346, III-347, III-349, III-351, III-428, IV-484).
A cela il faut ajouter la « clause passerelle » (Article IV-444) qui permet au Conseil européen statuant à l’unanimité d’autoriser le Conseil des ministres à statuer à la majorité qualifiée.


4ème mensonge
Pour ATTAC, les coopérations renforcées
sont plus difficiles à mettre en place


Ceci n’est pas exact. Certes, les coopérations renforcées sont assez strictement encadrées, mais le traité les étend largement, notamment sous une forme spécifique, à la défense.
Il est vrai que le seuil d’Etats membres requis est légèrement plus élevé, puisqu’il passe d’un chiffre définitivement fixé dans le traité de Nice à 8, à un seuil glissant d’un tiers (art. I-44.2), soit 9 Etats membres jusqu’à 27.
De plus, le renforcement des pouvoirs du Parlement européen fait que son approbation est désormais requise.

En revanche, le traité supprime la clause d’évocation au Conseil européen, ce qui constitue un assouplissement bienvenu.
Aussi, la possibilité grâce au traité de faire usage de la « clause passerelle » (permettant de passer de l’unanimité à la majorité qualifiée, ou d’une procédure législative spéciale à la procédure ordinaire, art. III-422) dans le cadre d’une coopération renforcée marque aussi un important progrès qui renforce l’intérêt et la souplesse d’une coopération éventuelle.
En matière pénale, un assouplissement de la procédure de déclenchement des coopérations renforcées est prévu en matière de rapprochement des législations pénales, si un Etat a fait usage de son droit de veto parce qu’il estime qu’un projet de loi-cadre porterait atteinte aux aspects fondamentaux de son système de justice pénale. Dans cette hypothèse, l’autorisation de créer une coopération renforcée est réputée accordée (sans qu’une proposition de la Commission, ni l’accord du Parlement européen ou un vote du Conseil ne soient nécessaires) pour adopter l’acte ainsi rejeté (le seuil d’un tiers des Etats membres restant requis). Cette clause est qualifiée d’ « accélérateur ».


5ème mensonge
Pour ATTAC, la Charte des droits fondamentaux ne crée pas
de nouveaux droits ni de nouvelles protections


C’est encore un mensonge. En faisant une comparaison simple entre la Charte des droits fondamentaux et la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des droits fondamentaux (CEDH) qui est à ce jour le catalogue de droits le plus protecteur au monde, on constate l’introduction de nouveaux droits notamment économiques et sociaux.
Ces nouveaux droits sont énoncés aux articles 1, 3, 8 et 9, 12 à 16, 18, 20 à 110 (excepté l’art. 48), soit une centaine de nouveaux droits.
Certes, il n’y a pas eu de reprise exacte de la Charte sociale de 1961 ; charte qui n’est ratifiée que par une minorité d’Etats membres ; mais le contenu des droits sociaux est substantiel.

La Charte consacre en effet des droits, tel que le droit à l’information et à la consultation des travailleurs, le droit de négociation, le droit de grève, le droit d’accès aux services de placements, la protection en cas de licenciement injustifié, le droit à des conditions de travail justes et équitables, le droit d’accès aux prestations de sécurité sociale, aux services sociaux et à l’aide au logement, ou encore l’accès aux services d’intérêt économique général (art. II-87 à II-96).
Cette reconnaissance d’un noyau dur de droits sociaux représente une avancée très importante pour l’Europe sociale.

ATTAC affirme aussi que le principe de concurrence libre et non faussée autorise des restrictions à l’exercice des droits fondamentaux. Evidemment c’est faux, et ATTAC omet de souligner que cela n’est possible qu’ « à condition que ces restrictions répondent effectivement à des objectifs d’intérêt général poursuivis par la Communauté et ne constituent pas, par rapport au but poursuivi, une intervention démesurée et intolérable, qui porterait atteinte à la substance même de ces droits » (CJCE, arrêt du 13 avril 2000, aff. C-292/97, repris par le traité). ATTAC n’indique pas non plus ce que la mention des intérêts généraux reconnus par l’Union couvre ; c’est-à-dire, les objectifs de l’Union européenne cités plus haut, et les articles I-5.1, III-133.3, III-154, III-436.

Plus bas, ATTAC fait des comparaisons entre la Charte et les Constitutions nationales des Etats membres, en avançant que celles-ci sont plus protectrices que la Charte. Or, d’une part c’est faux, d’autre part, quand bien même certains droits seraient mieux reconnus par une Constitution d’un Etat membre de l’Union, ces derniers sont de toute façon pris en compte par la Cour Européenne de Justice et la Cour Européenne des Droits de l’Homme (la jurisprudence le confirme et le traité l’énonce à son article II-112 : « les droits fondamentaux doivent être interprétés en harmonie avec les traditions constitutionnelles communes aux Etats membres ». Il n’y a donc aucun risque d’être moins bien protégé avec le traité constitutionnel).
Au contraire, désormais, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (que tout citoyen européen peut saisir) jugera les violations non seulement des droits de la CEDH mais aussi de ceux de la Charte.

Ainsi, l’Union européenne disposera de deux juridictions et de deux catalogues de droits. Pour la première fois, les institutions et organismes européens pourront être sanctionnées.


6ème mensonge
Pour ATTAC, les services publics ne seront pas mieux protégés


Autant il est vrai que l’article II-96 dont parle ATTAC ne crée pas véritablement de droit nouveau (toutefois, il pose le principe du respect par l’Union de l’accès aux services d’intérêt économique général tel qu’il est prévu par les dispositions nationales, dès lors que ces dispositions sont compatibles avec le droit de l’Union), autant l’article III-122 marque une grande innovation dont ne parle pas l’association. En effet, il instaure pour la première fois une base juridique spécifique pour les services d’intérêt économique général (SIEG). Cette création répond principalement à une demande formulée par la France et la Belgique.

Cela s’ajoute à l’article III-238 (qui cite explicitement « la notion de service public » concernant les aides publiques dans le secteur des transports), et à l’article III-166 (reprenant l’article 86-2 du Traité sur les Communautés européennes) qui énonce que l’accomplissement d’une mission de service public peut prévaloir sur l’application des règles européennes, y compris les règles relatives au marché intérieur et à la concurrence.

L’article III-122 souligne l’importance du respect du principe de subsidiarité en rappelant que l’Union et les Etats membres interviennent « chacun dans les limites de leurs compétences respectives et dans les limites du champ d’application de la Constitution européenne ». Qu’il s’agisse en effet des services publics locaux ou encore des services sociaux ou de santé, le traité constitutionnel européen laisse aux Etats membres la possibilité et la liberté de définir, d’organiser et de financer les services qu’ils qualifient de SIEG et qu’ils entendent fournir pour répondre aux besoins des citoyens, besoins qui peuvent d’ailleurs varier d’un pays à l’autre ou d’une région à l’autre en fonction des particularités culturelles ou géographiques.

Surtout, ce qu’ATTAC n’explique pas, c’est que les SIEG correspondent aux seuls services publics industriels et commerciaux en droit français, et que pour les autres, l’Union européenne n’interfère en rien ! Elle n’interfère en effet en rien dans l’organisation des services publics administratifs, qui demeurent de la seule compétence des Etats, qu’il s’agisse des services régaliens (défense, sécurité, justice, diplomatie) ou des services tels que l’éducation, la santé, la solidarité, la culture ou l’environnement.

ATTAC ne dit pas non plus que les services publics apparaissent de plus en plus comme un élément structurant du modèle social européen. La notion de service universel (service de base offert à tous sur l’ensemble du territoire de l’Union à des conditions tarifaires abordables et avec un niveau de qualité standard) est de plus en plus utilisée même dans le cadre de la libéralisation des réseaux européens (transports, télécommunication, etc.). Aussi, les SIEG participent pleinement à la réalisation des objectifs fixés dans le cadre de la stratégie de Lisbonne visant à faire de l’Union l’économie la plus compétitive au monde.
Enfin, l’opportunité d’adopter un cadre juridique européen transversal sur les SIEG et les services publics (proposition du Parti socialiste) passe par l’adoption du traité constitutionnel. Là encore, ATTAC ne le précise pas.


7ème mensonge
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne n’est pas neutre, il impose des orientations politiques


C’est tout à fait faux. Le traité constitutionnel européen ne préjuge en rien du type de politique (libérale, socialiste ou social-démocrate) qui sera suivie par l’Union dans son ensemble ou par chacun des Etats membres dans son cadre national.

Certes, le traité constitutionnel fait mention des « politiques et fonctionnements de l’Union ». Cela ne signifie pas que des politiques militaire, agricole et économique sont imposées comme ATTAC l’affirme !
Il est en revanche logique que certaines règles de base de cette Union d’Etats soient reprises tant que l’UE et ses habitants n’ont pas de véritable identité politique et juridique (Art. I-3.2 : « la concurrence libre et non faussée » existait déjà dans le traité de Rome de 1957 et cela n’a pas empêché les services publics de fonctionner correctement, en revanche, la mention d’une « économie sociale de marché » et la consécration des services d’intérêt économique général sont deux nouveautés).

De plus, nous ne pouvons « oublier » que l’UE s’est construite sur un marché commun, la CEE (Communauté économique européenne). Pour la première fois, un traité européen permet d’aller plus loin, vers une véritable union politique.
Ensuite, comme le disait dernièrement Jacques Delors, posons-nous la question « qui fait quoi ? Que disent les anciens et les nouveaux traités ? Et rappelons nous le principe de subsidiarité : chaque fois que l’on peut résoudre un problème près des gens eux-mêmes peuvent le faire, pourquoi monter plus haut, du niveau national au niveau européen ? »

Rien n’empêche aujourd’hui et rien n’empêchera demain, avec le traité constitutionnel, un gouvernement de mener une politique sociale selon ses propres orientations. Rappelons aussi que sont en premier lieu de la compétence nationale la politique macroéconomique, l’emploi, la santé, la sécurité sociale, l’éducation, la culture. A l’inverse de ce qui est présenté, la réalité est que le traité constitutionnel n’impose aucune uniformisation.
Il est donc tout à fait faux d’affirmer que le texte impose une politique économique donnée. Même à ce niveau, cela reste un cadre (c’est d’ailleurs un des rares points communs qu’a ce traité avec une constitution nationale classique).

La politique de l’Union sera « de droite » ou « de gauche » selon « la couleur politique » qui ressortira de l’élection au suffrage universel direct du Parlement européen et des élections nationales.
Sur les relations avec l’OTAN, le texte du traité constitutionnel (article I-41) est identique à celui du traité en vigueur actuellement (article 17 du traité sur l’Union européenne).
Pour les citoyens inquiets, il n’est pas inutile de rappeler que la présence de l’art 17 TUE n’a jamais empêché les Européens d’être autonomes à l’égard de la politique américaine. Il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler que la France a contesté devant l’ONU le bien fondé de la politique américaine en Irak avant de s’opposer à l’intervention armée décidée par G. Bush. L’Union européenne en tant que telle est intervenue de manière autonome au Congo, sans compter ses missions civiles ou militaires, avec ou sans l’OTAN, en Bosnie-Herzégovine ou en Macédoine.


8ème mensonge
Pour ATTAC, la Banque Centrale Européenne est incontrôlable
et le traité pour une Constitution européenne
ne crée aucun contre-pouvoir


Ceci est faux. Le traité constitutionnel renforce considérablement la gouvernance économique de la zone euro, en dotant les Etats ayant adopté la monnaie unique d’une capacité décisionnelle autonome sur la plupart des sujets qui les concernent directement. Les Etats membres de la zone euro pourront désormais adopter seuls les mesures qui les intéressent directement, sans que les autres Etats ne prennent part au vote. Il y a un renforcement majeur de l’autonomie décisionnelle de la zone euro, y compris pour ce qui est de sa représentation externe (article III-196)
Concernant le protocole, il semble qu’ATTAC n’en ait saisi ni le sens ni la portée. Ce protocole n° 12 consacre l’existence de l’Eurogroupe, c’est-à-dire l’enceinte réunissant les ministres des finances des Etats membres de la zone euro. Cela fait partie des nombreuses mesures permettant de renforcer la gouvernance économique de la zone euro en créant une capacité décisionnelle autonome pour ses membres.
Le fait de prévoir par ce protocole l’élection d’un Président permanent pour deux ans et demie n’est pas rien. Car ce Président contribuera à renforcer la coordination des politiques économiques des pays de la zone euro et la représentation externe de l’UEM (Union économique et monétaire) au sein des institutions financières internationales (FMI et G7 en particulier).

Sur ce dernier point, il sera en concurrence avec le président de la BCE qui tend également à s’affirmer comme « M. Euro » et revendique l’exercice de la politique de change de la monnaie unique.
Le Président de l’Eurogroupe contribuera, en tout état de cause, à rééquilibrer le dialogue des Etats membres avec la BCE.


9ème mensonge
Pour ATTAC, avec le traité pour une Constitution européenne,
rien ne va changer en 2006


La Constitution entrera en vigueur le 1er novembre 2006. L’article IV-447 de la Constitution (p. 325 du texte français) fixe clairement cette date : le 1er novembre 2006 (soit deux ans exactement après la date de la signature à Rome).
Deux remarques cependant :
- Au cas où, à cette date, les 4/5 des États (c’est-à-dire 20 États) auraient ratifié mais 1/5 ou moins (c’est-à-dire 5 ou moins) « éprouveraient des difficultés à ratifier », le Conseil européen se saisirait de la question (p. 72 du texte des déclarations annexées à la Constitution).
- Certaines dispositions des traités ne seront pas applicables immédiatement, mais simplement pour des raisons de calendrier : ainsi la diminution du nombre de membres de la Commission (de 25 à 2/3 du nombre des États soit 17 pour l’Europe à 25 ou 19 pour l’Europe à 28) ne s’appliquera qu'à la fin du mandat de la Commission qui suivra la Commission Barroso (soit, en principe, à partir de 2014).

En fait, à l’inverse de ce que affirme ATTAC, seules les dispositions relatives à la majorité qualifiée et à la composition de la Commission ont une entrée en vigueur différée, respectivement en 2009 et 2014.
ATTAC met en avant une entrée en vigueur tardive du traité pour relativiser la gravité d’un échec éventuel de la ratification.
Mais en réalité, la grande majorité des dispositions du traité entreront bel et bien en vigueur fin 2006.


10ème mensonge
Pour ATTAC, les syndicats et les socialistes européens ne soutiennent pas le traité pour une Constitution européenne


C’est toujours faux. ATTAC souligne le fait que l’UNICE, syndicat de chefs d’entreprise européens, est favorable au traité. Le discours d’ATTAC donnerait à penser qu’il ne s’agit finalement que de quelques originaux ou « dirigeants » concernant les partisans syndicalistes du « oui ». Que ces derniers sont des traîtres à la cause des travailleurs, vendus aux capitalistes, et dont les prises de positions sont marginales.

En fait de minorité négligeable, les syndicats dont il s’agit regroupent au total…soixante millions de personnes ! Certes, tous ne sont pas partisans du « oui » mais leur très large majorité l’est. Ces millions de salariés qui voient dans le projet de Constitution européenne un outil leur permettant d’avancer vers plus d’Europe sociale, sont-ils inconscients de leurs propres intérêts, manipulés par le patronat, ou simplement persuadés de l’intérêt du dialogue social au niveau international ? Il suffit de se pencher sur l’évolution des relations industrielles en Europe pour se rendre compte que toute réponse simpliste renvoyant la construction européenne à un projet capitaliste antinomique de tout progrès social est une caricature.

La Confédération européenne des syndicats (CES) se prononcent en faveur du traité mais qu’est-ce que la CES ? La Confédération européenne des syndicats (CES) a été créée en 1973 en vue d’offrir un contrepoids syndical aux forces économiques d’intégration européenne. A l’heure actuelle, la CES regroupe 74 organisations membres de 34 pays européens, ainsi que 11 fédérations syndicales européennes, soit au total 60 millions de membres. D’autres structures syndicales tels que Eurocadres (Conseil des cadres européens) et la FERPA (Fédération européenne des retraités et personnes âgées) opèrent sous l’égide de la CES. Celle-ci coordonne en outre les activités de 39 CSI (Conseils syndicaux interrégionaux), qui organisent la coopération syndicale au niveau transfrontalier. En ce qui concerne les organisations françaises, la CFDT, la CGT, FO et la CFTC en sont membres. La CES est reconnue par l’Union européenne, par le Conseil de l’Europe et par l’Association européenne de libre échange (AELE) en tant qu’unique organisation syndicale inter-professionnelle représentative au niveau européen .
La CES s’est prononcée pour le « oui » une première fois lors de son Comité Directeur du 13 juillet 2004, puis lors de son Comité Exécutif des 13 et 14 octobre 2004. John Monks, Secrétaire Général de la CES a exprimé son soutien au Traité constitutionnel et à sa ratification partout en Europe. Il a en particulier salué l’Article I-48, qui reconnaît le rôle des partenaires sociaux au niveau européen et qui prend en compte respectivement la diversité des relations sociales nationales et l’autonomie du dialogue social.
Concernant les jeunes socialistes français et européens, il n’est pas honnête de dire qu’ils s’opposent au traité en ne citant qu’une seule de leur déclaration. Ils sont divisés entre le « oui » et le « non » et de ce fait, ne font pas campagne.
Concernant les socialistes et sociaux-démocrates européens, ils ont exprimé à l'unanimité le 8 avril dernier qu’ils soutenaient à 100 % l'engagement du PS en France pour le « oui». 191 députés socialistes ont appuyé cette ligne, un parlementaire suédois s'y est opposé et il y a eu 10 abstentions, celles de députés français.



1er boniment
Pour ATTAC, le vote OUI provoquerait une crise très grave,
le vote NON n’en provoquerait pas

Les propos d’ATTAC sont confus. On peut ainsi lire que « le rejet du traité n’entraînerait pas de crise » puis, quelques lignes plus loin, que « cette crise aurait le mérite d’obliger à poser la question des fondements de la construction européenne. »
Alors ? Crise ou pas crise ?
Le refus, exprimé par le peuple français, de ratifier le traité pour une Constitution européenne, ne constituerait pas, effectivement, une crise insoluble. Il faut également reconnaître que l’Union européenne a déjà connu un certain nombre de remises en question. Mais il est malhonnête de prétendre qu’un NON français n’aurait aucun effet négatif. ATTAC reconnaît d’ailleurs qu’il « serait mensonger de prétendre que le rejet de la constitution européenne par le peuple français serait sans conséquence politique. »
De quelles conséquences s’agit-il ?
En termes institutionnels, un NON français aurait pour conséquence première le maintien du Traité de Nice qui, contrairement à ce qu’affirme ATTAC, n’organise pas un fonctionnement « parfois plus facile » des institutions communautaires. Bien au contraire.
En termes politiques, un NON français nous marginaliserait durablement au sein des institutions européennes (ce que les membres d’ATTAC parviennent difficilement à cacher lorsqu’ils écrivent que « les institutions européennes se verraient désavouées par le peuple français. »). Un NON français signifierait un retour au statu quo de Nice. La mort politique du traité pour une Constitution européenne, sans qu’aucune alternative tangible ne puisse être proposée. Une phase de renégociations difficiles et hasardeuses, qui risque de bloquer la construction européenne pendant plusieurs années.

Alors, c’est vrai, le vote NON ne provoquerait pas une crise très grave. Mais il entraînerait une régression certaine et durable, à la fois sur le plan politique et à l’échelle sociale, et nous ôterait les moyens d’y remédier.

L’argumentation d’ATTAC renverse la problématique en tentant de montrer que c’est le OUI au référendum qui est porteur de crise et le NON qui garantit la sécurité. Cette argumentation est fausse et joue avec la peur du lecteur. Deux exemples sont significatifs.

• « Le fait d’enfermer 25 peuples dans le carcan de cette constitution pourrait avoir des conséquences [très] graves. » De quel carcan parle-t-on ? De la révision du traité constitutionnel à l’unanimité, régime en vigueur depuis l’origine de la construction européenne, et qui n’a pas empêché la révision de plus en plus fréquente des derniers traités (voir réponse au boniment n°4) ? Si les peuples courent le risque de s’enfermer dans un carcan, c’est plutôt dans un carcan politique, en se mettant délibérément hors-jeu, en se liant les mains, en s’interdisant de pouvoir jouer un rôle quelconque au sein des institutions communautaires.

• « Pire encore, en faisant de la concurrence l’alpha et l’oméga de la construction européenne, on met en concurrence les États et leurs modes de vie. La directive Bolkestein illustre à merveille la conception libérale de l’harmonisation européenne. » D’une part, l’intervention du Conseil et du Parlement européens ont récemment suspendu la mise en application de la directive Bolkestein, précisément au nom de la défense des acquis sociaux. D’autre part, le traité pour une Constitution européenne instaure un certain nombre de garanties qui nous protégeront à l’avenir des lois-cadres de type Bolkestein (voir Réponse au boniment n°3).


2ème boniment
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne ne permettra pas à l’Europe de disposer d’une politique étrangère


Contrairement à ce que semble avancer ATTAC, le but du Ministre des Affaires Étrangères de l’Union Européenne n’est ni de « faire son trou », ni d’ « imposer sa domination aux 25 chefs d’États européens. » La diplomatie, qui assurément n’est pas l’activité principale d’ATTAC, ne saurait d’ailleurs se résoudre à la « domination » d’une personne sur 25 États. Il s’agit plutôt de rechercher le consensus entre des positions diplomatiques parfois divergentes.

Ce sont précisément les difficultés rencontrées par la diplomatie européenne lors des conflits récents (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Irak notamment) qui ont amené les conventionnels à proposer une politique étrangère commune plus forte, basée essentiellement sur la création du poste de Ministre des Affaires Étrangères de l’Union européenne, qui se substitue au Haut Représentant pour la PESC et au Commissaire chargé des relations extérieures .

Contrairement à ce qu’affirme ATTAC, le Ministre des Affaires Étrangères n’aura pas « qu’un titre plus ronflant » (encore que cette dernière analyse demande à être vérifiée), mais il disposera véritablement de plus de pouvoirs.

- représentation de l’Union pour les matières relevant de la PESC , ainsi que dans les instances internationales , missions auparavant dévolues à la Présidence du Conseil européen
- conduite du dialogue politique de l’Union avec les pays tiers2, mission auparavant dévolue à la Présidence du Conseil européen
- droit d’initiative en matière politique étrangère – la Commission ne peut donc plus saisir seule le Conseil en la matière
- nomination des représentants spéciaux (article III-302)
- vice-présidence de la Commission Européenne (article I-28)

L’argumentation d’ATTAC, qui vise à minimiser les pouvoirs du futur Ministre des Affaires Étrangères de l’Union européenne, est incomplète, donc fausse. En effet, l’article III-300, qui reconduit effectivement le principe du vote à l’unanimité pour les décisions en matière de politique étrangère, n’est pas cité dans sa totalité. Or, les membres d’ATTAC auraient gagné à poursuivre leur lecture un peu plus avant dans l’article III-300, celui-ci établissant un certain nombre d’exceptions au vote à l’unanimité. Ainsi le vote à la majorité qualifiée suffit-il lorsqu’il s’agit de l’adoption d’une décision européenne prise sur la proposition du Ministre des Affaires Étrangères à la suite d’une demande spécifique du Conseil européen (article III-300, 2).


3ème boniment
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne n’empêche pas les directives de type « Bolkestein »


Le traité pour une Constitution européenne comporte un certain nombre de garanties contre des dérives libérales inacceptables, comme la directive Bolkestein.
D’une part, il offre des garanties sociales, en matière de droits fondamentaux.
À cet égard, il est faux, et même aberrant, de prétendre, comme le fait ATTAC, que « toutes les garanties qui seraient dans la Constitution sont déjà dans le traité de Nice ou dans la Charte des droits fondamentaux. »
L’un des apports principaux du traité pour une Constitution européenne est précisément d’intégrer, dans le corpus juridique européen, la Charte des droits fondamentaux, qui, dans le système actuel, n’a aucune valeur contraignante sur le plan juridique. Au final, le Traité pour une Constitution européenne comporte, avec la Charte des droits fondamentaux, un ensemble de droits plus étendu que la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales (CEDH).
La reconnaissance explicite de ces nouveaux droits (partie II du traité), ainsi que les objectifs politiques de l’Union (partie I du traité) s’opposent notamment à l’esprit de la directive Bolkestein.
Ainsi, le traité précise que « l’Union œuvre pour…une économie sociale de marché qui tend au plein emploi et au progrès social… un niveau élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement…Elle promeut la justice et la protection sociales ».

La partie III elle-même, qui est dénoncée par les membres d’ATTAC comme étant un recueil de politiques libérales, reconnaît, en matière de marché intérieur (en ce qui concerne notamment la libre circulation des services, objet de la proposition Bolkestein) que la Commission, dans ses propositions en matière de santé, de sécurité, de protection de l’environnement et de protection des consommateurs, « prend pour base un niveau de protection élevé ».
Or aucun niveau élevé n’est spécifié dans Bolkestein, puisque cette proposition affirme la seule application du principe du pays d’origine sans rapprochement, ni harmonisation des législations des Etats membres.

L’article III-209 apporte une garantie ultime contre des textes de type Bolkestein : « L’Union et ses Etats, conscients des droits sociaux fondamentaux (définis dans la partie II du traité)… ont pour objectifs la promotion de l’emploi, l’amélioration des conditions de vie et de travail, permettant leur égalisation dans le progrès, une protection sociale adéquate, le dialogue social, le développement des ressources humaines permettant un niveau d’emploi élevé et durable…Ils estiment qu’une telle évolution résultera tant du fonctionnement du marché intérieur qui favorisera l’harmonisation des systèmes sociaux que des procédures prévues par la Constitution et du rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des Etats membres ».

Par ailleurs, le traité comporte une clause sociale générale : « dans la définition et la mise en œuvre des politiques visées à la présente partie [partie III], l’Union prend en compte les exigences liées à la promotion d’un niveau d’emploi élevé, à la garantie d’une protection sociale adéquate, à la lutte contre l’exclusion sociale ainsi qu’à un niveau élevé d’éducation, de formation et de protection de la santé humaine ». La dimension sociale devra ainsi être prise en compte dans toutes les politiques de l’Union. Toute loi européenne qui serait contraire à ces objectifs pourra être annulée par la Cour de Justice des Communautés Européennes.

Enfin, le traité pour une Constitution européenne met en place un mécanisme de contrôle de la Commission par les Parlements nationaux au nom du principe de subsidiarité. Ainsi, dans le Traité constitutionnel (Protocole additionnel n°2), un Parlement national estimant qu’un projet d’acte législatif européen met en cause le principe de subsidiarité, en intervenant dans un domaine de la compétence des Etats-membres, peut adresser aux institutions européennes un avis motivé qui, s’il est soutenu par un tiers des parlements nationaux, entraîne le ré-examen obligatoire du projet législatif . « Ce seuil est d’un quart lorsqu’il s’agit d’une projet d’acte législatif européen relatif à l’espace de liberté, de sécurité et de justice . »
Dans le case d’un projet législatif comparable à la directive Bolkestein, les Parlements nationaux pourraient ainsi contraindre la Commission à revoir sur le fond l’acte législatif, en invoquant la méconnaissance du principe de subsidiarité par des clauses de type « principe du pays d’origine » (les réglementations sociales restant de la compétence des États-membres).


4ème boniment
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne
empêche toute évolution de l’Europe


Pour ATTAC, l’hypothèse d’une révision du traité pour une Constitution européenne est très discutable, pour plusieurs raisons :
- « pour modifier la Constitution, il faudrait (avec le nouveau traité) respecter des règles précises fixées par la Constitution elle-même. » Ce principe prévaut actuellement pour la révision des Constitutions de tous les Etats démocratiques. Que souhaite ATTAC ? Pouvoir modifier une Constitution sur la base de règles qui n’y figurent pas ?
- « A toutes les étapes (de la procédure de révision), il faut ajouter la ratification par l’ensemble des Etats membres. » C’est faux. Les propositions de révision, qui peuvent émaner de tout Etat membre, du Parlement européen et de la Commission européenne (article IV-443), ne requièrent pas la ratification par l’ensemble des Etats membres. Pas plus que l’examen par le Conseil européen de ces propositions de révision, la convocation éventuelle d’une convention ou d’une conférence intergouvernementale, et l’adoption d’une position commune par cette convention. Le dernier mot revient effectivement aux Etats membres, qui doivent ratifier la modification de révision, par voie parlementaire ou référendaire.
En tout état de cause, ATTAC tente de montrer, en vain, que le traité pour une Constitution européenne sera scellé dans le marbre, qu’il ne pourra pas être révisé. Cette argumentation est simpliste, dans la mesure où elle fait l’impasse sur la réalité politique de la construction européenne.
Qu’observe-t-on dans ce domaine ? D’une part, le principe de l’unanimité a prévalu, depuis les origines de la construction européenne, à chaque fois qu’il s’est agi de réviser un traité. D’autre part, la Communauté, puis l’Union européenne s’est sans cesse élargie, passant de 6 membres en 1957 à 25 membres aujourd’hui.
A la croisée de ces deux chemins, l’Histoire européenne montre que plus les États membres ont été nombreux, plus les révisions des traités ont été fréquentes. Ainsi les révisions se concentrent-elles pour la plupart au cours de ces dernières années, alors même que l’Europe comptait de plus en plus de membres :
- 1957 traité de Rome – Europe à 6
- 1986 Acte unique – Europe à 12
- 1992 traité de Maastricht – Europe à 12
- 1997 traité d’Amsterdam – Europe à 15
- 2000 traité de Nice – Europe à 15

L’élargissement de l’Union européenne n’est donc pas un obstacle politique à la révision des traités à l’unanimité.
Le même raisonnement peut être tenu concernant les coopérations renforcées (article I-44) et les procédures de révision simplifiée, également appelées « clauses passerelles » (articles IV-444 et IV-445). Ces dispositions, qui permettent aux Etats qui le souhaitent d’avancer ensemble, dans certains domaines, plus loin que ne le fait l’Union (avec notamment le remplacement de la procédure de vote. à l’unanimité par le vote à la majorité qualifiée), comportent effectivement un certain nombre d’obstacles juridiques à franchir pour être mises en application. Mais la logique politique doit également être prise en considération. Imagine-t-on demain un seul pays s’opposer à neuf Etats ayant formulé devant le Conseil européen le désir de mettre en œuvre des coopérations renforcées en matière de fiscalité ? L’Union européenne se construit sur la base de négociations, de rapports de force. Il est incomplet de s’arrêter à la lettre des traités, passés, actuels et à venir, pour présager des politiques qui seront menées.
En ce sens, nous sommes en droit d’attendre une Europe sociale. Rien ne l’interdit dans le traité pour une Constitution européenne.


5ème boniment
Pour ATTAC, l’Europe va disposer d’une défense commune
dépendante des Etats-Unis


ATTAC compare l’article I-47 du traité pour une Constitution européenne et l’article 17-4 du traité de Nice pour mettre en évidence un recul dans la construction d’une Europe de la défense. Cette comparaison n’est pas bonne, car les deux articles ne se correspondent pas exactement.
En effet, si l’article I-47 du traité pour une Constitution européenne stipule que « les engagements et la coopération dans ce domaine [la politique européenne de sécurité et de défense] demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre », cet article fait référence à une nouvelle disposition du traité constitutionnel, indépendante de la définition des rapports de l’Union Européenne avec l’OTAN, qui porte sur une clause de défense collective, dans « le cas où un Etat membre serait l’objet d’une attaque armée sur son territoire » (ex article I-41-7-§7).
A l’évidence, un Etat membre de l’Union et de l’OTAN, s’il était attaqué pourrait bénéficier de l’assistance collective de l’Union et de l’OTAN, dans le respect de la Charte des nations Unies.

L’Union a toujours reconnu l’appartenance légitime de la majorité de ses membres à l’OTAN (19 sur 25, y compris la France). Le traité de Nice actuellement en vigueur dispose ainsi que « la politique de l'Union au sens du présent article n'affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l'Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre . »
Le traité pour une Constitution européenne n’est donc pas « en recul par rapport à la formulation du traité de Nice ». Au contraire, il définit les bases d’une politique européenne de défense :

- élargissement du champ d’application de la politique de défense
- possibilité, pour les États-membres qui le souhaitent, de former des coopérations renforcées dans le domaine de la défense
- création d’un Ministre des Affaires Étrangères de l’Union Européenne (cf. réponse au boniment n°2)
- mise en place d’une clause de solidarité antiterroriste

 

Nicolas Cadène

SDJ 30 

Par SDJ 30
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Dimanche 29 mai 2005
 

La réunification ne doit pas se faire sous l'hégémonie idéologique des partisans du non, qui n'offre aucune perspective de gouvernement crédible.
Voici un excellent article paru aujourd'hui dans le journal
Libération :


Notre défaite et ses lendemains

Par Joël ROMAN

Joël Roman l'hégémonie
éditeur, membre
du comité de rédaction de
la revue Esprit.

jeudi 02 juin 2005


Le refus français de valider le traité constitutionnel européen laisse derrière lui un champ de ruines. C'est d'abord la défaite de l'Europe, de l'Europe institutionnelle qui avait négocié et proposé le traité, et qui a continué d'être perçue comme lointaine et bureaucratique. Mais aussi celle de l'Europe comme projet, puisqu'il est clair, maintenant que se dissipent les mensonges de la campagne, qu'il n'y aura pas de renégociation et que le traité constitutionnel est mort. C'est la perspective d'une Europe politique qui s'est ainsi évanouie (pas pour toujours peut-être, mais pour longtemps), et nous allons en rester pour l'essentiel à un grand marché régi par les traités en vigueur : un recours difficile à la majorité qualifiée, donc peu de progrès en perspective, et peu de régulation du libéralisme. Ceux qui de bonne foi ont voté non en voulant une Europe plus sociale commencent à s'apercevoir qu'ils ont été les dindons de la farce. Mais c'est secondaire, au regard de la fantastique régression que cela représente pour l'Europe, chacun des pays européens étant tenté de reprendre ses billes et ne trouvant plus guère de freins dans la surenchère nationaliste. Cela doit être ce qu'on appelle l'Europe des peuples. C'est encore la défaite de la France en Europe, puisque celle-ci qui était à l'initiative de ce projet de traité s'est vue désavouée par ses propres citoyens, suscitant les sarcasmes des libéraux, opposants de toujours à un projet fédéral, et voit ainsi sa place affaiblie, et confirmée son impuissance à peser sur le cours des choses.

En France, c'est la défaite de Chirac, qui porte là une responsabilité maximale, en ayant obstinément refusé de tirer les leçons des précédents scrutins, et en ayant bafoué le mandat qui lui avait été confié le 5 mai 2002 de rétablir la confiance dans la politique. Mais c'est surtout la défaite de la gauche, qui s'est durablement divisée à cette occasion : à celle qui voulait mener le combat de la gauche européenne et saisir l'occasion d'un progrès social et politique de l'Europe s'est opposé avec succès un front du refus cherchant à faire partager son impuissance protestataire. Ce front a dû une grande part de son succès à l'apport d'un ancien Premier ministre, qui a crédibilisé le non et décomplexé les électeurs que ce vote tentait, en vendant sa responsabilité d'homme d'Etat pour une popularité populiste. La victoire du non a installé durablement dans une bonne partie de l'opinion de gauche le mythe d'une alternative globale, l'espoir d'autant plus ancré qu'il est chimérique d'un grand soir de tous les recommencements. Elle a accrédité l'idée qu'il y avait plus à perdre qu'à gagner à aller de l'avant, que dire la vérité était dangereux, que l'Europe et au-delà le monde étaient d'abord une menace et non un pari. Elle a confondu et parfois amalgamé le nationalisme du ressentiment et le nationalisme de la peur, un nationalisme de fermeture et un nationalisme de précaution. Elle a révoqué l'idée que les démocrates avaient en commun, au-dessus de leurs divergences, un certain nombre de valeurs en partage, et entériné l'option qu'il était possible de faire un bout de chemin avec l'extrême droite. Puisque le non a été majoritaire, et que les ouvriers et employés ont voté majoritairement non, celui-ci se voit auréolé de tous les mérites : le non est populaire, le oui élitiste et méprisant, argument inusable de tous les populismes. Déjà cette intimidation porte ses fruits, puisqu'on entend une partie de la gauche dire qu'il faut renouer les fils du dialogue rompu, que cette divergence tactique était passagère, que nous devons nous rassembler comme si de rien n'était. Embrassons-nous, Chirac est affaibli et préparons ensemble les présidentielles de 2007 ! Fabius a fort logiquement entonné ce couplet. Une telle réunification de la gauche se fera sous hégémonie idéologique de la gauche du non, à coups de rhétorique mouvementiste et sans bien sûr aucune perspective de gouvernement crédible. Peu importe, puisque son destin est alors soit de renoncer très vite, soit de trahir, en rééditant 1983 : on oublie les fadaises qui nous ont fait élire, et on se rallie sans vergogne et sans critique à la version la plus plate de l'économisme ambiant. Celui qui a déjà été à la manoeuvre dans cette belle occasion, qui a déjà trahi une fois son «réalisme», pourra bien le faire une seconde fois en sens inverse, puisque aussi bien il a retenu du mitterrandisme que la seule vertu politique était le cynisme. La «victoire» du non porte ainsi la défaite dans ses flancs.

Mais elle condamne aussi la perspective ouverte par les partisans du oui : chez eux aussi, les sirènes de l'unité vont résonner, et l'on va voir refleurir les vieilles illusions. La défaite a aussi été celle des Verts, du Parti socialiste et de François Hollande, d'une manière de surfer sur le mécontentement social sans jamais faire de propositions politiques. Nous payons le prix des confusions entretenues depuis de longues années déjà : les compromis avec le national-souverainisme passés à l'occasion de la loi sur le voile ou du soutien à la politique de Chirac dans la crise irakienne, gérée sans considération aucune des autres Européens ; la fausse résurrection du PS après 2002, chevauchant avec démagogie le refus de la réforme des retraites, ou le mouvement des intermittents du spectacle, sans offrir de perspective ; l'incapacité des Verts d'adopter une posture réformiste et majoritaire clairement assumée ; plus avant encore, la résurrection, à l'automne 1995, d'une posture de radicalité, qui a su se donner la légitimité de la gauche et du progrès social quand toute son attitude tendait au conservatisme le plus étroit et au refus du changement ; et, pourquoi pas, dans les années 70 quand le choix de l'unité d'action avec le Parti communiste et du Programme commun se faisait en sacrifiant la confrontation théorique et politique avec la vision du monde que portait le communisme.

De ce point de vue, ce résultat signe aussi, surtout, notre défaite, celle des Européens convaincus, des antisouverainistes, des réformistes résolus, de la gauche de conviction et de transformation sociale. Non seulement nous n'avons pas su convaincre que ce traité représentait un progrès, mais quand au milieu des outrances et des contre-vérités nous y sommes parfois (rarement) parvenus, nous n'avons pas pu convaincre qu'un progrès, même partiel, même provisoire, même limité, était bon à prendre. Pouvons-nous nous contenter d'exiger maintenant une clarification qui n'a pas eu lieu plus tôt, clamer haut et fort notre intransigeance et confirmer, en Cassandre satisfaits, la réputation de loosers que nos adversaires ne cessent de nous faire ? Pire : nous nous sommes laissés voler l'idée de réforme par la droite qui propose d'associer l'individualisation des risques à la marchandisation des services, sous la tutelle d'un Etat renforcé dans sa dimension sécuritaire. La droite n'a cessé d'appeler réforme cette remise en cause de la philosophie sociale solidariste, tout comme elle appelle libéralisme la précarisation des plus faibles. Nous avons perdu ainsi sur les deux tableaux : par le hold-up de la droite sur le réformisme et le libéralisme, par la diabolisation qu'une certaine gauche, populiste, souverainiste et conservatrice a fait de ces deux mots.

Nous ne serons pas des retrouvailles d'une gauche oublieuse de ce scrutin. Nous ne participerons pas à une alternance en trompe l'oeil. C'est à une alternative de gauche, mais aussi dans la gauche qu'il nous faut travailler. Nous avons une bonne raison de le faire maintenant : la situation ne peut pas être pire.

Par SDJ 30
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Dimanche 29 mai 2005

 

Et maintenant ?

Par Nicolas Cadène, SDJ 30

Voici une lettre envoyée aux responsables politiques et associatifs de la défaite du "oui" au référendum du 29 mai 2005.


Madame Buffet, Monsieur Cassen, M. Nikonoff, M. Bové, M. Besancenot, M. Mélenchon, M. Emmanuelli, M. Fabius,

Vous qui vous êtes portés en "hérauts" du "non" de gauche, vous qui nous avez affirmé pouvoir renégocier une Constitution et vite,

Qu'en est-il aujourd'hui ?
Au-delà de vos luttes pour le pouvoir (au PS, ou pour un "Front de gauche") ou d'influence et de reconnaissance (attac), quels sont désormais vos propositions ?

Qu'allez vous faire pour répondre aux Français respectables et qui vous ont fait confiance en votant "non" ?

Quelles sont vos grandes idées et innovations ?

Quelles sont vos participations et pour quelle Europe ? (rappelons que vous n'aviez pour la plupart, fourni aucune proposition lors des travaux de la Convention qui élaborait la Constitution européenne)

C'est étrange, vous n'en parlez plus.
On ne vous entend plus.
Il semblait pourtant que les médias n'avaient plus de secret pour vous.

Vous semblez ne plus vous en soucier.

Comme si votre "non", celui de vous : leaders politiques et associatifs, se révélait être un "non" démagogue, conservateur et protectionniste, un "non" de repli.
Un "non" qui n'est pas celui que voulait signifier la population.

Votre "non" à vous est intéréssé, a pour but de reconcquérir un électorat, une reconnaissance et un pouvoir.

Je ne vois rien aujourd'hui sur vos sites Internet (attac, nonsocialiste, LCR, PCF, etc.).

Rien que des "auto-congratulations", des appels à des manifestations futures.

Rien de crédible, aucune pétition, aucune proposition de renégociation, aucune pression exercée sur les Etats.

Les socialistes du "non" proposent des "motions" pour reprendre le pouvoir au sein du PS et le PC a simplement adressé une timide lettre d'une demie page au Président de la République, lui demandant de retirer sa signature du traité établissant une Constitution pour l'Europe. Grandiose...

Mais que pouvions-nous espérer de ce "non" ?
Sans doute rien.
Du moins pas avec de tels leaders. La population était -et c'est normal- aveuglée par une crise économique et sociale dramatique.

Vous, politiques et associations de gauche et d'extrême gauche en avez largement profité et avez joué sur la peur.

De plus malgré la propagande pour le "oui", il semble que la désinformation ait été plus forte du côté des "non".

Vous avez qui plus est, tracé un large "boulevard" à la droite qui dans son nouveau gouvernement place son plus libéral en numéro 2 ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur.

Vous avez joué avec le sort politique de l'Europe à des fins strictement personnelles

A quoi à servi ce "non" français que vous avez prôné ?

Il a servi à vous, leaders politiques et d'associations radicales, mais il n'a en rien servi la cause européenne et la cause du peuple.

Peuple à qui vous avez menti et qui ne criait pas le même "non".


Nicolas Cadène.

SDJ 30

Par SDJ 30
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Dimanche 29 mai 2005

 

La défaite du "oui" ne doit pas stopper la construction européenne.

Il faut continuer le combat dans ce sens

Un combat pour maintenir cette Constitution européenne, ou une autre, et la faire adopter au plus vite.

Mais il faut expliquer cette Union européenne (UE) à chacun.

Pour ne plus permettre d'amalgames et d'arguments délirants.

Pour contrer les propos populistes et démagogues qui s'invitent à chaque crise sociale d'envergure.

Il faut démontrer l'importance fondamental de l'Union Européenne et expliquer à quel point une Constitution est une bonne chose pour l'UE et pour la France.

Pour de nombreux Français, l'espoir ce n'est ni Jacques Chirac, ni Nicolas Sarkozy, ni le Parti Communiste, ni la Ligue Communiste Révolutionnaire, ni Lutte Ouvrière, ni Jean-Marie Le Pen, ni Philippe de Villiers, ni Nicolas dupont-Aignan.

Le leur, c'est l'Union européenne.

Il faut continuer à se battre pour celle-ci, pour l'union des peuples et la solidarité entre eux.

Il faut refuser tout repli sur soi, tout nationalisme.

Alors, instaurons un vrai débat démocratique européen, échangeons nos idées et nos points de vue sur cette Europe qui constitue notre avenir.

Continuons à écrire et échanger sur ces sites internets, ces blogs qui prouvent que parfois la technologie peut parfois nous rapprocher alors même que tout nous sépare.

Continuons à dialoguer entre partisans d'une Union européenne puissante, ou ceux d'une Union moins fédéraliste ; ceux d'une Europe sociale, et ceux d'une Europe moins interventioniste, etc.

La campagne référendaire a engager ce dialogue entre citoyens, et c'est un point positif qu'il faut reconnaître.

Mais il faut le maintenir et ne plus céder aux sirènes du populisme et de la démagogie comme cela a été en partie le cas.

Il faut informer et s'informer.

Pour ensuite agir et réagir.

Merci,


Nicolas Cadène

SDJ 30

Par SDJ 30
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Dimanche 29 mai 2005

 

La consécration de la démagogie
ou une défaite de la démocratie

Par Nicolas Cadène, SDJ 30


Le propos est ici de démontrer la consécration de la démagogie et une certaine défaite de la démocratie, à travers la campagne électorale qui a précédé le référendum français du 29 mai 2005 sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe.

Après un mépris sans borne par l’ensemble des médias, des partisans du « non » - mépris qui ne laissait aucune place à un vrai débat entre partisans du « non » et partisans du « oui » - , ces mêmes médias ont décidé unanimement, de se « rattraper ».

Ils l'ont souvent fait de la pire des manières.
Le « non » est devenue un moment « à la mode » et ils ont en profité. Le « non » fut « à la mode » parce que de nombreux politiciens, syndicalistes, intellectuels de gauche et autres associations « citoyennes » se mobilisaient en sa faveur.

Du coup les médias ont relaté et étalé ce « non » sur toutes ses coutures face à des argumentations « ouiistes » évidemment ridicules et sans ampleur bien que plus répandues. Certains journalistes ont même parlé (et on en parle encore) de « non » de gauche et de « oui » de droite alors même que le « non » est autant de droite que de gauche.

Le problème était que jamais, les médias n’avaient au préalable vérifié de telles argumentations du « non ».
Pas de contre-expertise, pas de contradiction avec des arguments valables du « oui » ; et ce, justement pour soutenir cette mode du « non ».
Finalement, les médias ont confirmé leur conformisme au courant d’idées du moment. Ils les créent, ou du moins les soutiennent.
Mais ils ne participent plus, en aucun cas, au débat d’idées, à l’information citoyenne.

La déontologie journalistique paraît inexistante depuis quelques années, c’est aujourd’hui une certitude.
Les exemples étaient nombreux dans la campagne : le plus célèbre était sans aucun doute le cas « Chouard » dont on sait que ces arguments ne tenaient pas debout (à aucun niveau) et qui pourtant fut élevé en "héraut" du « non », invité sur les plateaux, ou dans les tribunes de certains hebdomadaires ou périodiques, sans aucune contradiction valable.

Les médias ne sont pas les seuls coupables de ce déclin démocratique concernant l’information citoyenne et le débat d’idées.

Certains chefs politiques jouaient du « non » à des fins électorales évidentes.
Ils ne cherchaient en rien à défendre leurs concitoyens, ils cherchaient avant tout une résurrection électorale.
L'après 29 mai 2005 le prouve chaque jour un peu plus.

Ceux du Parti Communiste, de la LCR et de LO n’ont jamais été pour l’intégration européenne et il était donc logique s’ils s’opposaient une nouvelle fois à un traité européen.
Mais pourquoi usaient-ils d’arguments fallacieux et déformant la réalité ?
Pourquoi jouaient-t-il sur la peur ? (notamment en mettant toujours en avant l'ultralibéralisme soit-disant omniprésent dans le traité et la fin des services publics français, alors que cela n'a rien à voir et que c'est tout à fait faux)
Pourquoi se disaint-ils profondément européens, alors même qu'ils n'ont jamais participé à la construction communautaire, et qu'ils n'étaient même pas (alors qu'ils pouvaient largement) intervenus lors des travaux de la Convention qui avait élaboré la Constitution ?

On peut même se demander si les tenants du « non » à droite n’avaient pas plus de crédibilité ; car leur vision archaïque de repli franco-français illustrait leurs argumentations incohérentes.
Ce sont ceux qui me sont le plus éloignés politiquement et idéologiquement, mais leur position et leurs arguments n’étonnaient guère et ne trompaient point.
C'est d'ailleurs ceux de nombreux tenants du "non" ailleurs en Europe.

Concernant les socialistes pour le « non », ce ne sont pas les pires et leurs arguments étaient parfois justes.
Mais certains parmi eux ne manquaient pas de soutenir des mensonges alors qu’ils en connaissaient la portée.
Et puis l’on sait quels étaient pour certains les enjeux carriériste et électoraux d’une victoire du « non »…

Ensuite, il y a eu l’omniprésence (nouvelle) de certaines associations, comme ATTAC, qui se dit « association d’éducation citoyenne » (ce qui déjà la décrédébilise lorsque l'on connaît la composition de son bureau national) et qui cherche avant tout à tout « casser » pour arriver en « messie ».
Association qui de plus, ne relevait pas des lois de financement des campagnes politiques.
Mais comment, elle qui avait pour but de promouvoir une société plus juste en proposant de vraies initiatives citoyennes démocratiques, a pu soutenir des argumentations qui déformaient la réalité du texte ?
Comment a-t-elle pu tronquer des articles du traité pour soutenir qu’une phrase n’y était plus présente (en comparaison aux précédents) ?
Comment a-t-elle pu diffuser à grande échelle des mensonges éhontés ?
Comment a-t-elle pu s’afficher officiellement dans des meetings avec le PC, la LCR ou LO, alors même que son action au départ n’était pas politisée ?

Et qu'a fait « Acrimed » (Action critique média), grande association dénonçant les dérives médiatiques ?
Elle soutenait le « non » en démontrant l’omniprésence du « oui » dans les médias.
Ce que disait Acrimed était souvent vrai, mais pourquoi son honnêteté n'allait que dans un sens ?
Pourquoi n'a-t-elle pas dénoncé la dérive purement mercantile et électoraliste de la campagne ?

Enfin, la plupart des seules grandes « institutions » de gauche qui s’opposaient au pouvoir en place pour de bonnes raisons, pour une promotion démocratique, et dans lesquelles certains comme moi avaient foi, ont prouvé à travers la campagne qu’elles ne sont pas mieux que les autres.
Elles ont prouvé qu’elles aussi jouaient de la manipulation du peuple, le trompaient et se servaient de lui pour accéder au pouvoir – ou l’influencer directement - et imposer ses idées propres.

Une victoire du « non » dans de telles conditions a -pour ma part- était une preuve d'un certain déclin démocratique français, d'une prééminence médiatique et d'une perpétuelle manipulation du peuple.


Nicolas Cadène

SDJ 30

Par SDJ 30
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Dimanche 29 mai 2005

 

Vu sur le site de Libération

Ne pas accorder la même place aux deux camps n'était pas un signe de malhonnêteté durant la campagne référendaire de 2005.
Oui, non: les médias, cibles un peu trop faciles

Par Philippe FREMEAUX

Philippe Frémeaux est directeur du mensuel «Alternatives économiques».


mercredi 11 mai 2005



Le non a-t-il la place qui lui revient dans le débat public ?
Au moment où les sondages se font plus hésitants, certains de ses partisans dénoncent le comportement des médias. De fait, les grands médias, notamment audiovisuels, apparaissent majoritairement favorables au oui.

Mais cette attitude explique-t-elle les mouvements de l'opinion ?
La réponse ne va pas de soi. Si les médias avaient le pouvoir de faire l'élection, Edouard Balladur aurait été élu président en 1995 puisqu'il avait à son service la télé des «cons» (TF1) et le journal des «intelligents» (le Monde). On sait ce qu'il est advenu. De même, si Lionel Jospin a été battu au soir du 21 avril 2002, c'est moins du fait de la campagne médiatique sur l'insécurité dont il fut victime qu'à cause de l'autosatisfaction qu'il affichait sur son bilan alors même que l'amélioration statistique de l'emploi masquait la persistance de la précarité et des bas salaires.

De la même façon, si, aujourd'hui, les Français sont très partagés sur la réponse à donner au référendum, c'est qu'ils constatent, dans leur vécu quotidien, que la situation de l'emploi se dégrade, que l'insécurité sociale progresse, que trop de promesses ont été faites qui n'ont pas été tenues, en France comme en Europe. Mais ils se demandent dans le même temps si refuser l'approfondissement de la construction européenne qui nous est proposé est vraiment de nature à améliorer la situation comme les partisans du non nous l'affirment, ou si cela risque au contraire de l'aggraver.

Le non a clairement progressé dans l'opinion aussi longtemps que le oui est apparu comme un blanc-seing donné à Chirac, Raffarin ou Barroso.
Une fois devenu majoritaire, il s'est trouvé confronté à la question du «jour d'après» : quelles propositions portaient les partisans du non ?
Quelles alliances politiques étaient-ils susceptibles de bâtir en Europe pour les mettre en oeuvre ?
Leurs réponses sont alors apparues peu crédibles alors même que certains partisans du oui gagnaient en modestie et proposaient simplement d'engranger les quelques progrès apportés par le traité avant d'avancer vers une nouvelle étape.

Dit autrement, les raisons qui font progresser ou régresser le non et le oui sont largement indépendantes de la place occupée par les partisans du oui et du non dans les médias.
C'est d'abord la crédibilité des discours tenus qui est en cause, crédibilité qui peut changer en fonction du moment, de la dynamique de la campagne.

L'orientation de la majorité des médias n'a pas empêché la montée du non. On comprend que ses partisans mobilisent cet argument au moment où leur position marque le pas.
Mais les raisons de ce plafonnement tiennent moins au pouvoir des médias qu'aux difficultés qu'ont les partisans du non à apparaître porteur d'une alternative convaincante.

On peut d'ailleurs se demander si l'attitude des médias est réellement favorable au oui.
Ce référendum, qui porte ratification d'un traité international déjà signé par nos dirigeants, provoque un réflexe légitimiste au sein des grands médias ­ et notamment du service public ­ au-delà même des convictions dominantes des éditorialistes.
Les grands médias audiovisuels expliquent le traité au bon peuple (1) faute d'en avoir débattu au moment où il était en discussion et notamment lors des travaux de la convention puis de la conférence intergouvernementale qui l'a suivie.

Le désintérêt qui fut alors le leur ouvre aujourd'hui un boulevard à tous ceux qui présentent le traité comme le fruit d'un complot secret des élites mondialistes néolibérales.
Pour autant, peut-on dire des médias audiovisuels qu'ils sont proeuropéens ? Pas vraiment. L'information sur l'Europe y est souvent de bien piètre qualité. Et certains qui s'inquiètent désormais de la montée du non laissaient hier encore nos responsables politiques expliquer que leurs échecs ou nos difficultés étaient «la faute à Bruxelles», sans être contredits.

Reste à définir ce que doit être la déontologie sur ce sujet et notamment la place légitime du oui et du non.
Au risque de choquer, rappelons que ce n'est pas parce qu'il nous faut répondre oui ou non à la question que les partisans du oui et du non doivent nécessairement bénéficier d'une place équivalente dans les médias.
Les médias ont le devoir d'interroger d'abord les responsables politiques des partis les plus représentatifs ou les intellectuels les plus reconnus. Il se trouve en l'occurrence qu'ils sont très majoritairement favorables au oui.
La percée du non dans les sondages justifie bien entendu qu'on donne la parole à ses partisans.
Mais on ne peut sérieusement défendre l'idée que le temps de parole accordé aux partisans de telle ou telle opinion doive refléter étroitement les courbes des sondages.

Enfin, une censure ne doit pas en cacher une autre.
Réclamer un comportement plus honnête des médias ne justifie pas que ceux qui s'en font les censeurs les mettent dans le même sac dès lors qu'ils ne sont pas les bons petits soldats du non (2).
Réduire toute prise de position en faveur du oui à un alignement sur les positions des puissants, à une défense des «élites» contre le «peuple» est à la fois insultant et démagogique.
Nul ne s'étonne de ne trouver aucun point de vue favorable au oui dans le Monde diplomatique ou dans l'Humanité. En quoi les titres qui ont fait un choix différent, comme celui que j'ai l'honneur de diriger, seraient indignes ?
Ils défendent sans doute mieux la dignité de la presse que ceux qui, au vu des sondages, courent après les opinions supposées de leurs lecteurs !

Il faut critiquer les médias : la faiblesse de l'information indépendante menace aujourd'hui la qualité de notre démocratie. Mais cette critique doit s'exercer à l'encontre de tous les médias, sans aucune exception, et sur tous les sujets, sauf à instrumentaliser l'attachement des citoyens au pluralisme en faveur de son propre camp politique.


(1) Comme le montrait Daniel Schneidermann dans Arrêt sur images sur France 5 le 8 mai.

(2) Comme le fait Serge Halimi dans le Monde diplomatique de mai 2005.

Par SDJ 30
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Mardi 31 mai 2005



Par Nicolas Cadène, SDJ 30

Lettre à nos concitoyens européens



Voici une lettre que j'ai écrite le soir des résultats, dimanche 29 mai 2005, et qui fut publiée par le journal Libération dans son édition de mardi 31 mai 2005.


Chers Concitoyens Européens,

Simplement pardon.

Pardonnez nous ce vote "non" et croyez bien qu'il ne s'agit en aucun cas d'un rejet de l'Union européenne.

L'Union est notre seul avenir crédible et porteur d'espoir.

Simplement, la France a voté hier avec ses tripes et non avec sa raison.

Elle a voté contre un gouvernement incapable et un Président qui n'a aucun bilan positif de toute sa carrière politique.

La France a tout à fait omis l'enjeu européen et n'a pas su voir les aspects positifs d'un texte historique bien que imparfait.

La France a manqué cette grande étape.

Mais ne lui en voulez pas.

Notre pays subit une profonde crise économique, sociale et de ses institutions.

Ce "non" exprime la volonté de réforme et de changements dans ces domaines.

Domaines et enjeux malheureusement nationaux et non européens.

Mais les amalgames ont été nombreux et beaucoup ont considéré l'Union comme la cause de l'ultra-libéralisme et du moins disant social en France.

Alors même qu'en réalité, la cause en revient à Chirac, à son gouvernement et à Sarkozy, qui paradoxe monstrueux, devient "Premier ministre bis".

La France est au plus bas,

Alors, Chers Concitoyens Européens, Chers Camarades, ne nous blâmez pas mais venez nous aider et nous sortir de ce cauchemar.

Merci.


Nicolas CADÈNE, un Citoyen Européen avant tout.

Sdj 30

 

Par SDJ 30
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Mercredi 15 juin 2005

 

Nous sommes le mercredi 15 juin 2005...
soit environ 2 semaines après le résultat du référendum.
Et déjà l'Europe a disparu ou presque de la sphère médiatique.
Pas tout à fait tout de même, mais quand sera-t-il une fois le Conseil européen - qui commence demain- terminé ?
Sans doute pas grand chose...
Pourtant la campagne référendaire nous a enseigné que les gens attendaient qu'on les informe convenablement de la construction communautaire, plus, qu'on les y associe.
Quoi de plus légitime ?
Pourtant, le débat semble se ralentir.                                                                                   
Certains anciens tenants politiques ou associatifs du "non" prouvent une fois de plus leur faiblesses et leurs mensonges.
Eux qui réclamaient durant la campagne, une véritable association à l'élaboration de l'Union, un véritable débat démocratique, alors même que la plupart n'avait pas jugé utile de participer à la Convention ayant élaboré la Constitution (sic), faut-il le rappeler ?
Et bien on ne les entend guère ces "grands ténors" du "non" !
Mais où est donc le fameux "plan B" tant promis qu'ils disaient être caché par de "tyranniques technocrates européens" ?
Quelle imposture !
Quel mépris du peuple, de leurs propres électeurs, de citoyens s'étant massivement déplacés pour enfin participer à cette aventure européenne !
Quelle déception pour certains électeurs honnêtes d'un "non" de gauche.
Eux qui, souvent trompés, croyaient en une Europe sociale en votant "non".
Tout cela parce qu'ils avaient cru logiquement leurs représentants ou de mystérieux "professeurs" et autres intellectuels de gauche.
En réalité, de malheureux carriéristes ou souverainistes qui usaient du populisme, de la démagogie, ou tout au moins, d'arguments fallacieux délirants.
Et bien, il ne serait pas de bonne augure de mépriser, nous partisans du "oui", ces électeurs honnêtes - mais trompés - du "non".
Il faut néanmoins continuer à affirmer notre opinion, ne pas laisser la place à ces lamentables tenants du "non".
Il faut surtout continuer à convaincre ces gens de gauche qui pourtant ont voté "non".
Car être de gauche n'était pas incompatible avec le vote "oui", à l'inverse de ceux qui a souvent été dit.
Il faut encore le démontrer.
Il faut amener nos concitoyens à débattre, à découvrir l'Europe, à connaître ses multiples identités, cultures, traditions, langues.
Il faut transformer créer de véritables pôles universitaires transnationaux, transformer nos programmes scolaires nationaux et les tourner largement sur l'Europe, sur cette formidable ouverture d'esprit, sur ce formidable partage et mélange sociale, ethnique, culturel entre peuples qui ont néanmoins les mêmes valeurs idéologiques.
Les valeurs des droits de l'Homme, de démocratie, de paix, de droits sociaux, d'urbanité, les mêmes valeurs culturelles et artistiques, etc.
Celles-ci sont à perenniser, seule l'Union de nos peuples le peut dans une mondialisation dérégulée.
On le sait depuis le 29 mai 2005 : l'Europe unie demande les peuples unis.
Seul ce mélange éducatif, des programmes médiatiques véritablement européens, et une information constante et diversifiée sur l'Union européenne le permettront.

Nicolas Cadène

SDJ 30

Par SDJ 30
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