(AFP) - Dans un discours offensif samedi à l'université d'été du PS, la maire de Lille Martine Aubry a épinglé durement Ségolène Royal sur le sujet de la revalorisation du travail, et a été ovationnée chaudement par les Jeunes socialistes.
(AFP) - Dans un discours offensif samedi à l'université d'été du PS, la maire de Lille Martine Aubry a épinglé durement Ségolène Royal sur le sujet de la revalorisation du travail, et a été ovationnée chaudement par les Jeunes socialistes.
"Je suggère à ceux qui veulent assurer la suite du pouvoir (...) de traiter la période où nous avons gouverné comme un socle sur lequel s'appuyer pour aller plus loin et non comme une phase qu'il faudrait occulter", a déclaré l'ancien Premier ministre devant les jeunes militants socialistes réunis à La Rochelle, pour l'université d'été du parti.
Il s'exprimait pour la première fois dans un tel cadre depuis son échec à la présidentielle de 2002.
"Etant attaché à la valeur travail, je propose de revaloriser le travail que nous avons fait", a déclaré l'ex-chef de la gauche plurielle, qui n'exclut pas de briguer l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007.
"Le défaut de la droite, c'est le cynisme la faiblesse de la gauche, c'est la mauvaise conscience", a-t-il ajouté.
Au passage, il a salué le travail effectué par François Hollande après l'annonce de son retrait de la vie politique, après le 21 avril 2002.
"Je souhaite que mes successeurs éventuels au gouvernement puissent renouveler une telle relation", a-t-il déclaré installé sur une scène tendue de rouge dans l'ancienne criée du port atlantique.
Lionel Jospin était arrivé vers 15h00 dans une cohue encore plus grande que Ségolène Royal, aujourd'hui la favorite des sondages, vendredi après-midi.
Dans un excellent discours de clôture, François Hollande a raillé dimanche les "mesurettes" annoncées pour cette rentrée par le gouvernement qui "sont au pouvoir d'achat ce que sont les Apéricubes à la gastronomie".
"Le gouvernement, depuis quelques jours, multiplie les annonces. Il y aurait paraît-il un chèque transport, on l'attend depuis un an" et "une allocation universitaire de rentrée pour les étudiants, mais elle est limitée aux boursiers qui quitteraient le foyer de leurs parents pour la première et simplement la première année. Ca ne pousse pas à sortir", a ironisé le Premier secrétaire du PS.
Au nom du PS, il a donc demandé que se tienne à la rentrée une "conférence sur le pouvoir d'achat permettant la relance des négociations salariales".
Egalement, François Hollande appelle les présidentiables socialistes à ne pas se tromper d'adversaire et d'élection, leur imposant à tous "le devoir de victoire" pour 2007.
Son discours de clôture de l'université d'été a été suivi, au premier rang, par tous les candidats déclarés à l'investiture présidentielle, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Ségolène Royal et Jack Lang.
Après son discours marquant de la veille, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, qui n'a ni annoncé ni exclu sa propre candidature, a également écouté le premier secrétaire qu'il a dit avoir trouvé "bon, très bon".
Il a sonné la mobilisation contre le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, candidat très probable de la majorité, qualifié de "Narcisse au pays de l'UMP".
"Il a une conception vorace de la politique, prédatrice. Il veut tout, il prend tout, il décide de tout et va même, quand les vents sont mauvais, à tourner avec eux quand il ne les encourage pas", a dénoncé le chef de l'opposition.
A quelques jours de la session parlementaire extraordinaire pendant laquelle le projet de fusion GDF-Suez doit être débattu, François Hollande a ironisé sur la position de Nicolas Sarkozy dans ce dossier.
"C'est lui ministre de l'Economie et des Finances qui avait dit: 'jamais la participation de l'Etat dans GDF ne descendra en dessous de 70%'. Et comme il rentrait de Chine, il avait dit: 'cet engagement est aussi élevé que la Muraille de Chine'. Il faut prévenir rapidement les autorités chinoises...", a-t-il plaisanté, promettant une "belle bataille politique" au Parlement.
Face à la droite qui a selon lui "dégradé le présent et hypothéqué l'avenir", le Parti socialiste a "le devoir de gagner", dit-il.
"Si les conditions de la victoire sont réunies, rien n'est fait (...) Tout dépend de nous-mêmes, de nous les socialistes", a-t-il insisté.
"Ecartons donc le dénigrement, la disqualification, la suspicion. Rien, je le dis bien rien, de nos débats ne doit pouvoir être utilisé par la droite le moment venu", a-t-il intimé après trois jours de bataille feutrée entre présidentiables.
"L'échéance principale n'est pas celle du 16 novembre", date du vote des militants pour désigner le candidat présidentiel du PS, a-t-il dit.
"C'est le 6 mai 2007, le vote des Français, parce qu'à la première élection, nous sommes sûrs d'une chose ... c'est un socialiste qui va gagner", a plaisanté François Hollande.
Nicolas Cadène.
Lors d'un entretien avec France Inter à La Rochelle, Ségolène Royal a écarté l'idée d'annoncer à l'avance qu'elle prendrait comme Premier ministre Dominique Strauss-Kahn, autre candidat potentiel du PS, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2007.
"Je pense que ça ne correspond pas à l'esprit de nos institutions. L'élection du président de la République c'est l'élection du président de la République", a-t-elle déclaré à France-Inter, en direct de La Rochelle où se tient l'université d'été du Parti socialiste.
"En revanche, je pense qu'il faut constituer des équipes et que tous les talents sont nécessaires et qu'il faudra rassembler tous ces talents", a-t-elle cependant ajouté.
Viser son principal adversaire de droite peut aussi permettre d'atteindre son meilleur concurrent à gauche. C'est l'exercice auquel s'est livré samedi matin Dominique Strauss-Kahn qui, comme les autres concurrents déclarés ou potentiels à l'investiture socialiste (Ségolène Royal exceptée), répondait aux questions des militants du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Une salve à double détente, au premier chef destinée à Nicolas Sarkozy, dont DSK a acerbement résumé la méthode et le projet politique: «force brute, religiosité obscurantiste, libéralisme sauvage». Mais aussi à pousser vers la touche la favorite des sondages, en se présentant comme le candidat le plus à même d'affronter et de terrasser le champion de la droite.
Le secrétaire national du Parti socialiste (PS) Jean-Christophe Cambadélis (qui a su organiser l'université d'été 2006 de façon tout à fait neutre) estime que Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture socialiste, est sorti "beaucoup plus fort" de l'université d'été du PS à La Rochelle.
François Hollande, dans son discours de clôture, a en effet fait un pas vers Dominique Strauss-Kahn, notamment en reprenant la totalité des thématiques de Dominique Strauss-Kahn. "Il a tendu la main à ce dernier", a déclaré Jean-Christophe Cambadélis lundi sur LCI.
Dominique Strauss-Kahn "apparaît tout doucement comme une alternative" à la favorite des sondages Ségolène Royal, a-t-il estimé, ajoutant que "cette synthèse qu'incarne Dominique Strauss-Kahn" entre la "continuité" et la "rigueur" de Lionel Jospin et en même temps l'inventivité de Michel Rocard", "sera nécessaire pour battre Nicolas Sarkozy".
Le député de Paris a attribué à Ségolène Royal "une stratégie d'évitement qui ne pourra pas durer longtemps". "Il y a dans le parti, comme dans l'opinion, un début de doute: on apprécie Ségolène Royal, on trouve qu'elle peut gagner, mais il y a un doute sur est-ce qu'elle peut durer, est-ce qu'elle peut incarner, est-ce qu'elle peut rassembler", a-t-il constaté.
Interrogé sur la position ambiguë de François Hollande, le secrétaire national du PS a reconnu avoir "douté de son impartialité". "Je crois qu'il est devant une difficulté: soit il est candidat et il ne pourra pas être arbitre, soit il est arbitre et il ne sera pas candidat", a-t-il indiqué.
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