La bien triste fin de la loi SRU

Publié le par SDJ 30

Voici un important communiqué du Parti socialiste

Dans la nuit de mercredi à jeudi 26 janvier, à l'Assemblée nationale, les députés ont adopté l'amendement de Patrick Ollier (UMP, Hauts-de-Seine) qui vide de sa substance l'article 55 de la loi de solidarité et de renouvellement urbains (SRU), qui obligeait les villes à atteindre un quota de 20 % de HLM, sous peine d’amendes financières. Par quel procédé hypocrite ? On inclura désormais dans le comptage toutes les opérations d'accession à la propriété dès lors qu'elles sont réalisées par des ménages ne dépassant pas un certain seuil de revenus qui sera fixé par décret.

Ainsi les HLM vendus à leurs occupants continueront à être comptés dans le quota des 20 % pendant cinq ans. Comme les maisons à 100 000 euros de Jean-Louis Borloo. Idem encore pour des logements neufs privés acquis par le biais du prêt à taux zéro. Avec pour conséquence logique de réduire le parc locatif social.
La députée socialiste Geneviève Gaillard, lors de la séance, a enjoint les élus de droite à dévoiler leurs véritables intentions : « Nous sommes tous d'accord pour reconnaître que l'offre de logements locatifs sociaux est insuffisante et pour vouloir développer l`effort de construction et l'accession à la propriété. (…) Si vous incluez les logements vendus dans le quota des logements locatifs sociaux, il est évident que l'offre de logement locatif en sera diminuée d'autant ! Nous voyons tous ce que vous avez derrière la tête. C'est une loi scélérate. Vous vous êtes trahis : ce que vous voulez, c'est exonérer un certain nombre de vos collègues maires des obligations de la loi SRU. »

Encore une promesse « à la Chirac »

Ce détricotage de la loi SRU a été entreprise, au mépris –mais faut-il s’attendre à autre chose de la part des parlementaires de droite-, des injonctions de l'abbé Pierre, qui était venu mercredi 25 janvier dans l’hémicycle leur demander de renoncer à la modifier. «Si je suis là cinquante ans après l'époque où j'étais parmi vous - il a été député de 1945-1951, ndlr-, c'est que sans aucun doute se trouve mis en question l'honneur de la France», précisant que «l'honneur, c'est quand le fort s'applique à aider le moins fort». Le fondateur d'Emmaüs a demandé à Jacques Chirac de faire «pression sur les députés (...) pour que la loi qui oblige à construire 20 % de logements sociaux soit respectée». Il a dit aussi que le mot «social sera bientôt inutilisable tellement il est devenu synonyme de ceux qu'on ne fréquente pas».
Le président de la République avait lui-même en novembre, pendant les émeutes des banlieues, jugé nécessaire ce dispositif : «La vérité m'oblige à dire que cette loi SRU a connu des effets positifs puisqu'un nombre important de communes a atteint cet objectif ou est en voie de l'atteindre (...). Cette loi sera respectée.» On le voit…

Ariane Gil
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Publié dans Actualité

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