Fin de la campagne interne au PS dans le calme et sans KO
Loin des sifflets et des huées du Zénith, leur dernier meeting commun, dans la banlieue de Toulouse, s'est déroulé dans le calme, grâce à des consignes drastiques frisant parfois l'excès.
Concluant deux heures de discours, François Hollande a appelé les militants à voter "massivement le 16 et le 23 novembre si nécessaire".
"Notre candidat sera porté par la force de ce vote, par l'ampleur de la mobilisation", a assuré le premier secrétaire du PS dont c'était la première apparition officielle depuis le début de la campagne officielle. "Ce que je veux croire, c'est que le successeur de François Mitterrand était là ce soir".
Devant 4.000 personnes, réparties entre la salle Diagora et une tente dressée à l'entrée, les trois candidats ont répété leurs professions de foi, désormais rôdées après cinq semaines de campagne interne.
Ségolène Royal, toujours en tête dans les sondages, s'est cependant gardée de citer les slogans qui ont fait le succès de sa campagne. Les militants de Midi-Pyrénées n'ont entendu ni "désir d'avenir", ni "ordre juste", ni "République du respect".
"Désormais tout dépend de vous. Nous avons le devoir de ne pas manquer ce grand rendez vous de 2007", a lancé la présidente de la région Poitou-Charentes.
Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, regonflés par le léger effritement de la favorite dans les sondages, croie nt à un deuxième tour.
Dans la dernière ligne droite, ils convoitent les voix des Jospinistes, sans candidat fixe depuis que l'ancien Premier ministre a renoncé à briguer l'investiture fin septembre.
Jeudi soir, ses deux anciens ministres de l'Economie lui ont rendu un hommage appuyé, élevant le chef de la gauche plurielle au rang des figures historiques du socialisme, près de Jaurès, Blum et Mitterrand.
A quelques kilomètres des chaînes de montage de l'avionneur à Blagnac, tous deux ont également choisi d'évoquer, sur un ton résolument à gauche, le sort d'Airbus, et après l'annulation de plusieurs commandes de son gros porteur A380.
"La vérité, c'est que les salariés comme les sous-traitants n'ont aucune raison de pâtir d'une stratégie fondée sur la maximisation des stock-options", a estimé Dominique Strauss-Kahn, rappelant qu'il avait "présidé à la naissance d'EADS".
Pour Laurent Fabius, il faudrait que les "précédents dirigeants d'EADS et Airbus aient la décence d'annuler eux mêmes les profits scandaleux qu'ils ont faits alors qu'ils ont mené l'entreprise aux difficultés que l'on sait".
Le temps de parole des trois candidats et même la durée des applaudissements qui leur étaient destinés étaient strictement chronométrés par des assesseurs installés au premier rang de la salle aux formes de grand hangar blanc.
Une feuille de route dont seule Ségolène Royal a tenté de s'affranchir, continuant à parler pendant plusieurs minutes alors qu'on lui demandait avec insistance de conclure.