Gilles de Robien met au piquet Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal
"En entendant certaines déclarations, je me demande si certains candidats ont suivi l'actualité, s'ils s'informent de cette réalité", a dit le ministre de l'Education nationale lors d'une conférence de presse convoquée pour cette mise au point.
"L'éducation est un sujet trop sérieux (...) pour tolérer le simplisme, l'à-peu-près, quelques contre-vérités ou des trous de mémoire", a ajouté le ministre, qui a proposé un rattrapage et un "soutien individualisé" aux "trois candidats déclarés".
Il ne les a pas nommés mais les a cités assez abondamment, en particulier le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP Nicolas Sarkozy, pour qu'il soit aisé de les reconnaître.
Seul représentant de l'UDF au gouvernement mais en rupture avec le président du parti François Bayrou, Gilles de Robien a notamment accusé ces candidats de "réinventer" des mesures déjà mise en oeuvre par l'Education nationale.
Ces candidats ont souhaité que les élèves reçoivent les "bases fondamentales" ? "C'est peut-être ce que j'aurais dit il y a deux ans. Mais (...) le socle commun des connaissances est entré en vigueur depuis septembre 2006", a-t-il ainsi déclaré.
"Un candidat veut rompre avec le règne de 'l'idéologie folle' à l'école et dans les IUFM", a-t-il poursuivi en faisant allusion à Nicolas Sarkozy.
Or, pour le ministre, "c'est ce qui sera fait dès le mois de février 2007 (...) en restaurant une approche tout à fait réaliste et pragmatique centrée sur les savoirs fondamentaux".
Le même candidat fait "l'apologie de la liberté pédagogique en faisant mine d'oublier la loi" d'orientation pour l'école, dont l'article 48 évoque justement cette liberté pédagogique, a poursuivi Gilles de Robien.
Le ministre a également mis implicitement en cause le ministre de l'Intérieur à propos des zones d'éducation prioritaire, dont Nicolas Sarkozy a contesté l'efficacité.
"Un plan de relance a été décidé, qui permet justement d'y affecter des enseignants expérimentés", a rappelé le ministre.
Il a accusé implicitement Ségolène Royal de "méconnaissance" quand "elle fait comme si la majorité n'avait rien fait pour le soutien des élèves en difficulté".
A la candidate du PS, qui a souhaité que les enseignants fassent 35 heures de présence effective dans les collèges, il a répondu que leurs conditions de travail devaient d'abord être améliorées pour les inciter à passer plus de temps au collège.