La polémique sur le chômage résonne dans le débat

Publié le par SDJ 30

La polémique sur les chiffres du chômage résonne dans la campagne présidentielle où le bilan du gouvernement en matière d'emploi est contesté de l'extrême gauche au Mouvement pour la France de Philippe de Villiers.

La candidate socialiste, Ségolène Royal, a dévoilé vendredi une mesure anti-chômage, proposant que les pouvoirs publics financent durant un an l'intégralité du salaire et des charges de jeunes "peu qualifiés" de 16 ans et plus dans les secteurs du commerce et de l'artisanat. Un "contrat première chance".

Les patrons s'engageraient en contrepartie à recruter ces jeunes, qui toucheraient le smic, au terme de la première année d'embauche pour "un contrat stable et durable".

Selon le baromètre économique BVA-BFM-Les Echos, Ségolène Royal est jugée la plus capable de réduire le chômage (44%) devant le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy (42%).

Le taux de chômage en France s'établissait soi-disant à 8,4% de la population active fin février, le plus faible jamais enregistré depuis 1983. Mais c'est une statistique remise en cause par Eurostat, l'Office statistique des communautés européennes, qui établit le taux de chômage à 8,8% et à 9,8% de moyenne sur toute l'année 2006.

Du PS au MPF, la validité des chiffres fournis par le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo, soutien de Nicolas Sarkozy, est mise en doute.

L'UDF Maurice Leroy estime que le gouvernement prend les "gens pour des gogos".

"Il faut arrêter de faire des moulinets sur la baisse du chômage", a dit ce proche de François Bayrou sur Europe 1. "Ça fait 26 ans qu'à chaque campagne présidentielle on explique que le chômage baisse, que l'inflation baisse, que le pouvoir d'achat augmente".

Pour Marie-George Buffet, candidate du Parti communiste, "le gouvernement monte de toutes pièces un bilan qui ressemble fort à un conte pour enfant, mais le maquillage des chiffres ne trompe personne".

Le candidat altermondialiste José Bové estime pour sa part que "tous les chiffres ne sont pas sur la table". "Les Dom-Tom ne sont pas sur la table, certains qui ont été radiés ne sont pris en cause", a-t-il dit sur France 2.

Quant à Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière, elle dénonce des "balivernes".

"On sait très bien qu'on raye à tour de bras les chômeurs, on sait très bien qu'il y a beaucoup de jeunes qui sont tellement découragés qu'ils ne s'inscrivent même pas. Non, le chômage n'a pas baissé à mon avis", a-t-elle affirmé sur Canal+.

Le Mouvement pour la France (MPF) du souverainiste Philippe de Villiers accuse le gouvernement sortant de "bidouillages" et de "trafic de chiffres".

Les incidents de la gare du Nord, survenus mardi, continuent d'alimenter le débat.

Le candidat d'extrême droite, Jean-Marie Le Pen, juge que "les événements ont donné raison aux analyses et aux prédictions" du Front national et qu'il en récoltera les bénéfices électoraux.

"Je reprends mes billes dans mon sac, et à la fin mon sac sera plus gros", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse devant les médias étrangers au siège du FN, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).

Jean-Marie Le Pen croit à une réédition du scénario de la présidentielle de 2002, marquée par sa qualification surprise pour le second tour avec 16,86% des voix.

"Je me trouve au-dessus de la barre des 20% qui sera, à mon avis, la barre qualificative", a-t-il dit.

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