Le Pen premier le 22 avril

Publié le par SDJ 30


Point de vue de Philippe Askenazy :

 

Nancy, Lille… je ramène de mes voyages professionnels systématiquement le même message de mes interlocuteurs notamment des médecins du travail réceptacles des confidences des salariés :

« Dans notre ville, les populations en difficultés sont plus nombreuses, rien n'a été fait en 5 ans ni par l'état ni par la mairie".

"Le rejet du système est plus marqué comme celui des immigrés". "Chez nous, le Pen va faire un score bien plus fort qu’en 2002 contrairement au reste de la France". "Il n’y a que quelques bourgeois qui votent Bayrou ».


Entendre une fois ces affirmations n’est guère inquiétant ; lorsqu’on comprend que ce qui est vécu localement comme une situation exceptionnelle est en fait une norme, l’évidence s’impose.

Le Pen pérore en affirmant qu’il est certain d’être au second tour. Il a raison. Pire, il risque bien d’être premier le soir du 22 avril 2007. Rappelons que plus de 25% des électeurs ont au moins une fois voter FN dans leur vie.


A force de dire que le vote Le Pen est un réceptacle de mécontentements et non une adhésion à ses idées, on déculpabilise ses électeurs, on les libère : ils offrent un message politique de révolte sociale, ils parlent.

Comme en 2002, l’élection sera donc probablement jouée dès le premier tour. En clair que vous soyez de droite de gouvernement ou de gauche, la mobilisation est une obligation le 22 avril si vous voulez éviter ce scénario.

Et n'en déplaise aux partisans des "petits" candidats et de Bayrou, je rajouterai que le vote utile s’impose. A gauche, cela signifie voter PS que l'on aime ou pas Royal. Nous avons tous 2 semaines de réflexion.

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